Aden

  • William Faulkner ; une vie en roman

    André Bleikasten

    • Aden
    • 11 Septembre 2007

    En 1948, dans sa préface à Moustiques , Raymond Queneau notait déjà que "de tous les écrivains américains, Faulkner est celui dont la vie nous paraît la plus mystérieuse". Et Sartre, pas moins intrigué par l'homme derrière l'écrivain, concluait son essai sur Sartoris . par ces mots : "Il faudrait le connaître". Plus d'un demi-siècle après sa mort, on dispose de plus de cinq-cents de ses lettres, de l'ensemble de ses entretiens publiés, des témoignages de ses proches et de ses amis, et du travail de plusieurs biographes. Il n'est pas sûr que le souhait de Sartre ait été pour autant exaucé, nous n'avons pas fini de nous demander comment un petit poète anachronique du fin fond du Mississippi a pu devenir l'un des plus grands romanciers du vingtième siècle.

    Faulkner lui-même, à en croire une de ses lettres à Malcolm Cowley, eût aimé n'être connu que par ses livres. Mais en 1949, quand il écrivit cette lettre, le mal était déjà fait. Faulkner n'avait pas seulement écrit des livres, mais l'auteur de ces livres était déjà une figure publique, et à la fin de la même année, à Stockholm, la majorité des membres de l'Académie suédoise était déjà prête à lui attribuer le Prix Nobel de littérature. Faulkner mourut célèbre et comblé d'honneurs, la photo du gentleman-farmer en veste de tweed usagé fut dans tous les journaux, et dès sa mort, les biographes se mirent au travail. Les misères de sa vie privée sont désormais des secrets de polichinelle. L'énigme Faulkner n'en continue pas moins à nous fasciner.

  • Oscar Wilde ; les mots et les songes

    Pascal Aquien

    • Aden
    • 26 Novembre 2005

    Lorsqu'il mourut le 30 novembre 1900, Oscar Wilde, anéanti par deux années d'incarcération à la suite de sa condamnation pour " outrage aux moeurs ", n'existait plus guère aux yeux du monde : cruel et étonnant destin pour l'un des artistes les plus doués de son temps, broyé par l'hypocrisie et la bonne conscience. Doué, Wilde l'était assurément : poésie, roman, nouvelles et contes, théâtre, essais critiques et journalisme, il n'est guère de domaine auquel il n'apportât sa contribution essentielle et novatrice. Rêveur des mots et magicien des songes, maître des formes et ennemi des prétentions gourmées et des médiocrités autosatisfaites, il a défendu ses convictions et rompu des lances jusqu'à se briser contre l'airain de l'ordre établi. Toujours admirable ? Non pas. Mais vivant et tourmenté, délicieux et insolent, généreux et partial dans ses appréciations, ses amours et ses amitiés, selon que le vent fut bon ou mauvais. Oscar Wilde ? Un écrivain de génie et un être de désir.

  • Henri Michaux ; la poésie comme destin

    Robert Brechon

    • Aden
    • 21 Mars 2005

    Ce livre sur la vie et l'oeuvre de Michaux est la réflexion personnelle d'un disciple, qui ne dissimule pas sa ferveur. Il essaie de montrer comment, dans son cas, le destin de l'homme se confond avec le parcours du poète. Belge de naissance, dont la patrie est la langue française, poète devenu aussi un grand peintre, enfant attiré par les vies de saints, adulte tenté par les excès de l'esprit, en quête enfin, au grand âge, d'une sagesse nouvelle qui a retenu les leçons des mystiques d'orient et d'occident, il a passé sa vie à " se parcourir ", à prendre possession de toutes les richesses latentes dans " l'espace du dedans ", pour atteindre ou du moins approcher une forme de grandeur dont il pressent qu'elle est " la vraie mesure et capacité de l'homme, de l'homme insoupçonné ".

  • Aleksandr Blok ; l'horizon est en feu

    Jean-Louis Backès

    • Aden
    • 16 Mars 2006
  • Haïm Nahman Bialik ; la prière égarée

    Arianne Bendavid

    • Aden
    • 6 Février 2008

    Né en Ukraine en 1873, dans une période de profonde mutation au sein du Judaïsme d'Europe de l'Est, Bialik apparaît très tôt comme le poète de la renaissance nationale. Elevé dans l'orthodoxie juive mais très vite attiré par la culture occidentale, souvent présenté comme un 'révolutionnaire-conservateur', il restera toute sa vie à la charnière entre le monde de la Haskalah , - les Lumières juives - auquel il adhère intellectuellement, et celui de la tradition, pour lequel il éprouve une profonde nostalgie. Convaincu du caractère inéluctable de la sortie du ghetto, il se montre pourtant extrêmement pessimiste quant à l'avenir des Juifs émancipés. Témoin et victime de la tension entre deux mondes, observateur impuissant de la mort d'un passé et de la difficile genèse d'un avenir encore incertain, Bialik est le meilleur reflet de ce qu'il définissait lui-même comme le destin spirituel du peuple juif: « Le dualisme et les forces contraires qui demandent à être conciliées, transforment l'âme juive en un champ de bataille ».

    L'oeuvre de Bialik est double, comme on peut dire sans doute que le juif s'inscrit doublement dans l'histoire, en tant qu'homme et en tant que juif. Inspirée par le romantisme et le symbolisme, notamment celui de Baudelaire, cette oeuvre simultanément engagée et universelle, marque le début d'une ère nouvelle dans la poésie hébraïque. Elle est sans conteste l'un des plus beaux témoignages de l'extraordinaire phénomène de la renaissance de l'hébreu.

    Poète, essayiste, auteur de nouvelles, traducteur et éditeur, Bialik fut aussi un témoin engagé, ami fidèle et disciple du père du sionisme spirituel, Ahad Ha-Am. Il ne concrétisa pourtant son adhésion au sionisme qu'en 1924, et passa les dix dernières années de sa vie en Israël, où il s'investit activement dans la vie culturelle de son nouveau pays. Il fut et reste la référence incontournable de plusieurs générations de poètes et de romanciers israéliens, encore largement cité aujourd'hui par des écrivains tels qu'Amos Oz et A.B. Yehoshua. Un prix Bialik consacre les meilleures oeuvres littéraires israéliennes.

  • Théophile Gautier, le poète impeccable

    Alain Montandon

    • Aden
    • 11 Octobre 2013

    Baudelaire voyait à juste titre en Théophile Gautier le " poète impeccable ".
    Merveilleux distillateur de poésie pure, homme secret, rêveur, sensuel et d'une sensibilité à nulle autre pareille, parfait magicien de la forme alliant à la quête passionnée de l'art pour l'art la perfection de la grâce fut un des grands écrivains du XIXe siècle français, admiré par les grands poètes de son époque, qu'il s'agisse de Mallarmé ou d'Oscar Wilde ou par tous ces musiciens (Berlioz, Gounod, Fauré) qui prirent plaisir à mettre en musique ses textes qui firent la célébrité de son plus célèbre recueil " Emaux et Camées " qui restera pour toujours un inestimable trésor de la poésie française.

  • Gérard de Nerval ; l'inconsolé

    Corinne Bayle

    • Aden
    • 4 Avril 2008

    Profondément romantique, tourné vers la nuit et ses fantasmagories.
    Gérard labrunie (1808-1855) devient gérard de nerval, traducteur, feuilletoniste, voyageur, rêveur, fou, enfin. tôt orphelin de mère, il passe son enfance dans le valois, bercé par les vieilles chansons françaises. il choisit d'écrire contre la volonté de son père médecin. sa transposition de faust, plus tard saluée par goethe, lui ouvre les portes des cénacles de nodier et de hugo. il connaît la vie de bohème, publie ses premiers vers et vend sa plume dans la presse, espérant un succès au théâtre, dans l'ombre de dumas.
    Comme son ami théophile gautier, il participe à la bataille d'hernani, se lie avec heine et baudelaire. il est écarté du monde littéraire aux premiers signes de délire. son existence chaotique, marquée de plusieurs internements, s'éclaire de longs périples, de l'allemagne à l'italie, et jusqu'à l'orient. c'est à paris qu'il achève sa course, pendu à la grille d'une ruelle. cette biographie suit le cheminement d'un pur poète mélancolique, au prisme de ses lectures, de ses affinités et de ses songes, reflétés en une oeuvre nourrie d'une vaste culture qui, affrontant les ténèbres de l'égarement, constitue le lieu même de son destin.

  • Lorca ou la sublime mélancolie ; morts et vies de Federico García Lorca

    Jocelyne Bourligueux

    • Aden
    • 9 Janvier 2009


    quelque part, sous une stèle plantée parmi les oliviers, au fond d'une fosse commune comme il en existe des centaines d'autres, héritage de la période noire du franquisme qui s'est abattue sur l'espagne, gît le corps du pianiste, compositeur, peintre, dramaturge, mais surtout d'un des plus grands poètes du xxe siècle, federico garcia lorca, né le 5 juin 1898 à fuente vaqueros, fusillé au petit matin du 19 août 1936 à viznar, un petit village près de grenade.
    grenade oú il a fait ses études de philosophie et de droit, oú il s'est lié d'amitié avec le grand compositeur manuel de falla. grenade qui a vu naître en 1918 impressions et paysages, son premier recueil en prose. puis madrid, oú il a fréquenté dali, alberti, bunuel, et oú allait triompher sa pièce de théâtre mariana pineda, en 1927, avant le succès de son recueil le plus connu, el romancero gitano.
    puis ce fut le mal-être et le départ en 1929 pour new york. et cuba, oú il est invité à donner des conférences. de son séjour tourmenté il tirera une oeuvre novatrice et profonde : poète à new york. mais c'est à son retour en espagne l'année 1930, et tout en dirigeant le théâtre ambulant de la barraca, qu'il s'attelle à l'écriture de ses chefs-d'oeuvre. yerma noces de sang. dona rosita la soltera, et la maison de bernarda allia.
    lorsque la guerre civile éclate en juillet 1936, à la veille de son départ pour le mexique, il retourne à grenade en ignorant qu'il va au-devant d'une fin atroce ; alors que ses bourreaux ignorent qu'on ne peut tuer le chant du poète que le supplice, la mort et le temps ne font qu'amplifier.

  • Léopold Sédar Senghor ; le maître de langue

    Daniel Delas

    • Aden
    • 15 Avril 2006

    La vie de Léopold Sédar Senghor associe, comme peu de créateurs le firent, poésie, politique et philosophie.
    Cet Africain, issu du peuple sévère des campagnes, fut l'un des premiers étudiants noirs dans le Paris des années 1930 où il noua des amitiés solides avec Aimé Césaire et Georges Pompidou, réussit l'agrégation de grammaire et s'imposa progressivement dans les grands débats politiques de son temps, se faisant le champion et le penseur de la négritude. Prisonnier de guerre, il tire de cette épreuve un approfondissement de sa relation avec les tirailleurs sénégalais. Devenu président de la République du Sénégal, il donne un exemple (le sagesse presque unique en Afrique en se retirant l'heure venue de la vie politique. Il a été élu vu 1983 à l'Académie française.
    La pensée et l'oeuvre politique et philosophique de Léopold Sédar Senghor, vécues dans l'action, parfois dans l'angoisse, restent actuelles et suscitent d'ailleurs encore aujourd'hui de vifs débats et de nombreuses controverses.

  • Giacomo Leopardi ; du néant plein d'inifni

    Perle Abbrugiatti

    • Aden
    • 25 Août 2010

    Né en 1798 dans la douceur des collines de l'Italie adriatique, mort en 1837 à l'ombre de la lumière aveuglante du Vésuve, Giacomo Leopardi consume ses trente-neuf courtes années en mêlant les larmes et le rire dans sa dénonciation de la fatuité de I'Histoire, face à un univers qui n'a pas de sens.
    Linguiste. philosophe. moraliste, humoriste. il fait de la poésie le lieu où se rencontrent la musique et la pensée. la satire et la nostalgie. le creux où s'épousent le contemplation et la méditation. Romantique en lutte contre les Romantiques, Leopardi vit, écrit et meurt isolé. Son pessimisme va bien au-delà d'un simple mal du siècle. Il est le premier à scander le chant dissonant de l'Absurde, ce qui en fait le précurseur de toute la poésie contemporaine.
    Et il égrène dans un nocturne lunaire les notes d'une dérision inconsolable qui sont l'écho pur du Néant.

  • William Carlos Williams ; voyage vers l'amour

    Jacqueline Ollier

    • Aden
    • 5 Mars 2009

    Le 17 septembre 1883 naît dans une bourgade du new jersey un enfant à la vitalité débordante et aux dons multiples, qui va devenir l'un des grands poètes du xxe siècle.
    Médecin, exerçant avec réticence d'abord, avec passion ensuite, débordant de tendresse pour tous les êtres vulnérables, william carlos williams fut aussi romancier, nouvelliste, auteur dramatique, essayiste, directeur de revue, éditeur, musicien, peintre. il réussira, tout en assumant les contraintes de sa profession, à se mêler étroitement à la bohème new-yorkaise grâce à une énergie inépuisable et à écrire inlassablement, profitant du moindre moment de semi-liberté.
    Sa seule année sabbatique, 1923-1924, il la passe en europe où il se lie d'amitié avec les artistes et les écrivains qu'il rencontre à londres, paris, vienne ou rome : ezra pound, son ancien condisciple de l'université de pennsylvanie, auquel il restera fidèle toute sa vie, mais aussi james joyce, aragon, philippe soupault, brancusi, man ray. son oeuvre foisonnante et inventive que nous fait découvrir avec enchantement jacqueline ollier couvre toute la première moitié du xxe siècle et continue d'être un exemple et une source d'inspiration pour les jeunes poètes contemporains.

  • Victor Segalen ; le voyageur incertain

    Marie Dollé

    • Aden
    • 15 Avril 2006

    Né à brest en 1878, médecin de marine, archéologue, critique d'art, victor segalen est avant tout poète.
    Pour lui, vivre, voyager et écrire ne font qu'un. sa première mission l'envoie à tahiti, et, après avoir effectué le tour du monde, il parcourt la chine dont la culture millénaire occupe une place essentielle dans tout ce qu'il écrit. sa vie est marquée par le mystère : écrivain du secret, il en protège l'intimité et meurt à quarante et un ans dans la forêt du huelgoat, d'une mort aussi insolite que son oeuvre.
    Cette biographie, écrite à la lumière de la correspondance, propose une nouvelle version d'événements contestés : le suicide de l'écrivain, ses amitiés exaltées, sa passion pour deux femmes... contemporain de claudel et de saint-john perse, victor segalen ne trouve sa vraie place qu'à la fin du xxe siècle, et ses livres font de lui une des voix poétiques majeures de la littérature française.

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