Editions Du Canoe

  • Après le succès de La Taupe rouge, voici le célèbre agent Von Stierlitz vingt-cinq ans auparavant sous son patronyme russe : Maxime Issaïev. Avril 1921. La Russie soviétique n'a pas 4 ans. La famine ravage le pays. Un décret de Lénine charge la Direction centrale des Finances de rassembler tous les objets en or, en platine ou en argent, sous forme de lingots ou de bijoux, de diamants, de pierres précieuses ou de perles fines. L'objectif du pouvoir est d'échanger ces joyaux ayant appartenu à l'aristocratie émigrée ou à la famille impériale contre des livraisons de nourriture.

  • L'espion soviétique Von Stierlitz infiltré en Allemagne nazie doit déjouer le complot fomenté par des proches de Hitler qui savent que la guerre est perdue de signer une paix séparée avec les Anglo-Américains dans le dos des Russes pour contrer la menace soviétique.

  • Opération Barbarossa Nouv.

    Le 22 juin 1941, sous le nom de code Opération Barbarossa, l'armée d'Hitler pénètre en URSS par le territoire défini par Himmler comme le maillon faible : l'Ukraine. Stierlitz a pour mission de semer la zizanie entre les extrémistes ukrainiens nationalistes qui se déchirent pour le pouvoir depuis les années 20, prêts à collaborer avec Hitler. Portraits saisissants de Bandera et de Choukhevitch comme de l'ataman Skoropadski, ancien dictateur ukrainien adoubé par les Allemands en 1917. Le roman débute à Paris sur les tentatives de Hannah Prokoptchuk, brillante architecte ukrainienne invitée par Le Corbusier, cousine de Stierlitz, de rejoindre ses enfants restés en Pologne avec son mari dont elle est séparée. Sa recherche désespérée la conduit à être contrainte de collaborer à la conception de bâtiments destinés aux camps de concentration en Ukraine. D'autres destins tragiques défilent dans le roman où l'héroïsme côtoie l'avilissement, l'horreur la tendresse avec une constante humanité.

  • Une plage du Nord du Portugal battue par le vent et la mer. La beauté simple et joyeuse des gens du cru qui vivent au rythme des marées, de l'arrivée des enfants qui viennent pour les vacances en famille, des menus travaux de tous les jours... et puis, soudain, la mort du maître-nageur écorne ce paradis et, de malheur en malheur, le précipite en enfer, celui de la laideur.

  • C'est par ce texte incandescent que Claire Fourier s'est fait connaître. Dans le métro, un homme et une femme se regardent et s'attirent irrésistiblement. Rencontre éblouissante, arrachée à la monotonie des jours, nécessairement sans lendemain. Elle est mariée, lui peut-être aussi. Ils s'aiment sans retenue une après-midi entière puis chacun retourne à sa vie d'avant. Moment miraculeux. Grâce. "J'aurais aimé écrire cela", note Régine Deforges, dans "Le Monde des Livres" de 1996. Je la comprends. Ces lignes n'ont pas pris une ride.

  • Ras Makonnen est envoyé en ambassade par l'empereur d'Ethiopie Hailé Sélassié, auprès du roi du Laos, à Luang Prabang, en Indochine sous domination française pour obtenir protection devant les menaces de guerre de Mussolini sur son pays. Il s'installe dans la cité indolente au bord du Mekong et es toublié de tous tandis que les troupes de Mussolini envahissent Addis Abéba. Dans l'oisiveté où il est réduit, il fait une découverte stupéfiante concernant sa propre histoire, en consultant les archives du palais. Se pourrait-il qu'il soit le fils d'un aventurier du nom de Jean Baudry qui séjourna dans ces contrées ? Et Jean Baudry, n'est-il pas un des pseudonymes de Rimbaud ? Un voyage dans le temps, dans l'Orient d'avant la deuxième guerre mondiale et dans l'imaginaire.

  • Olivia, la narratrice, est voyante au téléphone. Elle travaille pour Resorg-position, entreprise aussi trouble qu'agitée qui fonctionne comme un monde miniature, comme un négatif de notre société. Tous les jours, Olivia, employée appliquée, sincère et généreuse, prédit l'avenir à celles et ceux qui l'appellent : êtres ordinaires, désespérés, drôles ou détraqués, dont une voix au téléphone semble incarner la seule possibilité de vie. Des liens se créent tandis que l'entreprise périclite au rythme des guerres intestines. Comme un asile à voix ouverte, Olivia accueille des bribes d'existence. Tout cela pour 34 centimes la minute.

  • Considéré comme l'un des plus grands poètes vivants, Adonis, né le 1er janvier 1930 à Qassabine au Nord de la Syrie, obtient la nationalité libanaise en 1962 après avoir été emprisonné pour son appartenance au parti nationaliste syrien. Fondateur de plusieurs revues de poésie où il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Sain-John Perse, il cherche le renouvellement de la poésie arabe contemporaine. Après la guerre civile libanaise, il s'établit à Paris en 1985. Les merveilleux poèmes qui accompagnent les photos de Fadi sur la Syrie, pays martyrisé par une guerre sans fin, sont un hymne à la vie.

  • Saga sur l'immigration et l'installation d'une famille juive algérienne en France en 1956 jusqu'à la fin des années 1960. Le héros de l'histoire se nomme Simon. Il vient de Tlemcen, d'une culture orale où l'écrit est réservé à Dieu. Dans son appropriation progressive de la culture française, il s'éloigne au fur et à mesure de son passé, de ses couleurs, de ses accents. Véritable fresque de la France des années 1960, cette saga familiale à la fois drôle et tendre, arrache souvent des larmes.

  • « Je parle d'un tout petit Juif sauvé avec mon père, ma mère et ma soeur par les maquis communistes du Limousin et les habitants de Saint-Léonard-de-Noblat. Ça m'a laissé une dette imprescriptible par rapport à la République » écrit Roland Castro en liminaire de cet essai autobiographique où il raconte sur un ton cash mêlé de gouaille la stupéfiante énergie qui l'a mené à vouloir devenir tout - architecte, écrivain, peintre, philosophe, homme politique, saltimbanque, poète - depuis sa naissance le 16 octobre 1940 jusqu'à aujourd'hui. Et le plus extraordinaire, c'est qu'il a réussi ! N'est-il pas un des architectes français les plus célèbres ? N'est-il pas un penseur de la ville ? N'est-il pas un dessinateur plein d'humour et de fantaisie ? N'est-il pas un combattant politique acharné pour des espaces urbains vivables pour tous ? N'est-il pas un poète qui veut réenchanter le monde ?

  • Déshumanité

    Julien Syrac

    Analyse et pamphlet en forme de bilan de la Modernité. L'Histoire, dit-il, est une "guerre de religions" et le grand mensonge de la Modernité est de l'avoir occulté. Un "esprit romantique" a soufflé sur l'humanité, de Rousseau à Hegel, de Marx aux fascismes, de la passion nationale d'hier à la doxa ultralibérale d'aujourd'hui. Or, cette foi prométhéenne dans l'Histoire est morte dans les charniers du XXe siècle. Il nous en reste notre "religion du changement" et sa passion du révisionnisme historique. A cet "esprit romantique", il oppose "le réalisme", largement disparu auquel il rend hommage à travers quelques figures tutélaires, de Saint-Simon à Houellebecq, en passant par Flaubert et Philipp Roth.

  • Ce livre en contient deux : "Advers" et "Attract obstruct" qui se répondent organiquement. Le premier se veut un "espace sauvage d'expectoration" où le vers procède par saccades et scansions pour se défaire du lyrisme. Logique de rupture qui donne sa voix à un "je" démembré. Le second décline par blocs de discours amoureux les étapes d'une intrigue en suspens... Le texte hésite, pose la question de sa forme, adverse et adversifiée.

  • "L'Ile des morts" fait partie des tableaux qui demeurent un véritable objet de fascination. Le sujet, bien entendu, n'y est pas étranger, comme la localisation controversée du site qui servit de modèle à la composition sans compter le fait qu'il ait été un des tableaux préférés de Hitler. C'est probablement par son attirance pour les îles, que Jean Pichard se voit happé par le mystère de "L'Ile des morts".
    Il ne l'aborde pas en essayiste mais en écrivain en imaginant sa genèse dans la vie d'Arnold Böcklin et, en contrepoint, prolongeant son aura dans celle d'un photographe, Franz Schensky qui fit le portrait d'une autre île un demi-siècle plus tard, Heligoland, dont le destin tragique durant les deux guerres mondiales, vient comme illustrer le célèbre tableau du peintre suisse.

  • Tout écrivain est d'abord un lecteur. Henri Raczymow ne déroge pas à cette règle. Comment exister, trouver sa place dans le catalogue de ces noms auréolés de gloire qui vous ont fait rêver depuis l'enfance ? Où va-t-on quand on commence à écrire ? Est-ce qu'on le sait, comme Ulysse, dont le but du voyage - rejoindre Ithaque - est avoué depuis le départ ? Ou est-ce que, comme Colomb, on croit le savoir même si le lieu où on arrive n'est pas celui qu'on avait prévu de rejoindre ? Et d'ailleurs, pourquoi écrit-on ? Sur un ton qui tient tantôt de la confidence, tantôt du journal intime, Henri Raczymow livre ses interrogations sur sa passion ravageuse de la littérature, ses certitudes de jeunesse, ses doutes d'âge mûr, les destinées imprévisibles, parfois tragiques de ses contemporains dans ce petit milieu pas moins âpre que les autres, où éditeurs, libraires, distributeurs, écrivains jouent, en le sachant ou pas, une partie de poker menteur.

  • « Au-dessus de la page, un poème. En bas, un autre. Entre les deux, entre ciel et terre, le vide de la page, inaltérable : souffle du vide, énergie, par la grâce desquels lettres et images des haïkus scintillent souplement entre elles, s'enlacent, sans se ressembler. Et aussi, au fil des pages, rature, ratage de l'insaisissable, qui rebondissent en « libres reprises » inachevées, pour toucher par un autre bord l'obscur sans nom que le mot passionnément désire serrer. » Extrait de la postface de Ginette Michaux;

  • « Descendre dans le paysage sous la mer. Au fil de la descente, le bleu s'efface, le noir gagne, la parole bavarde pèse sur les poumons, peu à peu il s'agit de se taire, les mots se comptent avec l'air et l'économie des gestes. Au début la profondeur enivre. Celui qui est descendu vers ce non-lieu vagabonde à demi-vivant parmi les voix ? minérale, végétale, animale ? voix multiples du corail, sa respiration devient courte, il est aspiré par l'ivresse de la plongée. D'emblée le monde sous-marin propose un brouhaha aux sons étouffés, une parole grisante, peu audible, puis imperceptiblement l'eau s'impose comme le maître. »

  • Au début du XXe siècle, l'avocat Artur Volny, député sortant, fait campagne pour sa réélection au parlement autrichien. Mais entre la vertu et l'immoralisme de son discours, il se heurte à l'incompréhension tant de ses électeurs qu'à celle de ses camarades de parti. Seules ses filles Irène et Olga le soutiennent. Avec elles, il échange sur la cosmologie, le suicide et la vie après la mort.

  • À l'occasion du 75e anniversaire de la mort de Max Jacob au camp de Drancy, le 5 mars 2019, ultime hommage de Lina Lachgar, poète elle-même, et qui est aussi une des plus ferventes admiratrices et connaisseuses de l'oeuvre jacobienne.

  • Essai sur un artiste chinois contemporain originaire de Taïwan. Après une introduction nourrie sur les courants d'art à Taïwan et un bref rappel historique des événements marquants qui ont jalonné l'histoire de l'île, Christophe Comentale analyse les spécificités de l'art de Yuan Chin-Taa. Celui-ci mêle art populaire apparenté à l'art brut de Dubuffet et la culture des peintres lettrés traduite dans une passion pour le livre qu'il transforme en installations et en objets sur des thèmes séculaires de la Chine ancienne : "Classique des montagnes et des mers", "Classique du thé", "De la pharmacopée chinoise".

  • Carnets échelonnés entre 2012 et 2015 où le poète Michel Bulteau, qui fut le premier découvreur de Michel Houellebecq, nous livre sa "matière de poèmes". Deuils, nostalgies, réminiscences, lieux d'enfance, livres aimés, écrivains, peintres des deux côtés de l'Atlantique, musique rock, balisent son territoire intérieur d'où le poème surgit soudain.

  • De Hanoï à l'ancienne Saïgon, l'actuelle Ho-Chi-Minh-Ville, une traversée du passé au présent dans des villes et des paysages immémoriaux dont des pans ont échappé aux ravages des millions de litres de l'Agent Orange qu'ont déversé les Américains durant la sale guerre.

  • Autodidacte dans l'exploration de la culture chinoise, le peintre et écrivain Claude Margat répond aux questions que lui pose Olivier Desgranges sur la peinture de paysage, la découverte de la nature et du véritable soi, ce que signifie le Dao, comment appréhender le temps qui n'existe pas, l'espace, vastitude illimitée et passage, ce que veut dire le "wu wei" ou le non-agir...

  • Évocation sous forme d'un récit biographique, entrecoupé de réflexions sur le temps présent, de la figure de Damiens qui fut accusé de régicide en 1757 sur le roi Louis XV et écartelé à Paris en place de Grèves.

  • Sept histoires qui mettent en scène des photographes célèbres ou en devenir, parmi lesquels Julia Margaret Cameron, Cartier-Bresson, Doisneau, Gisèle Freund ou Lartigue, illustrent la subjectivité de tout regard, une construction de l'esprit dont le partage collectif renferme une part de paranoïa, de délire et de falsification.

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