Des Equateurs

  • « In pop we trust » est un kit de survie philosophique, à la manière du Manuel du stoïcien Epictète, pour le bac ou pour la vie. Un petit guide métaphysique qui s'appuie sur la culture pop pour nous initier à la philosophie ou la retrouver, pour apprendre et réviser. Le chapitre d'ouverture est un manifeste pour une pop philo dont l'auteur assume pleinement la dimension politique, pédagogique et sociale. S'ensuivent une série de courts chapitres présentant une ou deux grandes questions philosophiques portées par la culture populaire à la manière de « Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d'heureux. »

  • Respect !

    Agathe Cagé

    Manque de considération des hommes pour les femmes, des boomers pour les Millenials, des plus favorisés envers les plus précaires, des urbains envers les ruraux, des centre-villes envers les quartiers. Abandon des plus âgés... Nous avons perdu le sens de l'humanité, du rapport à l'autre, de la discussion.
    Sommes-nous résignés ou simplement habitués à entendre et voir s'exprimer en permanence un mépris pour tous ceux qui sont tant soit peu différents ou extérieurs aux tout petits milieux dans lesquels nous vivons confinés ?
    Il faut réapprendre, chacun autant que nous sommes, à respecter les autres dans leur diversité et dans leur singularité. C'est un combat social, environnemental, politique.
    Pour nos grands-mères et nos grands-pères, pour nos soeurs et nos frères, pour nos filles et nos fils, pour nos concitoyens, d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur histoire, quels que soient leurs espoirs.
    Que chacun puisse se dire « je suis important » et se sentir reconnu dans le regard des autres. C'est le fondement d'une société.

  • « Sans le vélo, mon horizon n'aurait jamais dépassé la haie d'un champ, dans le Limousin. » Raymond Poulidor savait d'où il venait. Et il y revenait, toujours. Son port d'attache, Saint-Léonard-de-Noblat, se situe en plein coeur de la France. C'est un petit village niché sur le chemin de Compostelle où il a appris à traire les vaches de la ferme familiale mais où il a aussi acquis le bon sens du pays limousin, la sagesse, la patience, le travail bien fait.

    La casquette souvent de traviole mais les idées bien en place, l'éternel deuxième a couru quatorze Tours de France. Il paraît que les Français, en ce temps-là, n'aimaient pas tellement les gagnants, à la différence de ceux de maintenant. On était alors Anquetilistes ou Poulidoristes, une sorte de lutte des classes, même si l'un comme l'autre des deux antagonistes s'étaient présentés aussi démunis au départ de la vie. Ils auraient donc coupé la France en deux, mais c'est vite dit parce que dans toute sa ruralité d'alors, elle penchait quand même sacrément du côté de Poulidor. Il avait « percé » au temps des chanteurs yé-yé. Deux ans après Johnny, le voilà qui partait à son tour. Lui qui avait couru sous De Gaulle, Pompidou et Giscard s'en allait deux mois à peine après Chirac.

    Ceux qui ont grandi dans les années 1960 et 1970 n'avaient jamais connu un monde sans Poulidor. Mais ce n'est pas le souvenir des Tours d'enfance qui remuait en nous les nostalgies. Son exploit fut de ne jamais être vintage, mais intemporel. Tout changeait autour de nous et rien ne changeait tant qu'il était là. Lui restait le même. Au milieu de tout le chambard, quelque part, il était notre rassurance. « Poupou » s'était transmis de grand-père en petit-fils. Chacun pouvait se reconnaître en lui qui ne ressemblait à personne.

  • Le vinyle a retrouvé sa splendeur passée, au point de provoquer la réouverture d'usines pour le presser, obligeant les grandes enseignes à réorganiser leurs achalandages. Car oui aujourd'hui, le vinyle d'Angele est disponible au supermarché de Fécamp tandis que le disque posthume de Johnny Hallyday, «Mon pays c'est l'amour» s'est vendu dans son plus ancien format à plus de 200 000 exemplaires en 2018. Le vinyle, qui n'avait jamais totalement disparu des esprits des musiciens, a pris sa revanche sur l'époque.
    Les pochettes s'affichent sur les murs, les musées commencent à les acquérir et les mômes des années 2010 sont tombés en pamoison devant les 30 centimètres. Ce retour en grâce montre combien le futile n'aura pas la peau de l'éphémère. Combien l'objet restera toujours infiniment plus important à posséder qu'un fichier envoyé sur un Cloud imaginaire.

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