Champ Vallon

  • Gerard de nerval : la marche a l'etoile

    Corinne Bayle

    • Champ vallon
    • 24 Mai 2001

    L'oeuvre de Nerval, si singulière, a souvent été l'objet de lectures qui ont essayé de montrer la profonde organisation d'une poétique, thématique ou structurelle, en reconstituant une esthétique d'une séduisante cohérence.
    Pourtant, la nouvelle édition de la Pléiade (1984-1993) a révélé sa fragmentation tragique, dans une enquête pleine de zones d'ombres, d'incertitudes, avec ses redites, ses contradictions, au point de dérouter des lecteurs habitués à des textes devenus lisses. Une réalité douloureuse, celle de la difficulté de l'écriture, est apparue dans son dénuement, que les points de vue très déterminés avaient fini par faire oublier.
    Interrogeant la segmentation et les répétitions, c'est ce désordre émouvant que ce travail voudrait questionner, en suivant le cheminement peu orthodoxe du poète, à travers des ouvrages de facture diverse, du journalisme aux traductions, du théâtre de collaboration aux canevas d'opéras, des nouvelles aux poèmes à forme fixe, et jusqu'à une autobiographie rêvée, afin de proposer une lecture qui s'inscrirait dans ce que Barthes a appelé, en 1978, à propos de Proust, une " histoire pathétique de la littérature ", attachée aux " moments de vérité " qui donnent leur dynamique à l'oeuvre.
    Dès lors, " l'émiettement " est la rançon de cette expérience. Dans les déchirures, la figure d'un poète inquiet se dessine, qui marche en aveugle vers une Étoile, absorbé par la coïncidence de la signification du monde avec celle de sa vie. Emblématique de la constitution réciproque du texte et du sujet, l'Étoile symboliserait le point de convergence de routes mystérieuses, aux confins des grands genres, image de la conjonction autant que de la disjonction.
    Cette biographie de l'oeuvre analyse le parcours répétitif, enchevêtré, concentrique, d'un poète meurtri, dans sa tentative d'atteindre le coeur du réel, de l'autre côté du désespoir.

  • Rouges roses de l'oubli

    Corinne Bayle

    • Champ vallon
    • 20 Novembre 2001

    Quatrième de couverture Rose de Paestum ou Rosa gallica, fleur d'Orient ou d'Occident, toujours la rose a conjuré le deuil.
    Dans un jardin de nulle part, une voix s'élève et se souvient. Elle convoque les disparus dont les murmures se sont tus. Des fantômes de proches, mais aussi des figures mythiques : Maria Callas, Emily Brontë, Emily Dickinson, Werther, Frantz de Galais, Heathcliff, et, au premier rang de ces interlocuteurs privilégiés, un poète romantique, Gérard, dont l'oeuvre aimée donne accès au monde et soulève le voile ensevelissant les morts.
    Entre les fragments, des liens se tissent, en une méditation funèbre où le motif symbolique de la rose, à travers ses multiples variétés, unit mémoire et rêve.

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