Du Murmure

  • Qu'on s'en lamente ou qu'on s'en réjouisse, n'importe : le sexe est aujourd'hui partout. Et le porn aussi, sur les écrans de nos télévisions, d'ipad, de macbook, de smartphones. Tous les médias en pillent les codes : la mode, la musique et la publicité, faisant de lui le phénomène majeur de notre hypermodernité. Le phénomène majeur, certes, mais aussi le plus contradictoire, car il est, en somme, à la fois totem et tabou : ce dont tout le monde se délecte mais dont il est socialement convenu de ne pas parler. C'est à ce porn-là que s'intéresse le présent essai, afin d'en mesurer l'importance, d'en interpréter les sens, d'en dire les plaisirs, d'en pointer les éventuels travers.

  • Le bouddhisme et le rock, le mariage de la carpe et du lapin ? Rien n'est moins certain...

    À partir de la visite de Lhassa par Alexandra David-Neel en 1924, l'essor des échanges est rapide : acteurs et écrivains de l'après-guerre, stressés, fréquentent gurus et autres swamis. Même si la confusion entre bouddhisme (Tibet) et jaïnisme (Inde) est totale, ces courants influencent toute la culture occidentale, en particulier anglo-saxonne avec la Beat Generation dans les années 1950, puis le rock en particulier dans les années 1960 : les Beatles en 1965 et Timothy Leary en 1966...

    Romain Decoret, l'auteur, n'est pas inconnu, il est le personnage principal de Flash ou le grand voyage de Charles Duchaussois.

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  • Plus que jamais, figures inquiétantes à la lisière du réel et du cauchemar, les clowns maléfiques sont parmi nous. La « Grande Peur Clownesque » de 2016, dernière d'une longue série, en fut la preuve éclatante.

    Cette observation est devenue prophétique, le psycho-clown ayant pris d'assaut « l'inconscient pop » au vu des légendes urbaines relatives aux « phantom clowns » et de la prodigieuse quantité de créations mettant en scène, dans divers médias, des clowns malveillants ou franchement psychopathes. Force est de constater que nous sommes-là face à une véritable épidémie de l'imaginaire qu'il nous faut ici interroger.

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  • Berlin le dimanche : quand la plupart dorment, d'autres se lèvent aux aurores pour se rendre à « la messe », donner leur corps à la danse. C'est vers le Berghain qu'ils convergent, une ancienne centrale électrique de Berlin-Est transformée en club techno.

    Mais par-delà les fantasmes et les rumeurs de débauche, que nous apprend ce club sur notre rapport au corps ? Ces longues files ne cachent-elles pas un besoin de hors-lieux dans un monde ultranormé ? Cette réflexion sur les pratiques corporelles en milieu techno s'appuie sur trois ans de plongée ethnographique au sein d'une scène qui semble cultiver jusqu'à l'épuisement l'extase dionysiaque.

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  • Les histoires de momies nous envoûtent en nous présentant des amours éternels et des vengeances inextinguibles qui traversent les millénaires. Des suspicions de malédictions pèsent sur les fouilles archéologiques mais des couples bravent les autorités et les interdits pour immortaliser leur histoire par un cliché au sommet d'une pyramide.

    S'intéresser à l'Égypte, c'est s'intéresser à la rencontre de l'Occident avec les momies et retracer l'histoire de leur fréquentation pour mieux comprendre comment le mythe s'est construit en sachant se renouveler pour rester vivant.

  • Nous avons tous en tête l'image de l'adolescente japonaise en uniforme marin ou blazer. Innocente, guerrière et parfois perverse, elle est devenue l'un des symboles les plus populaires du Japon, rivalisant avec les figures de samouraïs ou de salarymen.
    Icône de l'émancipation, du capitalisme puis de l'apocalypse, elle traverse la modernité nippone dont elle est sans conteste la vraie impératrice.
    Que nous disent d'elle et de son pays les images qui la célèbrent ?

  • Les rites funéraires font partis des marqueurs les plus précis de l'évolution d'une société humaine. Ce sont des sources précieuses, pour les archéologues et les anthropologues funéraires, permettant ainsi de mieux connaître chaque civilisation.
    Mais dans la longue histoire du traitement réservé au « corps mort », de l'Antiquité à nos jours, l'embaumement y occupe une place centrale. Rétrospectivement, le XIXe siècle apparaît comme le siècle d'or de cette science.

    Au travers de l'évolution des techniques de l'embaumement, c'est toute l'approche du corps et par extension, du monde médical, qui s'en trouve bouleversé...

  • À rebours de ce que l'on imagine, le striptease n'a pas pour dernier moment la révélation de la nudité d'une femme, et la manifestation de la puissance érotique que cette nudité peut susciter, mais bien sa dissimulation.

    Il est l'incarnation de tout spectacle, en tant que LE spectacle (comme le proclamera Guy Debord), assomption du faux et de la fausseté par laquelle la société du spectacle tentait de maintenir le réel à distance.

    Ce qui est insupportable pour Barthes comme Mauriac par exemple est que le striptease affiche les signes de l'art sans en être un - et que ces signes rendent heureux ceux qui les consomment sans savoir.

    Au travers de cet essai, l'auteur retrace un historique de l'effeuillage tout en le repositionnant dans le discours des philosophes et penseurs du XXe siècle.

  • L'approche de l'écorchement fait suite à La peau. Totem et tabou. Comme la peau, il fait énigme. Peler, enlever l'écorce, arracher le tégument, râcler ou déchirer la peau jusqu'à ce qu'apparaissent les chairs, tout cela évoque un viol de l'enveloppe sans laquelle le vivant n'est plus. Mis à nu, au plus près de la fragilité, sans barrière de défense, l'écorché rend l'âme tôt ou tard, s'il n'est déjà mort.

    Séparer/recouvrir pour guérir, tel est le geste d'écorchement par lequel une peau, retranchée et transmise, n'est jamais perdue. Les larmes d'Apollon, malheureux de son geste extrême, lui qui refusa d'être touché par la musique d'un homme des bois, nous émeuvent toujours. Elles prouvent que sous la blessure de la peau arrachée demeure intact l'essor énergétique malgré la mort. Le geste d'écorchement illustre la voie des chrysalides, celle qui préside aux identifications à travers la violence des arrachements.

  • Une analyse de l'univers des Schtroumpfs : l'organisation de l'espace y est fondé sur de fortes oppositions entre ici et ailleurs, entre assimilation et exclusion, qui facilite le gommage des tensions sociales, raciales, sexuelles et politiques. Les solutions imaginaires sont élaborées pour contrer les problèmes réels et l'éloge de l'ordre pallie les vicissitudes de la réalité.

  • Lors d'une soirée particulièrement maussade, nous décidons de tuer le temps en nous « matant » un film d'horreur. Nous espérons avoir peur et être enthousiasmés par la violence qui y est représentée. Or quelle n'est pas notre surprise lorsque nous tombons sur la scène suivante, dans laquelle un tueur en série se déguise en Père Noël.

    Difficile de ne pas éclater de rire devant cette scène incapable de répondre à un seul critère de qualité. Et pourtant, nous avons beau n'y voir que des défauts, elle nous procure néanmoins une certaine jouissance. Nous aimons cet échec filmique cuisant. Alors que notre regard critique, empreint de « bonne volonté culturelle » (Bourdieu) à l'égard des pratiques et des goûts consacrés comme légitimes, condamne sans appel cette scène, le nanarophile qui sommeille en nous est aux anges.

  • Impossible de contenir le corps du terroriste dans nos normes et nos catégories, tel est le défi de nos services de sécurité mais aussi de chacun d'entre nous. Comment le surveiller et le punir ? L'échec de nos caméras vidéo, pourtant en nombre à Nice comme ailleurs, prouve que la surveillance panoptique ne suffit plus à contenir les corps qui se terrorisent pour nous tuer. Pouvant être n'importe qui, c'est le terroriste qui nous surveille et qui nous punirait de ce que seraient nos crimes. La difficulté à établir leurs profils psychologiques voudrait trouver une solution dans une catégorie psychiatrique : est-ce un fou ? Leur acte est-il si irrationnel ?

  • La lutte des corps vivants et humains pour se faire reconnaître sur la scène mondiale rencontre, au fur à mesure de leur émergence, la censure des biens pensants. Nos corps seraient toujours trop ou pas assez ! Trop mauvais goût, migrant, moche, pauvre, porn, viril, queer, handicapé, arabe, vieux, jeune... Pas assez expérimenté, recommandé, blanc, connu, référencé, intégrable.

    À force de ne pas être dans la bonne case définie par les catégories de classe et de races de ceux et celles qui gouvernent la médiatisation du visible et de l'acceptable, faut-il s'étonner que la société d'aujourd'hui se passe ailleurs que dans les discours censés nous représenter ? C'est là qu'entre en scène le Bd-SM...

  • On explore ici l'histoire politique ancienne du Moyen-Orient, de la Syrie au Golfe persique, après avoir dans un 1er tome ouvert des pistes de lecture de cette histoire en dévoilant le fascinant écorchement du faune Marsyas par le dieu Apollon.

    La première partie, dévolue aux figures des rois assyriens, dresse une cartographie de l'écorchement en temps de guerre, comme pratique politique particulièrement adressée aux rois rebelles orientaux, les plus valeureux. La deuxième partie aborde des pratiques semblables, elles aussi politiquement inscrites, mais cette fois dans le contexte de l'Amérique précolombienne. La peau des chefs rebelles s'y transforme cette fois en tambours de guerre...

  • Élevant l'accident routier au rang de fétiche civilisationnel et de signe apocalyptique, la saga Mad-Max en fait la matrice de tout un univers de fiction. Magistrale synthèse de plusieurs genres et courants de la culture pop, cette dystopie routière de l'âge de l'accélération s'érige en précis de décomposition de la société de l'opulence. Déclinée sur le mode épique, elle nous confronte à la psychopathologie de notre espèce sur fond d'épuisement énergétique. Frappée d´une injustifiable occultation critique, cette oeuvre est enfin ici analysée dans ses différentes dimensions. Son influence est décisive sur notre imaginaire culturel.

  • Lorsque Charles M. Schulz crée Peanuts en 1950, Snoopy n'apparaît pas dans les premiers strips. Mais le petit beagle de Charlie Brown en devient rapidement la vedette, ne se contentant plus de sa fonction de fidèle compagnon, mais se plaisant à jouer - avec beaucoup d'ironie et de fantaisie - un tas de rôles très différents. Parmi ceux-là, l'as de l'aviation de la Première Guerre mondiale est peut-être l'incarnation la plus frappante : grâce à lui et à ses combats aériens imaginaires avec le Baron Rouge, Snoopy laisse entrevoir le visage d'une Amérique qui ne triomphe jamais d'elle-même - et qui ne se profile que pour mieux disparaître aussitôt.

  • L'orgasme nous fait peur ! Une sensation nous traverse sans nous puissions en contrôler la puissance, la durée et l'étendue dans notre corps. Pourtant chacun(e) ne cesse de le rechercher comme une transe de plaisir qui peut nous évanouir. Sommes nous si préparés à cette immersion dans notre corps et dans le corps de l'autre ?

  • La science, tablant sur son objectivité proverbiale, a voulu échapper aux chimères et aux succubes pour définir la monstruosité. Il n'est pas certain qu'elle y soit parvenue. Des monstres onanistes créés par Tissot ou Kellogg en passant par les dégénérés produits par Morel jusqu'à la nouvelle race de « monstres eugénistes » qu'inventeraient les biotechnologies, la science ne manque pas d'imagination pour découvrir des monstres au pas de chaque porte. Ce livre voudrait parcourir le discours sur le monstre issu de la science depuis le XIXe siècle, sans s'interdire de laisser la parole à la fiction, en rappelant que la tératologie intéresse Geoffroy-Saint-Hilaire au moment où Mary Shelley publie Frankenstein.

  • La beauté est-elle si fatale et si aliénante ? Hommes et femmes utilisent désormais leur corps comme un capital non seulement de santé mais aussi de beauté. Ce capitalisme, dont la cosmétique a fait un marché mondialisé, est aussi une économie de soi et une écologie du corps. Se trouver beau est un sentiment subjectif selon l'estime de soi, l'image du corps et la perception de son apparence dans le regard d'autrui. Mais c'est aussi le moyen d'augmenter sa beauté en se transformant et en se trouvant enfin beau. Contre la laideur et la monstruosité, l'humanité est malade de ses images corporelles.

  • Née dès le XIXe siècle, la pin-up est, par excellence, LA représentation érotique et marchande de la féminité dans notre monde de la société de consommation dirigée, elle-même régie par trois principes qui ne laissent pas de se recouper : « sex sells », « sex is for sale », « sex is health ». Ayant subi des métamorphoses successives dans les Années folles, pendant la Seconde Guerre mondiale, puis tout au long des fifties, tantôt elle s'est rapprochée d'autres types comme la flapper ou la media lolita, tantôt elle a engendré de nouveaux modèles de beauté tels la playmate et la bimbo. C'est à l'histoire de ces beautés particulières que s'attache le présent ouvrage.

  • Que pensez d'un corps sur lequel la nature n'a pas repris ses droits ? D'un corps imputrescible ?

    Pour comprendre les mécanismes qui mènent à la préservation naturelle d'une dépouille, il faut tout d'abord saisir ceux qui aboutissent à sa disparition puis, petit-à-petit, observer les variations, parfois infimes, qui détraquent le processus naturelle de décomposition : des corps de saints aux sokushinbutsu en passant par les corps profanes, c'est toute la gamme des interprétations que l'homme fît de ces imputrescibles qui est abordée dans cet opus mystérieux.

  • L'admiration des jeunes beautés est un exercice sans pareil du sens esthétique. Le parfait dilettante en vient ainsi à percevoir du même oeil fripon et savant la rousseur picturale et la blondeur réelle des jeunes et jolies filles qui musardent, en bustier coloré, dans les venelles du Trastevere ou la cohue de Times Square. À les contempler, son regard s'aiguise, et il perçoit mieux que quiconque l'ovale d'un visage, l'éclat mat d'une peau, le charmant tableau que forment des yeux clairs, un nez retroussé, un blond sourire, une coiffure astucieuse, un brouillon de chignon ambré ou de lourdes nattes aux reflets d'incendie, aux couleurs de l'automne ou du Bourbon de Virginie.

  • La peau humaine fascine. Sublime enveloppe, tactile et subliminale, impressionnée et expressive. Vivante, intime, source de tabous, de paradoxes et provocations, la peau figure dans les pratiques sociales les plus archaïques et les plus modernes, des rituels totémiques aux artefacts et oeuvres artistiques.

    À l'ombre des momies, des talismans et des livres en peau de femme, il faut tout l'arsenal d'Éros et Thanatos pour déchiffrer les vivants parchemins, les troublants fétiches.

    Totem et tabou : le thème freudien qui sert ici de guide en filigrane maintient ouverte la voie d'ambivalence.

  • Du livre immaculé, sans aucun mot ni caractère ni quelque autre signe que ce soit, au livre exploitant le concept du vide en son sein, se développe une forme insolite de la littérature. celle du livre, en tout ou en partie, vide. Acte politique, éthique, esthétique voire dadaïste s'il en est un, ce geste de non-écriture ou d'écriture minimale qui résulte du concept du vide (de mots, non de sens) apparaît en ce début XXIe siècle comme LA stratégie du non-dire par excellence pour dire plus. Le livre vide quoi. c'est le moins qu'on puisse dire !

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