Sciences humaines & sociales

  • Le réel de la poésie

    Corinne Bayle

    • Kime
    • 17 Mai 2019

    Le « réel de la poésie » : la proposition interroge le réalisme forcené de notre époque, sa prétention particulière de définir la réalité en supposant que la poésie n'y joue aucun rôle, dissociée des « choses telles qu'elles sont », en un mot, étrangère à la vie réelle.
    Que peut la poésie ? Depuis le Romantisme, elle s'interroge sur elle-même et sur sa valeur dans un monde qui n'a rien à faire d'elle ; le poète poursuit son questionnement des mots en attente de soulèvement du réel. Il refuse compromission ou capitulation. Il rêve d'une parole poétique performative, d'une poésie « en avant ».
    Qu'est-ce que l'effectivité de la poésie ? Comment s'articule-t-elle à ce qui est apparemment tout à fait en dehors de son langage? Que répond-elle au réalisme qui prescrit, veut définir ou désire prescrire ce qu'est le réel en dehors du langage ?

  • La beauté est le sujet ininterrompu de la poésie de René Char. Cette oeuvre qui n'a cessé de croître en lecteurs et en fervents défenseurs est devenue classique. Elle voit s'atténuer son étrangeté, et passer en arrière-plan sa dimension essentielle de combat et de risque. Au rebours d'une lecture consensuelle, cette réflexion s'attache au frisson provoqué par des poèmes qui chantent la beauté, en traquent les traces près de s'effacer. Cet essai célèbre la respiration salutaire que constitue la poésie, refusant la dénégation actuelle de toute grandeur. Suivant dans ses lignes majeures le parcours de l'oeuvre, il traverse ses thématiques et évoque les figures tutélaires du poète. Relisant les poèmes emblématiques d'un espoir et d'une quête de la splendeur, ce livre veut rendre hommage au soulèvement inespéré, au bondissement allègre du coeur, que provoque l'affirmation du partage auquel l'art est voué, dans notre présent qui en a oublié la puissance d'effraction.

  • Broderies nervaliennes

    Corinne Bayle

    • Classiques garnier
    • 11 Mai 2016

    L'oeuvre nervalienne se présente telle une rhapsodie de souvenirs et de lectures. Elle se nourrit d'une culture qui emprunte aux mythes de l'humanité autant qu'à des auteurs fraternels, ou travaillés d'inquiétudes communes. Cet essai étudie des réécritures et des dialogues entre imaginaires en écho.

  • Ce volume collectif s'attache à la relation entre poésie et peinture, du romantisme au contemporain, autour de deux axes : « La critique d'art » et « Le poème d'art ». Dans un premier temps, les contributions cernent la réinvention de la critique d'art par les poètes. À travers des exemples majeurs des XIXe et XIXe siècles, il s'agit de sonder les caractéristiques de cette prose d'idées esthétiques, qui articule réception et réflexion, mais aussi observation et imagination, valorisant la prose poétique, en des ekphraseis singulières, qui interrogent en miroir la poésie dans ses virtualités plastiques. Le va-et-vient entre prose et poésie nourrit une critique d'art dont la portée créatrice aboutit à la collaboration du poète et du peintre, phénomène essentiel jusqu'à nos jours qui prend toutes formes de dialogues, recherches typographiques, collages ou livres à figures. Ces compagnonnages entre les expériences créatrices contribuent, par réfraction, à singulariser la critique d'art des poètes par rapport à la critique d'art spécialisée. Dans un second temps, les textes réunis ici se proposent d'évaluer le retour de ces pratiques dans la poésie, afin d'établir les enjeux et les modalités du poème d'art, un poème inspiré par le(s) tableau(x), englobant la rêverie esthétique, un genre à part, hybride et vagabond, une forme de poème critique où l'iconique entre en résonance avec la réflexivité de la poésie elle-même. L'idée même de poème trouve alors à se renouveler, loin des clivages traditionnels, à la faveur d'un déplacement du paradigme musical vers le paradigme pictural, jusqu'à émaner parfois de poètes-peintres ou de peintres-poètes.

  • Le poème, le juste

    ,

    • Kime
    • 21 Janvier 2022

    Le poème, le juste : comment la poésie a-t-elle à voir avec la justesse et la justice ?
    « Rendre justice » suppose connaître la justesse de ce que l'on fait et dit. L'application mécanique du droit n'est pas la justice. N'est-ce pas une leçon de poésie qui se dit ici ? Si la justice passe d'elle-même, c'est par la vertu de l'agencement même du poème, dans l'équilibre de ses éléments et traits, condition sine qua non pour qu'elle soit ce qu'elle doit être.
    La « justice poétique » évoque une justice rendue sans l'intervention d'une tierce partie cherchant expressément à récompenser ou punir. Quelque chose comme une autorité simple se manifestant par le poème. La justesse trouverait-elle ainsi son efficacité propre, en poésie - et parfois, dans le monde ?
    Le fait que la justice réelle soit plus rarement présente dans le monde que la justesse dans la poésie ne constitue pas un constat d'impuissance quant à la poésie : au contraire, la pointe extrême, sociale, de ce que dit la proximité entre justice et justesse, entre politique et langage pourrait être le lieu même de la poésie.
    À travers des cas exemplaires, cet ouvrage invite à réfléchir sur la justice et la justesse de la poésie, en ouvrant les points de vue thématiques, génériques, métriques, l'histoire des théories poétiques, confrontant la littérature et les sciences humaines, afin de tenter de comprendre pour quelle raison la poésie, la justesse et le désir de justice sont si intrinsèquement liés.

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