Patrick Gourlay

  • Alors que Napoléon III déclare la guerre à la Prusse à l?été 1870, rapidement c?est la débâcle et les premiers incendies, dont celui du musée de Strasbourg? De peur, l?impératrice Eugénie ordonne alors fin août 1870 d?évacuer les musées parisiens, dont le Louvre. C?est ainsi qu?en quelques jours seulement 293 chefs-d??uvre partent en train vers Brest, port militaire de premier ordre. Parmi eux, la Joconde !
    L?arsenal de Brest est le lieu idéal pour protéger, et évacuer au loin par bateau si besoin, ces trésors, auxquels se sont ajoutés les joyaux de la couronne et de l?or, contenus dans 75 caisses marquées « Envoi au Gabon » afin de tromper les curieux. Une organisation sans faille se met en place.
    Le 4 septembre 1870, c?est la chute du Second Empire et les ?uvres sont alors sous la responsabilité du vicomte de Tauzia, conservateur du Louvre ; il veillera sur elles, depuis Brest, pendant plus d?un an. Car, entre-temps les révoltes de la Commune de Paris ont mis le feu aux poudres et impossible de rentrer?
    L'?historien Patrick Gourlay retrace jour par jour, archives à l?appui, cette incroyable épopée, dans un contexte politique troublé, qui aura toutefois des conséquences bénéfiques : le musée des Beaux-Arts de Brest naîtra quelque temps plus tard, fort de ses liens tissés avec le Louvre dans l?adversité de cette année noire.
    Enfin, le livre revient sur le fantasme de la substitution de laJ oconde : alors qu?une copie authentique issue de l?atelier de Vinci existe au musée de Quimper, est-ce bien l?originale qui a été rendue au Louvre en 1871, ou bien la copie ? La vraie Joconde.

  • Août 1937. La guerre d'Espagne s'invite en Bretagne. Après les bateaux et les trains chargés de réfugiés fuyant l'avancée franquiste, c'est un sous-marin espagnol, le C-2, qui se réfugie au port de Brest. Il appartient à la flotte gouvernementale.

    Brest devient un nid d'espions. Du côté de Franco, la décision est rapidement prise : un commando va s'y rendre pour s'en emparer, à la barbe de l'ennemi républicain et des Français.

    Ces franquistes sont aidés de membres de l'extrême droite française et même de la terrible Cagoule. De l'autre côté, redoutant un coup de main nationaliste, le Brest ouvrier et communiste se mobilise pour protéger le C-2 avec l'aide des anarchistes locaux et même d'agents secrets espagnols de la CNT arrivés sur place.

    Agents secrets franquistes et républicains, responsables français, policiers, avocats, et militants brestois d'un front populaire désabusé, se croisent et se surveillent. On les suit du port de commerce aux hôtels du centre-ville puis dans les établissements de nuit où le charme de la "belle Mingua" opère pour l'un des deux camps.

    L'attaque des "pirates" de Franco puis l'enquête judiciaire mettent Brest en première page de la presse nationale et internationale. Le climat de tensions politiques tourne vite à l'affrontement. A Brest, le cri vainqueur fut le célèbre "¡ No pasaran !" même si le "¡ Viva Franco ! ¡ Arriba Espana !" allait l'emporter au final.

  • Si les poilus ont effectivement terriblement souffert au front, et si les civils ont vécu avec difficulté à l'arrière, les populations de l'époque se percevaient comme les acteurs d'une lutte de "civilisation" contre la "barbarie" et non pas comme des victimes.
    Il importe donc de tenter de trouver comment fut pensée et vécue la Grande Guerre par les Bretons.
    Quels éléments d'une culture de guerre peut-on retrouver dans cette région du "front intérieur" ?

  • En 1898, au lendemain de la fondation à Morlaix de l'Union Régionaliste Bretonne, se joue à Ploujean Le Mystère de Saint Gwenolé. Cette représentation est un succès public dont l'écho médiatique atteint jusqu'à la presse internationale.
    C'est un renouveau car la troupe de théâtre est invitée à jouer dans toute la Bretagne.
    Un renouveau aussi parce qu'elle incite à la création de troupes du côté des patronages catholiques. Celle de Ploujean est différente : c'est une troupe laïque et son créateur, Emile Cloarec, le maire de la commune, en fait un outil politique.
    Emile Cloarec est un personnage atypique. Régionaliste, devenu barde tout en étant radical et anticlérical défend ardemment la langue bretonne.
    La seconde partie de ce livre se centre sur sa vie politique : l'ascension d'un "républicain de naissance" devenu un notable radical, défenseur de l'école publique et de la laïcité ; déclamant toujours sa devise : "Breizh-Izel ha Plouiann, araok bepred !

  • Le Breton Charles Le Roux a fait le récit de sa Croisière jaune comme conducteur-mécanicien du groupe Pamir.
    Une centaine de photographies prises sur le vif éclairent ses notes. Ce sont les photos souvenirs prises par les membres de l'expédition.
    Ces documents privés témoignent de la vie quotidienne des hommes de base, qui tranche avec l'imagerie officielle de la Croisière jaune. Commentés, ces clichés donnent un "effet vérité", un regard de l'intérieur, qui restitue, jour après jour, les conditions extrêmes d'une aventure hors du commun sur des terres lointaines.


  • " Regardons une image caractéristique de la Bretagne, l'une prise au début du siècle, l'autre à la fin. On observe que l'image s'est complètement retournée entre 1900 et 2000. C'est l'histoire de ce retournement dont il sera ici question. Par quelles étapes et à la suite de quelles initiatives s'est-il effectué ? " " Le but de l'ouvrage est de faire comprendre que, par l'ouverture au monde - notamment du fait des deux guerres mondiales -, les Bretons ont trouvé en eux-mêmes les forces nécessaires à leur émancipation, à la fois individuelle et collective, malgré crises, tâtonnements, contradictions et... inachèvement ! "

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