Kime

  • Le réel de la poésie

    Corinne Bayle

    • Kime
    • 17 Mai 2019

    Le « réel de la poésie » : la proposition interroge le réalisme forcené de notre époque, sa prétention particulière de définir la réalité en supposant que la poésie n'y joue aucun rôle, dissociée des « choses telles qu'elles sont », en un mot, étrangère à la vie réelle.
    Que peut la poésie ? Depuis le Romantisme, elle s'interroge sur elle-même et sur sa valeur dans un monde qui n'a rien à faire d'elle ; le poète poursuit son questionnement des mots en attente de soulèvement du réel. Il refuse compromission ou capitulation. Il rêve d'une parole poétique performative, d'une poésie « en avant ».
    Qu'est-ce que l'effectivité de la poésie ? Comment s'articule-t-elle à ce qui est apparemment tout à fait en dehors de son langage? Que répond-elle au réalisme qui prescrit, veut définir ou désire prescrire ce qu'est le réel en dehors du langage ?

  • Présence de jaccottet

    Pierre Jourde

    • Kime
    • 13 Mars 2007

    Voilà un demi-siècle, que Philippe Jaccottet assume la tâche poétique d'un porte-voix.
    Par ses traductions, ses textes critiques essaimés dans ses différents carnets ou rassemblés en volumes, par ses écrits poétiques, il déplace et vivifie sans relâche les genres littéraires. De texte en texte, croisant les voix d'auteurs multiples, Jaccottet suscite, dans son phrasé propre - vers et prose conjugués - des polyphonies neuves, et aménage ce faisant les voies à venir de " transactions secrètes ".
    D'année en année, l'écriture de Jaccottet redessine la figure absentée, et d'autant plus exemplaire, du poète. On trouvera dans ce recueil des analyses portant sur tous les aspects de l'oeuvre de Philippe Jaccottet, le poète, le traducteur, le prosateur, le critique.

  • L'étrangement du voyageur

    Jean-Xavier Ridon

    • Kime
    • 9 Février 2018

    L'étrangement du voyageur analyse des textes et des films qui tentent de remettre en question le discours traditionnel du voyageur occidental. Si le voyageur reste ici le maître de la représentation de l'autre, il n'est pas totalement l'architecte de son étrangeté. Dès lors, l'étrangement représente le lieu de ce glissement possible où le voyageur perd le pouvoir de dire l'autre et où émerge la possibilité qu'il soit lui-même représenté par l'autre.
    L'étrangement ne désigne pas tant le fait que le voyageur apparaît déjà comme étranger à ceux qu'il visite que la manière dont cette étrangeté est amenée à changer de nature. C'est donc le mouvement d'une forme d'étrangeté à une autre qui constitue l'essentiel de cette analyse. L'étrangement se définit ainsi dans les fissures d'un système culturel et social dominant, dans les lieux où les voyageurs se déplacent afin de rendre visible ce qui ne peut l'être.
    L'étrangement est de ce fait inséparable d'un discours critique qui dénonce les forces de disparition liées à une certaine modernité ou à des politiques d'effacement et de mise en silence de ceux et celles qui ne se conforment pas à une culture dominante.

  • Cette étude procède d'une interrogation sur le geste presque anodin mais néanmoins persistant qu'est la dédicace dans notre culture littéraire.
    Dédier une oeuvre, c'est avant tout s'acquitter des circonstances qui l'ont autorisée.
    Par l'offrande qu'un auteur fait à l'ami, au parent, au maître, au mécène ou peut-être à nous-mêmes, lecteurs, l'écriture reconnaît qu'elle est fragile, mortelle et qu'elle a des comptes à rendre. Mais il faut se garder de prendre l'hommage dédicatoire pour argent comptant. Sous l'ancien Régime, les auteurs les plus habiles savaient tirer de leurs dédicaces des effets de sens aussi audacieux qu'insoupçonnés.
    Ainsi se jouait-on de certains lecteurs pour mieux en courtiser d'autres. L'auteur réintègre ici les Essais de Montaigne, Le Roman comique de Scarron, et Les Bijoux indiscrets de Diderot à partir du détour dédicatoire. Démarche qui permet de saisir ce qu'en son temps, leur écriture avait de plus novateur.

  • Espoir de la droite cléricale, surpris dans un urinoir avec un garçon, le comte de Germiny voit sa carrière brisée.
    Aspects policiers, judiciaires, politiques, littéraires (Flaubert, Maupassant, Proust) d'un prélude aux affaires Wilde et Clinton.

  • Madame d'Aulnoy et le rire des fées

    Jean Mainil

    • Kime
    • 15 Mars 2001

    De la conteuse la plus populaire du règne de Louis XIV, le grand public ne connaît plus aujourd'hui que quelques titres. Et pourtant, dès 1690, Marie-Catherine d'Aulnoy, romancière adulée et aristocrate à la réputation sulfureuse, inaugurait le genre du conte de fées littéraire. La cour entière, les salons et la capitale s'entichent alors de ses héroïnes et de leurs aventures. En France comme à l'étranger, sa popularité restera constante pendant deux siècles, parmi l'élite littéraire comme dans la population rurale.

  • Logiques et écritures de la négation

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    • Kime
    • 30 Novembre 2000

    En articulant les problématiques de la subjectivité et du langage à celle de la négation originaire, Freud a mis en lumière une dimension constitutive de toute énonciation, notamment littéraire.
    Si cette découverte a été prise en compte par les théoriciens de la littérature (comme en témoigne par exemple l'association, aujourd'hui stéréotypée, entre écriture et négativité), ceux-ci n'ont pas pour autant mesuré toute la complexité de l'apport freudien. Car Freud distingue en fait plusieurs logiques de la négation, qui définissent chacune un rapport précis du sujet au langage n'est-on pas tenu, dès lors, d'admettre que le geste de l'écriture, entendue comme énonciation singulière, peut relever de différents modes d'appropriation du langage ?
    Il y a là un point opaque du discours contemporain sur la littérature, que les auteurs du présent ouvrage interrogent à un double niveau.
    D'une part, parcourant les écrits de Freud, Lacan, Derrida et Blanchot, ils analysent les différentes fonctions conférées au concept de négation et leurs implications dans le champ de la théorie littéraire. D'autre part, au travers d'études spécifiques consacrées à Claudel, Baillon et Ponge, ils révèlent que diverses logiques de la négation régissent les écritures de ceux-ci, et démontrent, ce faisant, que la dimension de la négation peut reconduire au coeur même de l'énonciation littéraire.

  • M. Myself ou la vie de Stendhal

    Michel Crouzet

    • Kime
    • 16 Mai 2012

    Des découvertes stendhaliennes les plus récentes ; elles concernent la période impériale, le travail de l'auditeur au Conseil d'État est maintenant mieux cerné, et la période consulaire, dont un aspect capital a été négligé : le malheur profond de Stendhal, victime sans doute de la malveillance et de la bêtise de la Monarchie de Juillet.
    Cette nouvelle version s'efforce aussi de tenir compte avec plus de cohérence du principe héroïque qui soutient la vie même de Stendhal. "La vie d'un homme est son image", a dit Gide en 1892, "l'écrivain doit non pas raconter sa vie telle qu'il l'a vécue, mais la vivre telle qu'il la racontera" ; sa vie est "le portrait idéal qu'il souhaite". Stendhal a-t-il jamais pu lui-même faire le récit de sa vie sans la romancer, sans l'élever à un certain niveau de tension romanesque ? Il faut bien admettre que sa vie doit être considérée comme son premier roman.
    Romancier au nom d'un romanesque premier, spontané, il est son premier personnage de roman, il invente des personnages conformes à son désir. Que veut-il ? Être soi, l'Unique soi-même, l'homme différent qui fonde l'héroïsme proprement moderne de la particularité absolue et du Moi pur : à la fois public et visible et déjà légendaire de son vivant, et caché par ses multiples visages, ses rôles variés à l'infini, ses réincarnations qui ont fait de lui une énigme.
    Qu'est-il encore, sinon l'homme du désir, l'éternel amant, son existence et son oeuvre sont une immense et continuelle déclaration d'amour ; et toutes celles ou presque qui ont été faites par cet homme dont l'Éros a fait le destin et l'inspiration, furent ratées.

  • Rire et colère d'un incroyant

    René Pommier

    • Kime
    • 16 Mai 2012

    Livre : si les croyances religieuses, particulièrement celles de la religion chrétienne qui, en matière de fariboles rocambolesques, a fait preuve d'une inventivité tout à fait phénoménale, le font souvent pouffer de rire, elles le font aussi, et plus souvent encore, étouffer de colère, surtout lorsqu'elles prétendent exiger qu'on les respecte.
    Ce livre constitue donc d'abord et surtout une vigoureuse défense du libre examen. Si un chrétien, un juif ou un musulman ont le droit de dire tout le bien qu'ils pensent de leurs religions respectives et notamment de prétendre qu'elles ont été instituées par Dieu, les incrédules, nous dit René Pommier, doivent avoir le droit de dire tout le mal qu'ils en pensent, eux, et notamment d'affirmer qu'elles sont une insulte à l'intelligence humaine.
    Les premiers ont le droit de nous présenter leurs croyances comme des vérités éternelles et divines ; les seconds doivent avoir le droit de les regarder comme un tissu de stupidités anachroniques et de le dire sans ménagement.

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