Essais en littérature

  • « Je connais de l'intérieur cet univers totalitaire, exterminateur. Je suis un naufragé, entouré d'ordinateurs. Je m'accroche à ce poème de Charles Juliet qui me laisse un peu d'espoir : « si tu n'as pas/ connu/le naufrage/impossible/de gagner/la haute mer/le naufrage première porte de la connaissance » Je suis devenu dépendant de mon smartphone, mon bras armé, ma croix, ma brûlure intérieure. Je me sens un exilé. Je ne joue pas Victor Hugo persécuté par l'empereur, prenant la route de Jersey puis de Guernesey. Mais je choisis la force océanique contre le nuage informatique. Nous vivons désormais en territoire occupé. J'ai l'impression d'être un collabo, un criminel envers mes enfants : je les ai laissés se faire contaminer. J'aurais dû leur apprendre ce que nous pouvons faire de nos mains et nous contenter du grec, du latin car depuis rien de nouveau sous le soleil. Tout clic informatique est une pulsion de mort. Et moi, je choisis la vie.
    Nous savons qu'un complot mortifère sape nos sociétés.
    Je dis et redis à mes enfants : les écrans ce n'est pas la vie. Ils détruisent le plus beau divertissement, l'ennui, le temps perdu, la rêverie. Le numérique ce n'est pas un changement technique, c'est le global deshumanisé. Il y a comme un hic. Où sont les siestes dans la chaleur grésillante de l'été et le blé en herbe, les yeux vers le grand ciel ? » Dans cet essai d'humeur, ce pamphlet contre le totalitarisme des écrans, Olivier Frébourg oppose le temps de la poésie, la beauté et la lenteur pour sortir de l'accélération du temps et de l'enfer des écrans.

  • Pourquoi tant d'écrivains américains, parmi les meilleurs de leur génération, affluèrent-ils à Paris dans l'entre-deux-guerres ? Quelle fut leur vie matérielle, sociale et intellectuelle dans la Ville Lumière ? Que découvrirent-ils ? Telles sont quelques-unes des questions que soulève le présent ouvrage. L'auteur raconte les expériences vécues dans la capitale française par de grands écrivains, dont trois prix Nobel (Ernest Hemingway, Sinclair Lewis et T.S. Eliot) et par des dizaines d'autres auteurs célèbres déjà en leur temps, comme Scott Fitzgerald, Henry Miller, John Dos Passos, Ezra Pound, Anaïs Nin. Ces intellectuels voulaient fuir une Amérique ressentie par eux comme matérialiste, intolérante, conformiste, puritaine, en somme étouffante et fermée aux choses de l'esprit. Une place particulière est accordée aux Noirs, qui cherchaient à s'épanouir loin des terribles contraintes de la ségrégation raciale.
    A Paris, les Américains trouvaient d'abord la liberté, celle des moeurs (alcool, drogue, sexe) et celle de l'esprit. La découverte d'une ville pétrie d'histoire, les promenades dans les beaux quartiers et les arrondissements populaires, la visite des musées, les spectacles, les lectures, les rencontres offraient d'innombrables sources d'inspiration et de réflexion. Tous furent marqués par l'éclosion de nouveaux courants, comme le dadaïsme, le surréalisme ou le cubisme. Henry Miller disait que Paris était « le nombril du monde », Gertrude Stein observait que cette ville constituait « la toile de fond naturelle pour l'art et la littérature du XXe siècle ».

  • La SF est créatrice de mondes, mais les mondes créés par Philip K. Dick ont la particularité de s'effondrer très vite. Cela vaut pour le monde réel comme pour les mondes artificiels. D'ailleurs est-il encore possible de les distinguer les uns des autres ? Qu'est-ce qui nous assure que nous n'évoluons pas dans des mondes faux, aussi artificiels qu'un parc d'attraction - avec entrée payante ? Et si ces mondes sont créés de toutes pièces, qui en contrôle les apparences ? À qui appartiennent-ils ? Dans quel but sont-ils produits ? En nous bombardant de réalités artificielles, ne cherche-t-on pas à nous voler le monde - et notre rapport au monde ? Si tel est le cas, comment lutter contre ces entreprises de dépossession ?

  • Journaliste de mode, Alice Pfeiffer observe ses collègues accumuler des pièces fabuleuses au fil des collections, des saisons et des ventes presse. Pas elle. Pour son plus grand plaisir, elle collectionne « les trucs moches ».
    Ce que l'on nomme « moche » touche souvent à l'affect, au rire, ou encore au réconfort.
    Et il est tendance : pensons aux chaussures Crocs, aux concours des pulls moches de Noël, jusqu'aux nains de jardin dans l'art contemporain !
    Il peut même devenir une revendication, une fierté, voire une façon de déconstruire l'académisme des dogmes.
    Ce manifeste du mauvais goût propose une théorie audacieuse pour assumer enfin le kitsch, le ringard, le clinquant.

  • Plus que jamais, figures inquiétantes à la lisière du réel et du cauchemar, les clowns maléfiques sont parmi nous. La « Grande Peur Clownesque » de 2016, dernière d'une longue série, en fut la preuve éclatante.

    Cette observation est devenue prophétique, le psycho-clown ayant pris d'assaut « l'inconscient pop » au vu des légendes urbaines relatives aux « phantom clowns » et de la prodigieuse quantité de créations mettant en scène, dans divers médias, des clowns malveillants ou franchement psychopathes. Force est de constater que nous sommes-là face à une véritable épidémie de l'imaginaire qu'il nous faut ici interroger.

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  • Après les artistes et les musiciens, ce sont les auteurs qui sont mis à l'honneur dans ce jeu de 52 cartes à l'effigie d'autant de grands écrivains de la scène littéraire internationale.

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  • Une femme victime de dépression post-partum, une vieille demeure, une chambre tapissée de jaune. Cest dans ce décor oppressant que Charlotte Perkins Gilman écrit un journal intime qui aurait pu être le sien, celui dune femme séquestrée par son mari médecin. Le papier peint devient alors son seul horizon, où se projettent hallucinations et apparitions fantomatiques. A mesure que le huis clos sinstalle, le lecteur senfonce dans les pages et la folie.
    Ce récit psychologique empreint dun engagement féministe davant-garde est une charge contre le patriarcat et lobscurantisme médical de la fin du XIXe siècle, qui résonne toujours aujourdhui. Et vous, que verrez-vous apparaître derrière le papier peint jaune ?

  • Pinocchio (1940) et Frankenstein (1931) ne figurent pas seulement deux créatures, monstres attachants et singuliers, mais ont aussi en commun l'histoire de deux fils luttant avec le désir tout-puissant de leur père. La marionnette, après avoir été trompée, humiliée, défigurée, sacrifiée et réduite à un bout de bois flotté, finira en véritable petit garçon, veillant sur les jours de son père vieillissant.

    Le savant fou, chercheur inquiet et infatigable, verra son désir de liberté et de solitude brisé puis confis dans la paisible existence de l'héritier d'une grande famille bavaroise dont le nom, nous dit son père, jamais ne devra s'éteindre.

  • Ce texte est la retranscription d'une conférence-débat tenue par Pasolini le 21 octobre 1975 à Lecce, une dizaine de jours seulement avant sa mort. Prenant pour point de départ la question du dialecte, Pasolini y développe une critique éloquente du consumérisme. Traduction inédite.

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  • Aimé Césaire

    Kora Véron

    • Seuil
    • 6 Mai 2021

    L'envergure littéraire et politique d'Aimé Césaire en fait l'une des figures majeures du XXe siècle : un homme de conviction et de création.

    Né à Basse-Pointe en 1913, le jeune Martiniquais étudie au Quartier latin où il accomplit une révolution poétique fondatrice en écrivant Cahier d'un retour au pays natal. Le poète se fait dramaturge, essayiste, historien. L'homme politique s'engage aux côtés du Parti communiste français en 1945, au moment où il défend la loi de départementalisation des « vieilles colonies ». Il quitte le Parti avec éclat en octobre 1956, accompagne les indépendances africaines et milite pour l'autonomie de la Martinique.

    Fondée sur un minutieux travail d'archives, cette biographie fait date par sa force de documentation. Elle restitue le parcours d'un homme oscillant entre tragédie et autodérision, mû par la liberté esthétique et le combat pour l'émancipation, « poreux à tous les souffles du monde ».

    Un ouvrage qui donne à entendre dans toute leur intensité les débats entre Césaire et ses interlocuteurs, dont les échos retentissent toujours.

  • « Je ne cherche pas à expliquer pourquoi, sept cents ans après la mort de Dante, il vaut encore la peine de lire La Divine Comédie : je raconte la vie d'un homme du Moyen Âge, qui eut des parents, des oncles, des tantes et des grands-parents, qui alla à l'école, tomba amoureux, se maria et eut des enfants, s'engagea dans la politique et fit la guerre, connut des succès et des malheurs, la richesse et la pauvreté. Sauf que cet homme est l'un des plus grands poètes qui aient jamais foulé la terre. » C'est ainsi que l'auteur de cette biographie trépidante nous plonge au coeur de la société violente et multiforme du XIIIe siècle, retraçant ici une bataille au côté d'un Dante chevalier, dévoilant là les mystères entourant son mariage alors qu'il était encore enfant.
    Dante fut un citoyen aisé de Florence, la plus riche ville italienne, c'est-à-dire, à l'époque, la plus riche d'Europe. Une ville guelfe, protégée par le pape, amie du roi de France, où l'on trouvait en abondance argent, immigrants, commerces, chantiers... Dante, lui, ne s'intéressait pas aux affaires, il vivait de rentes et pouvait s'adonner à ses passions, l'étude et l'écriture. Vers l'âge de trente ans, il se découvrit une autre passion, la politique, et s'y jeta à corps perdu - ce qui lui valut le bannissement de la ville.
    En associant la rigueur historiographique à la clarté de l'écriture, comblant les lacunes des précédentes biographies, Alessandro Barbero brosse le portrait vivant d'un homme de son temps, éloigné de la sacralisation du Poète à laquelle nous sommes habitués.

  • Objet singulier et pourtant pluriel, se prêtant à la rêverie autant qu'à la réflexion, le livre est d'abord une marchandise : il se fabrique, passe des mains du vendeur à celles de l'acquéreur, il s'offre ou se troque, ou encore se vole...

    Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, et sur tous les continents, des femmes et des hommes de passion ont permis aux auteurs de diffuser leurs idées, leurs savoirs, leurs oeuvres, et aidé les lecteurs de tous âges, lettrés ou non, à faire provision de culture et de découverte. Au fil des siècles, ces transmetteurs ont inventé un métier, puis l'ont partagé, se sont unis en corporation, ont établi puis agrandi des librairies, sans jamais cesser de renouveler leurs pratiques.

    C'est l'histoire de tous les libraires et de leurs commerces qui est ici retracée.

    Nous guidant à travers les arcanes d'une industrie culturelle majeure placée de tout temps à la croisée entre le monde des idées et celui de l'économie, Jean-Yves Mollier retrace minutieusement les méandres des chemins menant le livre vers son lecteur. Ce faisant, il rend hommage aux libraires, ces indispensables « passeurs culturels », dont il rappelle avec sympathie et conviction l'importance du rôle social - un rôle d'autant mieux perçu aujourd'hui que celui-ci est concurrencé par des algorithmes.

  • Humeur noire

    Anne-Marie Garat

    De passage à Bordeaux, la ville où elle est née et où grandir a voulu dire s'émanciper, la ville dont l'opulence bourgeoise et l'arrogante amnésie lui restent comme un caillou dans la chaussure, Anne-Marie Garat se rend avec un sien cousin bordelais au musée d'Aquitaine où, ensemble, ils découvrent l'exposition consacrée à la traite négrière. Et tombent en arrêt devant certain cartel, au langage pour le moins javellisé. «Humeur noire »revient sur la colère qui jaillit face à la malpropreté des mots. En décortiquant avec humour et lucidité sa propre obsession d'écrivaine, Anne-Marie Garat signe un livre étonnamment personnel (et étonnamment réjouissant), sur les traces d'une histoire collective et d'une mémoire intime (trop) longtemps laissée(s) tranquille(s). Intranquille, vivant, pétillant, virtuose, un emportement qui cristallise combien tout est lié, combien «tout» est important.

  • Bachar al-Assad s'était juré de les enterrer vivants, d'ensevelir leur ville et leurs espoirs. Daraya, un des berceaux du printemps syrien de 2011, à sept kilomètres de Damas, est devenu un tombeau à ciel ouvert. Mais sous les bombes, les derniers insoumis assiégés ont bâti une forteresse de papier pour résister : pendant quatre années de blocus, Ahmad, Shadi, Hussam ou Omar ont exhumé des milliers d'ouvrages ensevelis sous les décombres de la ville et les ont rassemblés dans une bibliothèque secrète, calfeutrée dans un sous-sol. Au coeur du chaos, un refuge où la parole circule, contre les atrocités, l'absurde, l'oubli...

  • Vous venez de vous faire larguer et ne savez plus comment avancer ; vous êtes en couple, mais vous vous ennuyez ; vous avez abusé des applications de rencontre et vos histoires ont la même durée de vie qu'un câble de iPhone. Vous êtes au pied du mur... c'est le bon moment pour tout reprendre à zéro ! Pourquoi sommes-nous aussi nombreux à passer par là ? Pourquoi est-ce devenu si compliqué ? Sommes-nous tous devenus des produits ? Hommes et femmes peuvent-ils encore s'entendre ? Et surtout, comment trouver la perle rare ?
    Cette vaste enquête, fruit de plus de dix ans d'investigation, est née du désir de comprendre comment notre rapport à l'amour a pu autant changer depuis l'époque de nos parents et de nos grands-parents.

  • Le 7 avril 1891, Rimbaud, malade, quitte Aden pour la France. En caravane, en litie`re, en mer, il arrive enfin a` Marseille le 20 mai. Sa me`re le rejoint a` l'ho^pital de la Conception pour n'y rester que deux semaines.

    Ampute´ de la jambe droite, il se de´sespe`re et veut revenir a` Roche, la ferme familiale ou` vit aussi sa soeur. Le mal empire. Nouveau se´jour a` Marseille, cette fois-ci avec Isabelle. Dernie`re saison, derniers secrets. A-t-il retrouve´ la foi ? Quel amour le relie a` sa soeur ?

    Alain Vircondelet, au plus pre`s de Rimbaud, accompagne les derniers pas de l'e´ternel enfant, terrifie´ par sa mort pro- chaine, hante´ par l'ide´e de Dieu, jamais vraiment renie´...

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