Littérature traduite

  • Malgré leurs différends sur bien des sujets, Dewey et Russell s'accordent sur ce que ce dernier appelait la conception humaniste, issue des Lumières, selon laquelle l'éducation ne consiste pas à remplir un contenant mais, bien plutôt, à accompagner l'éclosion d'une plante (en d'autres termes, à préparer le terrain où fleurira la créativité). En cela, ils sont les héritiers de l'esprit du XVIIIe siècle. Dewey et Russell comprennent également ce que ces idées directrices des Lumières et du libéralisme classique ont de révolutionnaire à leur époque, dans la première moitié du XXe siècle. Mises en application, ces idées pourraient former des êtres libres, qui n'auraient pas pour valeurs l'accumulation et la domination, mais la libre association en termes d'égalité, de partage et de solidarité, et qui coopéreraient en vue d'objectifs communs et démocratiques.

  • Les livres sont notre mot de passe pour devenir plus que nous ne sommes.
    Leur capacité de produire cette transcendance a suscité des discussions, des allégorisations et des déconstructions sans fin. la rencontre avec le livre, comme avec l'homme ou la femme, qui va changer notre vie, souvent dans un instant de reconnaissance qui s'ignore, peut être par hasard. le texte qui nous convertira à une foi, nous ralliera à une idéologie, donnera à notre existence une fin et un critère, pouvait nous attendre au rayon des occasions, des livres défraîchis, des soldes.
    Il peut se trouver, poussiéreux et oublié, sur un rayon juste à côté du volume que nous cherchons. g. s.

  • Du suicide

    Léon Tolstoï

    Point final dans l'oeuvre de Tolstoï, Du suicide fut rédigé en 1910, quelques mois avant sa mort.
    Il revient une fois encore, avec un ton violent et dépouillé des artifices du style, sur cette question qui l'a souvent hanté. Dans ce texte, Tolstoï répond à de nombreux correspondants, candidats au suicide, qui s'adressent à l'écrivain devenu à l'époque un sage connu dans le monde entier. Tolstoï écrit ce texte pour dénoncer la folie du monde, et son analyse relie constamment la question politique à la problématique personnelle.

  • De nos jours, la plupart de ces miséreux sont des pauvres qui vagabondent sans besace, jeunes pour la plupart, et qui ne sont pas infirmes.
    Ils sont tous dans l'état le plus pitoyable qui soit, pieds nus, en guenilles, décharnés, tremblant de froid. On leur demande : " Où allez-vous ? " Et la réponse est presque immuable : " Chercher du travail " ou "J'ai cherché du travail, mais je n'en ai pas trouvé, je rentre chez moi. Il n'y a pas de travail, partout on ferme les entreprises. "

  • - faites de moi ce que vous voudrez.
    Je me suis sûrement trompé sur votre compte. il y a un long silence. puis : - j'ai cru que vous accepteriez avec plaisir celui qui vient vous proposer son aide, une pauvre aide que la mienne, mais qui ne peut que vous rendre service. moi, que la révolution triomphe ou pas, qu'est-ce que j'y gagne ? au fur et à mesure qu'il parle, il s'anime et la lassitude de son regard disparaît par instants. - la révolution profite au pauvre, à l'ignorant, à celui qui toute sa vie a été esclave, aux malheureux qui ne savent même pas que, s'ils le sont, c'est parce que le riche fait de l'or sur les larmes, la sueur et le sang des pauvres.
    - bah. qu'est-ce que ça vient faire ?. moi, les sermons, j'en ai rien à cirer ! s'écrie pancracio.

  • Fraises

    Joseph Roth

    ?Dans ce texte de 1929, roman inachevé inspiré de son enfance, Joseph Roth met en scène un « chevalier d'industrie » qui revient sur ses jeunes années. Évocation d'une petite ville d'un pays de l'Est où beaucoup d'habitants vivent du commerce du houblon, d'une vie parfois rude, d'une famille de huit enfants et d'un père absent et ivrogne, ce texte est cependant empreint d'humour et de poésie. Le lecteur y croise des personnages haut en couleurs : monsieur le Comte, Pantaleymon, voleur battu par sa femme. La part autobiographique de ce fragment qui rappelle l'enfance de l'auteur à Brody, en Galicie, est indéniable.

  • Cet écrit - le titre le révèle - est avant tout un délassement, une tache de lumière, un bond à côté dans l'oisiveté d'un psychologue. Peut-être est-ce aussi une guerre nouvelle ? Et peut-être y surprend-on les secrets de nouvelles idoles ?... Ce petit écrit est une grande déclaration de guerre ; et pour ce qui en est de surprendre les secrets des idoles, cette fois-ci ce ne sont pas des dieux à la mode, mais des idoles éternelles que l'on touche ici du marteau comme on ferait d'un diapason, - il n'y a, en dernière analyse, pas d'idoles plus anciennes, plus convaincues, plus boursouflées... Il n'y en a pas non plus de plus creuses. Cela n'empêche pas que ce soient celles en qui l'on croit le plus ; aussi, même dans les cas les plus nobles, ne les appelle-t-on nullement des idoles...

  • Ce n'est certainement pas un hasard si ce texte, baptisé en allemand « Streitschrift » (littéralement : « texte de controverse »), est venu sous la plume de Wolfgang Sofsky en ce début de deuxième décennie du xxie siècle. Ce sociologue important, auteur de plusieurs ouvrages majeurs sur l'univers concentrationnaire et la violence, discerne dans les pratiques de surveillance de notre époque, et plus encore dans les motivations de ceux qui les mettent en place, une menace réelle et immédiate contre la liberté des citoyens, y compris dans les démocraties qui semblent les plus solides.
    Il dresse au début de son ouvrage un inventaire assez glaçant des mesures d'observation ou d'espionnage auxquelles chacun de nous est exposé dans ses actes les plus quotidiens.
    [...] Un maillage dense de surveillance de l'individu se met en place, susceptible, à tout moment de se refermer sur lui comme un filet, d'autant plus que chaque progression de la surveillance suscite de nouveaux interdits, et donc de nouvelles techniques de répression.

  • Dans une isba perdue au fond de la campagne russe, un sacristain et son épouse mènent une vie d'autant plus misérable que l'époux, pathologiquement jaloux de sa femme, la soupçonne d'être une sorcière au point de pouvoir ordonner au ciel d'engendrer des tempêtes aux seules fins d'obliger les hommes à passer la nuit chez eux. Ses tourments sont à leur paroxysme lorsque deux misérables postiers perdus dans la tempête viennent leur demander secours.

  • Les pauvres, les membres des minorités raciales ou religieuses, les hommes et femmes non orthodoxes, ne partagent que de façon limitée les bonheurs de leur pays, supportent la charge du déclin économique, sont exclus des meilleures écoles et des meilleurs emplois et portent en eux, en tout lieu, le stigmate de l'échec.
    Nous reproduisons ainsi les exclusions internes de l'ancien monde : certains membres de la communauté sont dominés, sans pouvoir, sans emploi, marginalisés. Nous ne savons pas exactement comment dénommer ces personnes : les dépossédés, le quart-monde, les populations défavorisées, les exclus, les démunis. Cette confusion relative à leur qualification reflète une gêne plus profonde concernant leur existence.

  • « Si vous autres, fumiers de Nord-Américains, vous avaliez pas toutes ces drogues, si vous vous jetiez pas dessus comme des chiens enragés, toute cette fosse à purin s'assécherait du jour au lendemain. Fini les feuilles de coca. Fini les labos dans la jungle. Fini les passeurs, fini les mules qui trimballent des sacs de marchandises après avoir passé la frontière. Fini le bain de sang à Medellin. Kaput. Nada, mon jeune ami. Pigé ? » Warren surprit comme une odeur de caoutchouc brûlé dans l'haleine de l'Informateur. « Pigé, le scribouillard ? Foutus Amerloques ! Ils prêchent, vous demandent des excuses pendant qu'ils sniffent de l'héroïne à plein nez.

  • Les logocrates

    George Steiner

    Le point de vue "logocratique" est par définition ésotérique.
    Il radicalise le postulat de la source divine, du mystère de l'incipit dans le langage de l'homme. il part de l'affirmation suivant laquelle le logos précède l'homme, que " l'usage " qu'il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. dans cette optique, l'homme n'est pas le maître de la parole, mais son serviteur. il n'est pas le propriétaire de "la maison du langage", mais un hôte mal à l'aise, voire un intrus.
    La pierre de touche de la position logocratique, notamment dans ses habits modernes, est le recours canonique à deux textes. le premier est le cratyle. le logocrate souscrit soit intuitivement soit en vertu d'une réflexion aux mots et aux sens. les mots ne sont pas les jetons arbitraires de saussure. ils désignent et donc définissent la quiddité des êtres. le second est l'énigmatique fragment sur le logos auquel diels a assigné le numéro un de son édition des fragments d'héraclite.
    Il semble parler de l'octroi du logos à l'homme, de la présence et du présent dans le logos de "tout ce qui est là", mais aussi de l'incapacité dans laquelle se trouve l'ordre commun de l'humanité d'appréhender le logos dans sa plénitude de l'être.

  • M.
    Lacordaire était mis mieux que pour un dimanche. Il avait aux mains des gants en chevreau glacé beurre frais. Son habit, s'il n'était pas neuf, paraissait plus neuf que tous ceux que Mrs Thompson avait remarqués jusqu'à présent et il était entièrement doublé de soie. Ses bottines en cuir verni luisaient de façon beaucoup trop voyante, estima-t-elle. Quant à son couvre-chef, il était évident qu'il avait quitté le matin même la forme du chapelier [...].
    Cela n'eût pas prêté à conséquence si le propriétaire et sa femme ne s'étaient pas trouvés là, eux aussi, ainsi que le cuisinier, les quatre serveurs et la femme de chambre. [...] Et puis soudain Mimmy traversa la cour, vêtue de sa plus jolie robe, arborant un air de fête que sa mère aurait aimé lui faire passer à coups de martinet. Mais quelle importance, après tout ? [...] Qu'ils en fassent donc des gorges chaudes ; s'il était possible d'acquérir un bon mari pour si peu, ce ne serait vraiment pas cher payé.
    Ils se mirent en route, avec presque autant de cérémonie que pour un mariage.

  • Alessandro Spina " Écrivain italien " né en 1927. Il a longtemps vécu en Afrique du Nord (Libye), qui a fourni la matière essentielle de son oeuvre. Il s'est d'abord fait connaître par des nouvelles publiées dans Paragone. Son premier roman Tempo e Corruzione parut en 1962 chez Rusconi. A la sortie des Noces d'Omar (1973), Claudio Magris Écrivait dans Corriere della sera : " Par sa prose transparente et dense d'Échos, Spina rÉussit à rendre le déroulement du destin de ses figures, les fils multiples qui se nouent entre elles, leurs combats masqués, le dédale incertain de leurs mouvements ". Le Prix Bagutta qui a couronné son oeuvre romanesque en 2007 a suscité beaucoup d'Échos en Italie et sorti cet Écrivain du cercle Élitiste où il paraissait confiné. Il vit retiré près de Brescia.

    Les deux nouvelles présentées ici évoquent la même réalité historique, mais elles furent Écrites à des dates diffÉrentes. La première, Juin 40, fut d'abord publiée en revue (1960), puis reprise dans un recueil Histoire d'officiers (Mondadori, 1967). La nouvelle décrit le cercle des officiers italiens de Benghazi à la veille du déclenchement de la Seconde guerre mondiale, qui marquera la fin de la colonisation italienne. Le protagoniste est un lieutenant italien, au naturel tourmenté, que l'idée du suicide obsède. C'est à propos de ce conte que Cristina Campo Écrivit à l'auteur " J'ai surtout "été troublée par ce fond de grâce, de liberté et d'horreur ", inaugurant une correspondance croisée qui vient d'être publiée par Morcelliana (2007).

    La seconde, Quand la forêt se mit en marche, l'un des derniers Écrits de Spina, parut en 2006. Si son action se situe au même moment que celle de la première, elle offre une plus ample perspective. Le héros, propriétaire d'un grand domaine agricole, fait le bilan de sa propre vie et y mêle celui de la présence italienne en Libye, par le biais d'une lettre à un ami.

    Ces deux nouvelles font partie d'un vaste cycle narratif qui décrit la province orientale de la Libye, depuis la conquête coloniale italienne de 1911, toile de fond dramatique du roman inaugural (Le Jeune Maronite, 1971), jusqu'à l'indépendance de l'Etat libyen. Le dernier roman, La rive de la vie mineure, se déroule dans les années 60 et décrit les derniers soubresauts du royaume qui affronte la modernité et tâche de préserver ses traditions. Il présente l'originalité d'avoir comme protagoniste un jeune Français qui découvre le mal d'Afrique. I confini dell'ombra, l'édition définitive du cycle, est parue en 2006, et c'est elle qu'a couronnée le Prix Bagutta.

  • Elle avait été une enfant espiègle et vive : sautant, criaillant, couraillant, se carapatant, poursuivie par Loreta et Dominga qui, les jours fériés, la menaient après la messe de onze heures voir les funambules de la place de San Juan de Dios. Elle savait dire ses prières, faire la révérence aux grandes personnes et donner des ordres aux domestiques, mais elle n'avait pas encore appris à lire ni à écrire quand un jour, après une fête de famille où circulèrent à foison biscuits, galettes, brioches, pets de nonne et chocolat à la vanille, on la conduisit chez les bonnes soeurs, épouser le Seigneur. Six serviteurs portaient son trousseau dans les rues curieuses : les habitants sortaient sur le pas des portes pour la regarder, lui faisaient adieu de la main, versaient une larme. M.Vargas Llosa

  • Identité

    Zygmunt Bauman

    Nous assistons au passage d'une phase " solide " à une phase " liquide " de la modernité.
    A l'état liquide, rien n'a de forme fixe, tout peut changer. Dans un environnement fluide, faut-il s'attendre à une inondation ou à une sécheresse ? Mieux vaut se tenir prêt pour l'une comme pour l'autre. Les structures, si tant est qu'il y en a, ne tiendront plus longtemps. Elles finiront elles aussi par prendre l'eau, se liquéfier, suinter, et fuir. Les autorités aujourd'hui révérées seront demain tournées en dérision, méprisées et huées, les célébrités seront oubliées, les idoles à la mode ne survivront plus que dans les jeux télévisés, les nouveautés seront mises au rancart, les causes éternelles seront abandonnées pour d'autres causes tout aussi éternelles, les puissances indestructibles tomberont aux oubliettes, les palais et les banques seront engloutis par d'autres plus grands encore ou finiront tout simplement par disparaître, les actions à la hausse seront dévaluées, les brillantes carrières déboucheront sur une voie de garage.

  • Ce Carnet contient deux nouvelles : Ligeia et Bérénice qui ont en commun la fascination du poète - alors à l'apogée de son style noir gothique - pour la beauté féminine, le mariage et la mort.

    « Une nuit, vers la fin de septembre, elle pressa ce sujet de détresse sur mon attention avec plus d'emphase que d'habitude. Elle venait juste de se réveiller d'un sommeil inquiétant, alors que j'observai, avec des sentiments à moitié d'anxiété, à moitié d'une vague terreur, les labeurs de son visage émacié. Je m'assis à côté de son lit d'ébène, sur l'un des ottomanes d'Inde. Elle se redressa à demi, et parla, dans un grave et bas murmure, de bruits qu'alors elle entendait, mais que je ne pouvais pas entendre - de mouvements qu'alors elle voyait, mais que je ne pouvais pas percevoir. »

  • En 1815, lors d'une soirée entre gens de la haute société, le Marquis d'Urfé raconte l'histoire macabre qu'il a personnellement vécue une cinquantaine d'années plus tôt : sa rencontre avec une famille de paysans serbes sous la menace d'un vourdalak (vampire).

  • La cupidité et la peur restent les principaux ressorts du marché. Même quand nos préoccupations dépassent notre petite personne, le marché nous rend avides et peureux en nous présentant nos concurrents comme d'éventuelles sources de profit ou comme des menaces à notre réussite. On a beau être blasés par des siècles d'accoutumance à la civilisation capitaliste, quelle triste façon d'envisager autrui ! Ce n'est évidemment pas au capitalisme que l'on doit l'invention de la cupidité et de la peur : ces sentiments sont profondément ancrés dans notre nature humaine. Mais, à la différence de la civilisation féodale qui l'a précédé et qui avait la délicatesse (chrétienne ou autre) de condamner la cupidité, le capitalisme en fait l'apologie.
    G.A. C.

  • Dans ces lettres destinées à Allen Ginsberg publiées en 1953, Burroughs conte les incidents qui l'ont amené à découvrir à travers la jungle de la haute Amazonie la drogue du Yage, employée par les médecins-sorciers indiens pour retrouver les objets perdus, les corps et les âmes. Sept ans plus tard, Ginsberg lui écrit et décrit ses propres terreurs et visions après avoir employé la même drogue.

  • Certains naïfs croient que la peur de la mort motive ou explique la peur de l'avion. C'est inexact : la peur de l'avion est la peur de l'avion, non de la mort, une peur aussi particulière et aussi spécifique que la peur des araignées, du vide, des chats, trois cas fréquents parmi les exemples qui composent la vaste panoplie des phobies humaines. La peur de l'avion se manifeste quand un être non dépourvu d'imagination et de sensibilité prend soudain conscience de se trouver à dix mille mètres d'altitude, de traverser les airs à mille kilomètres à l'heure et se demande " mais qu'est-ce que je fais là ? " Et se met à trembler. Cela m'est arrivé après avoir passé des années à monter et descendre d'avion comme on change de chemise. Longtemps j'ai continué à grimper dans ces bolides aériens, couvert de sueur froide, surtout quand les turbulences commençaient à nous secouer. M.Vargas Llosa

  • Le plus beau, dans mon terrier, c'est son silence.
    Silence trompeur, cependant. Il peut se briser d'un seul coup : alors tout sera terminé. Pour l'instant, il est encore là. Je peux passer des heures à me faufiler dans mes galeries sans rien entendre d'autre que, parfois, le froufroutement d'un petit animal quelconque que je ramène aussitôt au calme entre mes dents, ou le ruissellement de la terre qui m'annonce la nécessité d'une réparation ; pour le reste, le silence règne.
    Le vent porte à l'intérieur le parfum de la forêt, il fait chaud et frais à la fois. Parfois je m'étire et je me roule d'aise dans la galerie. Qu'il est beau d'avoir pareil terrier à l'approche du grand âge, d'avoir un toit au-dessus de la tête lorsque commence l'automne ! Tous les cent mètres, j'ai élargi les galeries pour y loger de petites places rondes, je peux m'y lover à mon aise, jouir de ma propre chaleur et me reposer.
    J'y dors du doux sommeil de la paix, du désir assouvi, de l'objectif atteint - posséder son chez-soi.

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