Champ Vallon

  • Une odyssée pour Denver ; un inédit de Norwich Restinghale

    Christian Garcin

    • Champ vallon
    • 7 Avril 2022

    Une Odyssée pour Denver est un récit en deux parties, attribué à Norwich Restinghale (personnage central du roman Du bruit dans les arbres, Gallimard 2002). Il s'agit d'un assemblage de souvenirs digressifs rythmant la relation d'un itinéraire jadis effectué par le narrateur dans un pays disparu, sans doute l'ex-Yougoslavie. Ces souvenirs, sans réelle chronologie ni durée narrative, tournent autour de la figure d'une soeur morte (Denver Restinghale), à quoi renvoient les lieux traversés (villes, musées, paysages), ainsi que les personnes rencontrées ou évoquées. Tel que le texte est établi, il s'agit d'un chant de deuil, d'un hommage à la jeunesse enfuie, d'une odyssée du souvenir dans laquelle le passé est l'action, et le flot ininterrompu des souvenirs la péripétie.

  • L'écrivain et la publicité : histoire d'une tentation Nouv.

    L'écrivain et la publicité : histoire d'une tentation

    Myriam Boucharenc

    • Champ vallon
    • 22 Avril 2022

    La « déesse publicité » peut se vanter d'avoir séduit de nombreux écrivains et non des moindres. Se souvient-on des slogans, annonces, plaquettes et catalogues signés Colette, Cocteau, Cendrars, Valéry, Claudel même... ? Dès la Belle Époque - et jusqu'à aujourd'hui -, de grands noms des lettres ont osé glorifier les marques du commerce et de l'industrie. Ce livre, illustré, ressuscite enfin et pour la première fois l'histoire occultée de ces publicités d'auteurs, à lire et à voir : surprenantes, drôles, parfois très belles. Il interroge la tentation - celle de vendre l'âme de la littérature au diable marchand -, qui a permis aux écrivains de se médiatiser, de gagner leur vie en divertissant leur plume, mais aussi d'enrichir leur oeuvre où coule discrètement de l'encre de source publicitaire !

  • Paul Doumer, la république audacieuse

    Amaury Lorin

    • Champ vallon
    • 6 Janvier 2022

    Il y a quatre-vingt-dix ans, Paul Doumer, fils de cheminot né à Aurillac, était élu président de la République. Audace d'un régime, la IIIe République, qui consacre l'ascension méritocratique par l'école comme une possibilité de justice sociale. Audace d'un homme incarnant ce fondement par l'exemple de son parcours :
    Placé à 14 ans comme apprenti par sa mère veuve, le jeune Auvergnat passe son bac en blouse d'ouvrier.
    Inclassable politiquement, Doumer participe au régime pendant près de cinquante ans (1887-1932), au carrefour de la droite et de la gauche, à la jonction de la politique, de l'industrie, de la finance, de la diplomatie. Un parcours marqué par la tragédie : cinq de ses enfants meurent entre 1914 et 1923, avant que le président luimême ne soit assassiné le 6 mai 1932.

  • Colbert, Louvois ou Pontchartrain : les noms des proches conseillers de Louis XIV sont bien connus, autant que leurs personnalités et leurs oeuvres politiques. Leur histoire conjugale et familiale, elle, comporte de larges parts d'ombre, pour les historiens comme pour le grand public. Cet ouvrage propose un portrait dynamique des femmes qui ont épousé un ministre sous le règne personnel de Louis XIV, en envisageant leur place dans leur couple, dans leur famille, dans l'entourage du roi et dans la société française du XVIIe siècle. Capacité d'action, concertation conjugale et stratégies lignagères se trouvent au coeur des réflexions dans une perspective genrée, afin de dessiner à la fois une histoire des femmes, du couple et de la noblesse dans la France moderne.

  • Tableau d'hiver

    Jean-Paul Goux

    • Champ vallon
    • 6 Janvier 2022

    Thibaud a perdu son épouse Claire depuis peu. Leur appartement parisien devenu insupportable, il prend sa retraite, va s'installer dans la grande maison de Claire, dans une clairière en forêt, ouverte sur un vaste paysage vallonné. Il pense écrire à ses trois couples d'amis en évoquant sa vie dans cet espace coupé du monde, avant de les y inviter. Claire était dessinatrice de ciels et de nuages, observés autour de la maison : il craint de l'ouvrir, occupe l'appartement aménagé dans la grange. Lorsqu'il ose ouvrir la maison, découvrant dans l'atelier quantités d'oeuvres et d'archives, se pose la question de leur destin futur : il décide d'en faire une maison d'artiste, qu'il proposera à Vincent, un plasticien assez jeune pour s'en charger. Sa réponse, évasive, forme la fin du roman.

  • Don Quichotte à Versailles : l'imaginaire médiéval du Grand Siècle Nouv.

    On n'a pas attendu Tolkien ou les romantiques pour inventer un Moyen Âge de fantaisie. À la cour de Louis XIV, les nobles jouent aux chevaliers et combattent des géants. Dans les romans, à l'opéra, dans les contes, on croise Clovis et Charlemagne, des fées et des troubadours. Le passé médiéval est un enjeu de pouvoir : il prouve l'ancienneté d'une famille, légitime les prétentions d'une couronne. C'est aussi un objet de plaisirs : plaisirs coupables de lecteurs (et surtout de lectrices) décrits comme de nouveaux Don Quichotte, fêtes royales, divertissements de l'opéra... En imaginant son passé médiéval, le XVIIème siècle définit les plaisirs acceptables et ceux qui ne le sont pas, débat des pouvoirs de la fiction et instaure une coupure durable entre l'esthétique et le politique.

  • ça va

    Arthur Bernard

    • Champ vallon
    • 17 Février 2022

    « Ça va. On pourrait s'arrêter là. Tout y est. Ou bien continuer. Jusqu'à la fin. C'est quoi la fin? Ça ne nous regarde pas, au fond. Ça nous échappe. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai continué. Ça ne veut pas dire que j'ai fini.
    Que je suis fini. On verra bien. On ne verra rien. Je ne verrai rien. Ça va. Qu'est-ce que ça cache ? Ce mensonge, rituel de silence sous le bavardage. Ça va !, qui est le titre d'un beau poème de Vladimir Maïakovski, exaltation de l'avenir, de la révolution. Loin de la politesse convenue dans l'expression, camouflant l'indifférence à autrui sous un rituel creux. Qu'est-ce qui m'a pris de faire ce livre ? Pensé à Flaubert, auquel je voue une admiration principale, dont pour une ligne «écrire un livre sur rien...» Moi, c'est un livre du ça va, qui est une forme de rien. »

  • Les guerriers de Dieu : la violence au temps des troubles de religion (vers 1525- vers 1610)

    Denis Crouzet

    • Champ vallon
    • 17 Février 2022

    Dès 1525 monte en France l'angoisse du châtiment divin. Dans le ciel et sur la terre apparaissent des signes qui disent l'imminence du Jugement. Voici le temps des guerriers de Dieu: d'une violence d'abord intérieure surgit la force conquérante d'un prophétisme panique qui ordonne la mise à mort des hérétiques.
    S'opposant à la violence désacralisatrice des huguenots, la violence mystique des catholiques culmine en août 1572 lors du double massacre, royal et populaire, de la Saint-Barthélemy. La Ligue marque l'ultime retour de l'angoisse prophétique. Henri II, en pacifiant le royaume, est l'artisan d'un désangoissement et d'un désenchantement du monde. La « félicité du royaume », ordonnée par le roi de raison d'une monarchie absolue et resacralisée, est à la source de notre modernité.

  • Au XVIIIème siècle, Paris célébrait chaque événement heureux pour la Couronne. La Maison du Roi, le Bureau de la Ville et le Châtelet de Paris organisaient les réjouissances. Les manifestations de joie étaient donc contrôlées par les autorités qui y voyaient les signes tangibles d'une communion avec les sentiments du souverain. Pour autant, l'expérience de la joie publique n'était pas celle d'une obéissance passive. Les Parisiens s'appropriaient les réjouissances aussi bien en participant qu'en détournant certaines normes de réjouissances. Ils fabriquaient leur propre culture de l'approbation, empreinte d'une critique à peine voilée.
    Dès 1770, les gestes traditionnels des réjouissances furent progressivement détournés pour faire valoir un droit de se réjouir indépendamment de la Couronne.

  • L'envie, une passion tourmentée

    André Rauch

    • Champ vallon
    • 28 Octobre 2021

    En couverture, L'Allégorie de l'envie, qu'incarne une femme minée par l'âge, que flétrissent ses cheveux hirsutes, ses yeux exorbités, son regard torve, ses côtes saillantes et ses bras musculeux, inspire l'effroi. C'est de cette représentation dégradante que traite ce livre. Mais qu'est-ce que l'envie et quelle est son histoire ? Alors que selon les Ecritures la création divine est admirable, cette passion démoniaque ne connaît que la dévastation et la dégénérescence.
    Elle attaque certes l'ordre divin, mais sème aussi le schisme et la discorde, pervertit la justice humaine, mine les relations sociales et corrompt la quête de la vérité. Sans plaisir à la clef, médisance, diffamation et calomnie présagent le chaos. Au XIXe siècle, romanciers, poètes et autres artistes s'en servent pour sonder le tréfonds des désirs et des angoisses qui animent le ressentiment. N'est-il pas à la source de toutes sortes de haines, raciales ou antisémites ? Aujourd'hui, arbitre de la société de consommation, la jalouse envie explose sur les plates-formes d'Internet qui "hébergent" le cyber-harcèlement.
    La virulence de l'envie perce les textes sacrés, littéraires, politiques les plus classiques, dont un grand nombre composent l'étoffe de l'éducation et de l'enseignement scolaire. En suivant son cours qui se propage et revit à chaque génération, le lecteur est invité à revisiter ces figures. Cette traque jette un éclairage inédit sur une passion tourmentée.

  • Pyrénées, une histoire envirennementale du tourisme

    Steve Hagimont

    • Champ vallon
    • 17 Mars 2022

    L'ouvrage retrace l'évolution du tourisme dans les Pyrénées depuis la fin du XVIIIe siècle. De premiers projets d'envergure voient alors le jour pour faire fructifier certains éléments de l'environnement devenus ressources désirables pour des visiteurs d'origine lointaine, à commencer par les eaux et les paysages. Sont évoqués l'appropriation matérielle de la montagne, la croissance économique du secteur, la médicalisation des montagnes, l'imaginaire porté sur la frontière, les rivalités entre le tourisme, l'industrie et l'agriculture, la protection de la nature ainsi que l'essor des sports d'hiver. À l'ère industrielle, le tourisme offre, tout à la fois, d'échapper aux transformations écologiques et sociales accélérées, et d'approfondir la commercialisation de la nature et des désirs.

  • En France, l'histoire des appellations d'origine s'inscrit dans le temps long. Dès la fin du XVIIe siècle, la réputation des aliments associés à un lieu s'affirme pour distinguer les produits jugés les meilleurs.
    Bien loin d'un simple déterminisme naturel, le sens et la valorisation de cette identification territoriale durable sont un processus complexe où se mêlent savoir-faire techniques, stratégies commerciales, discours savants et goût des consommateurs. Comprendre pourquoi l'origine devient le critère d'une qualité supérieure attendue conduit à s'intéresser aux rôles décisifs des marchands, des consommateurs et des prescripteurs dans la définition de la valeur des marchandises et la mise en place d'un marché alimentaire original en France et à l'étranger entre 1680 et 1830.

  • Le fait de vivre

    Stéphane Bouquet

    • Champ vallon
    • 8 Avril 2021

    Marie dit la vie la vie tu n'as que ce mot aux lèvres c'est vrai j'avoue la vie est le seul refuge, je ne sais plus trop à force si "j'écris sur vous au lieu de mourir" ou pour rejoindre un verbe au présent "et me sentir mille choses heureuses à la fois" ayant atteint "la bienveillance du réel" du genre ces bras entre nous respirés alors c'est gagné la vie la vie

  • Paris en ses jardins : nature et culture urbaines au XVIIIe siècle

    Jan Synowiecki

    • Champ vallon
    • 6 Mai 2021

    Royaux ou princiers, les jardins de Paris au XVIIIe siècle devaient offrir à la population urbaine des îlots salvateurs face aux exhalaisons et aux miasmes de la ville. Loin d'être figés dans un écrin de verdure et de représenter des enclaves champêtres au coeur de la ville, ces espaces étaient fermement insérés dans le tissu urbain. Ce livre propose ainsi une véritable microphysique de la nature parisienne, des dégâts causés par les taupes à l'élagage des arbres. L'histoire matérielle et vivante des jardins parisiens du XVIIIe siècle permet ainsi de restituer avec le plus de fidélité possible un monde composé de micropartages faisant la part belle aux conflits entre juridictions, aux régulations policières ainsi qu'aux tensions entre les différents usages sociaux de l'espace du jardin.

  • Comment les huguenots ont-ils survécu, vécu et même prospéré dans le Paris du dix-huitième siècle, alors que la majorité de la population catholique était notoirement hostile au protestantisme? Pourquoi, à la fin de l'Ancien Régime, l'opinion publique était-elle très majoritairement favorable à l'octroi de droits plus grands aux protestants? Cet ouvrage étudie l'essor de la tolérance religieuse à Paris et retrace l'histoire des huguenots parisiens après la révocation de l'édit de Nantes en 1685 - une des décisions de Louis XIV sans doute les plus lourdes de conséquences pour la France. David Garrioch trouve les racines de cette transformation des attitudes à l'endroit de la minorité huguenote à la fois dans la manière dont elle sut résister à la persécution et dans le pragmatisme avec lequel le gouvernement décida d'y réagir, surtout après la mort de Louis XIV, mais aussi dans l'environnement tout à fait particulier qu'était alors la capitale française par rapport au reste du royaume. Ce livre permet surtout de comprendre l'évolution extraordinaire de la culture catholique qui se produisit au cours du siècle, dans le cadre de la transformation culturelle et intellectuelle que nous appelons les Lumières et qui bouleversa la France et l'Europe.

  • Les gouvernantes

    Anne Serre

    • Champ vallon
    • 4 Mars 2021

    Ce sont "les gouvernantes" . Elles sont trois, dans une grande maison au fond d'un parc, comme des reines, protégées du monde extérieur par des grilles d'or. Tour à tour follement gaies, tendres ou cruelles, mais toujours ardentes et puissamment vivantes, elles s'allient, se séparent, se déchirent ou se poursuivent dans d'étranges jeux qui sont ceux de la vie. Observées par l'oeil implacable d'une lunette qui ne les perd pas de vue, "les gouvernantes" jouent pour nous le charme et la magie d'un songe de nuit d'été...

  • Les processions sont avant tout des rituels religieux qui se transforment, mais aussi un enjeu social par le rang occupé, un objet politique par la présence dans l'espace public, un vecteur d'identité urbaine par le rapport au saint patron. Toutes ces dimensions font l'objet de remises en cause et de débats au 18ème siècle : strictement religieux (au sujet du faste, de la sécularisation de la société), mais aussi historiques, sociaux, philosophiques et littéraires, ce que cristallise, par exemple, l'affaire La Barre. Nourrie d'une grande diversité de sources, manuscrites et imprimées, publiques et privées, cette étude aborde ainsi des transformations profondes du siècle, dans son rapport au religieux, la tension sociale entre individu et communauté, le rapport à l'opinion publique.

  • La juste couleur - chroniques poetiques

    Olivier Barbarant

    • Champ vallon
    • 1 Octobre 2021

    Les études critiques relèvent généralement de la théorie ou du catalogue. Ce rassemblement de chroniques prétend procéder autrement, en cherchant ce qui peut éclairer une rencontre, en explorant chaque oeuvre à la lumière de l'intensité du choc qu'elle procure.
    Ainsi s'édifie un tableau inédit de la vitalité de la poésie, et une réflexion ouverte aux voix de la poésie nationale mais aussi internationale, trop souvent négligée dans le paysage littéraire français. L'écriture, poétique comme critique, prend dès lors exemple sur le travail de la mer, qui selon le poète grec Aris Alessandrou « ne cesse de mêler / algues et ciel / s'efforçant à trouver sa juste couleur ».

  • Nous les bêtes traquées

    Caroline de Mulder

    • Champ vallon
    • 16 Août 2012

    « Qu'il serait bien là, s'il n'était pas loin de moi. Et les beaux moments que nous passerions, s'ils n'étaient pas déjà passés. Max quand nous sommes ensemble, c'est comme sur le quai d'une gare, du regard ailleurs, le cap déjà pris, le camp déjà foutu, il a déjà changé de vie, oh Max ne t'en va pas ».

    Sur fond d'intrigue policière dans les milieux hypocrites de la politique et des ong, une lente descente aux enfers, la relation complexe d'un avocat humanitaire, escroc des grands mots, flambeur flamboyant, et d'une femme fragile, fascinée par la puissance de cet homme. La tragédie intime se superpose à celle d'un peuple massacré et réduit au silence, comme la narratrice.

  • Ego tango

    Caroline de Mulder

    • Champ vallon
    • 19 Août 2010

    " Ad nauseam. Nous ne parlons plus que de ça : la disparition de Leu et celle d'Alexis de Saint-Ours, plus vu depuis. Enfin du neuf à remâcher. Il faut dire que dans le monde du tango, rien ne se passe jamais. Quelques chassés-croisés, les années d'abondance. Des amourettes foirées. Plus qu'à notre tour, nous attendons, et rien ne vient. " Voyage dans le monde clos et moite du tango parisien, dans lequel les aficionados se jettent à corps perdu et vivent la danse comme une addiction, Ego tango est aussi un chassé croisé amoureux entre quatre personnages dont les rapports sont ceux qui s'expriment, sur un plan métaphorique, dans le tango lui-même (j'avance, tu recules).

  • Les amours suivants

    Stéphane Bouquet

    • Champ vallon
    • 19 Septembre 2013

    Référence explicite au fameux recueil de Ronsard, Les Amours , ce livre revisite la tradition de la poésie amoureuse et en propose une suite avec des outils contemporains. Dans Les Amours suivants , opportunément pluriels, le poète propose de multiplier les muses, de penser l'amour comme une fi gure d'engagement dans la vie multiple, faire du monde mondialisé une surface de surf sur corps et visages où les a ects obéissent à la même logique que celle de chacun de nos jours :
    Une sorte d'accessibilité de tout partout, une disponibilité maximale, un bonheur qui ne cesserait de se répandre, ici et ailleurs. Un monde à foison où l'amour cesserait d'avoir un seul visage.

  • Un grand instant

    Olivier Barbarant

    • Champ vallon
    • 7 Février 2019

    «Il arrive qu'un instant sans durée concentre en lui-même la valeur d'un long intervalle et fasse tenir le maximum de ferveur dans le minimum de temps. Il arrive qu'une jouissance continuée et plus ou moins diluée se ramasse au foyer d'une joie-éclair. [...] Or qu'est-ce que la vie entière perdue dans l'océan de l'éternité, sinon « un grand instant » ? . Cet extrait de La Mort de Jankelevitch, dans un chapitre intitulé «La vie brève», circonscrit le point d'attention réunissant des poèmes remontant à des époques diverses (enfance et jeunesse, temps présent) mais pour tenter d'en restituer et déplier l'intensité particulière, seul trait qui les rassemble, et pourrait faire de la vie reparcourue par coups de sondes un grand instant.

  • Cet ouvrage met en pleine lumière un moment décisif mais relativement méconnu de la naissance du mouvement humaniste dans l'Italie du début du Quattrocento : ce n'est pas à Florence, mais à la cour des papes revenue à Rome que s'épanouit et s'affirme une nouvelle génération d'intellectuels, au sein d'un milieu cosmopolite, travaillant dans l'administration pontificale et au service des élites ecclésiastiques.
    Et c'est dans un contexte de crise profonde, le Grand Schisme d'Occident, que la papauté s'ouvre à l'idéal d'une Renaissance. Aux origines de la République des Lettres, une constellation de lettrés - vedettes en devenir, lecteurs érudits ou protecteurs éclairés - a oeuvré en commun à définir le programme des "sciences humaines", à célébrer, déjà, un réveil culturel et à promouvoir leur rêve d'une Antiquité retrouvée auprès d'une audience internationale de gouvernants.
    Du pontificat d'Innocent VII au concile de Constance, la curie a été le melting pot et le vivier professionnel de nombre d'humanistes, dont les carrières publiques ont aussi connu les aléas d'une administration confrontée à la division de l'Eglise, secouée notamment par la rébellion des cardinaux à Pise. Elle a encore été le laboratoire d'un projet à la fois savant et politique, le cicéronianisme, qui ambitionnait de réactiver la puissance de l'éloquence classique au service de l'Etat et de refaçonner le modèle de l'officier en orateur, à l'image de la nouvelle figure montante qu'était le secrétaire apostolique.
    Au fil d'une enquête croisant sources archivistiques et littéraires, l'histoire de ce tournant est retracée, de l'afflux de jeunes lettrés en quête de fortune dans une institution en crise aux débuts d'une révolution rhétorique et idéologique qui plaçait Rome, capitale proclamée mais instable, éternelle mais défigurée, en point de mire d'un redressement futur.

empty