Sciences humaines & sociales

  • Et si j'entame du texte de Lafargue était le secret du succès jamais démenti mais ambigu de ce Droit à la paresse ?

    «Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie est l'amour du travail.

    Et si Le Droit à la paresse était beaucoup plus qu'un pamphlet superbement écrit ? S'il contenait une compréhension essentielle de la transformation nécessaire et actuelle de nos sociétés à travers la nature même du travail productif ?

    Oui, la paresse est la mère de toutes les vertus, car elle est ce par quoi l'homme cherche à économiser ses forces, à surmonter ses déceptions. C'est elle qui lui fait inventer des organisations sociales, révolutionner des techniques, imaginer des cultures. Cela, toutes les idéologies de la performance, de la réussite individuelle ou du productivisme ne parviendront jamais à l'effacer.

  • Malgré leurs différends sur bien des sujets, Dewey et Russell s'accordent sur ce que ce dernier appelait la conception humaniste, issue des Lumières, selon laquelle l'éducation ne consiste pas à remplir un contenant mais, bien plutôt, à accompagner l'éclosion d'une plante (en d'autres termes, à préparer le terrain où fleurira la créativité). En cela, ils sont les héritiers de l'esprit du XVIIIe siècle. Dewey et Russell comprennent également ce que ces idées directrices des Lumières et du libéralisme classique ont de révolutionnaire à leur époque, dans la première moitié du XXe siècle. Mises en application, ces idées pourraient former des êtres libres, qui n'auraient pas pour valeurs l'accumulation et la domination, mais la libre association en termes d'égalité, de partage et de solidarité, et qui coopéreraient en vue d'objectifs communs et démocratiques.

  • Élisée Reclus fut d'abord un grand géographe, l'un des plus éminents de son temps. On lui doit une « Une nouvelle géographie universelle », en 19 volumes, qui fit longtemps autorité et qui lui valut, à l'instar de Pasteur, une gloire universelle. Il fut également anarchiste. Il le proclama urbi et urbi. Ce qui lui valut divers inconvénients, dont la prison et le bannissement (il mourra à Bruxelles). Après la proclamation de la Commune, le 18 mars 1871, il s'engagera comme volontaire dans la Garde Nationale et sera fait prisonnier, le fusil à la main, par les Versaillais. Il était géographe et anarchiste, pour les mêmes raisons. Ce qui peut paraître paradoxal. Comme Pierre Kropotkine, qu'il préfaça, son communisme libertaire se nourrit de la science. C'est l'étude rationnelle des sociétés humaines, de l'aménagement de l'espace, de la production et de la distribution des ressources qui justifie son adhésion aux idéaux anarchistes. Il est anarchiste par réalisme. Il y voit, à la fois, la conséquence nécessaire et inévitable de la révolution sociale et l'aboutissement de ses recherches sur la vie effective des hommes à la surface d'une planète qu'il parcourra inlassablement.

  • Description et analyse de l'attaque en 1871 par les troupes de Thiers des membres de la Commune de Paris, et réflexion du philosophe sur les modalités de la prise du pouvoir.

  • en toute chose, rosa luxemburg répugnait à la tiédeur.
    s'emparant d'un fait divers (l'empoisonnement mortel d'une centaine de miséreux par de la nourriture avariée, dans un asile de nuit berlinois), rosa luxemburg dénonce, avec verve et passion, la logique d'un système qui assure dans le même temps la prospérité indécente d'une poignée de privilégiés et jette dans la misère noire une frange croissante du peuple. c'est un certain ordre social qui assassine.
    c'est l'indifférence générale qui en couvre les forfaits. un texte d'une actualité brûlante. " brusquement le spectre horrible de la misère arrache à notre société son masque de correction et révèle que cette pseudo-honorabilité n'est que le fard d'une putain. brusquement sous les apparences frivoles et enivrantes de notre civilisation, on découvre l'abîme béant de la barbarie et de la bestialité.
    " (1912) les "lettres de ma prison" sont adressées à sonia liebknecht, la compagne de karl liebknecht.

  • L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir " échoué ", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.

  • Le cheminement du désir n'est point rectiligne. Il emprunte des tangentes, il esquisse des triangles, il s'enfonce dans des cercles vicieux. Dans les essais réunis ici par Mark Anspach et présentés pour la première fois en France, René Girard montre que les plus grands écrivains sont aussi des géomètres du désir.
    Chez Chrétien de Troyes, Dante, Racine ou Marivaux, le jeu de l'amour ne doit rien au hasard mais obéit à des lois implacables qui s'éclairent à la lumière de l'hypothèse mimétique. La coquette, le masochiste, le Don Juan, le voyeur, tous se laissent entraîner dans un ballet fascinant dont la chorégraphie leur échappe.
    Tantôt léger, tantôt grave, toujours perspicace et iconoclaste, l'auteur de Mensonge romantique et vérité romanesque apporte avec ce volume un nouveau volet à sa fresque historique de l'amour en Occident.
    L'introduction est signée de Mark Anspach, auteur du Carnet OEdipe mimétique paru en avril 2010 et directeur du Cahier Girard publié en 2008.

  • Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective. Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres. La première fin, et, en dernière analyse, l'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration.
    S'il ne l'est pas en fait, c'est seulement parce que ceux qui l'entourent ne le sont pas moins que lui. Il est douteux qu'on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques.

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  • Non point envisager la crise à partir d'une situation supposée normale, dont elle serait le dérèglement. Ce à quoi se sont attachés, peu ou prou, la plupart des économistes et autres sociologues. Mais, la penser dans une perspective anthropologique, à partir de l'homme lui-même, conçu comme « animal crisique » ; c'est-à-dire, comme un tissu de contradictions qui est la source, à la fois, de ses échecs, de ses réussites, de ses inventions et aussi de sa névrose fondamentale (qui est une réponse à une angoisse, une menace, un conflit). La crise n'est pas une faille, elle n'est pas davantage un symptôme, elle est un accroissement du désordre et de l'incertitude, qui peut se résoudre soit par le retour à une situation antérieure, soit ce qui est le plus courant, par la recherche de situations nouvelles, qui peuvent être tantôt imaginaires ou mythologiques, tantôt pratiques et créatrices. Un texte novateur qui a une portée à la fois philosophique et politique

  • " leur destinée.
    - beauté passagère. - précocité, limites de leur intelligence [...]. le seul aspect de la femme révèle qu'elle n'est destinée ni aux grands travaux de l'intelligence, ni aux grands travaux matériels [...]. ce qui rend les femmes particulièrement aptes à soigner, à élever notre première enfance, c'est qu'elles restent elles-mêmes puériles, futiles et bornées ; elles demeurent toute leur vie de grands enfants, une sorte d'intermédiaire entre l'enfant et l'homme [...].
    ce qui distingue l'homme de l'animal c'est la raison ; confiné dans le présent, il se reporte vers le passé et songe à l'avenir : de là sa prudence, ses soucis, ses appréhensions fréquentes. la raison débile de la femme ne participe ni à ces avantages, ni à ces inconvénients ; elle est affligée d'une myopie intellectuelle qui lui permet, par une sorte d'intuition, de voir d'une façon pénétrante les choses prochaines ; mais son horizon est borné, ce qui est lointain lui échappe.
    "

  • Au travers de scènes de la vie quotidienne, inspirées de sa propre expérience, Henry D. Thoreau nous propose de passer au crible, ses préceptes o-pour une vie vertueuse. Il aborde avec philosophie les grands thèmes qui lui sont chers ; le travail, la liberté, la politique, la morale.

  • Après avoir passé quelques jours en prison pour avoir refusé de s'acquitter d'une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique et la politique esclavagiste, Thoreau développe dans un court pamphlet le concept de « désobéissance civile », compris comme le refus d'être complice d'un pouvoir injuste et de nourrir ce pouvoir en coopérant, qui inspirera Martin Luther King et Gandhi.

  • La désaffection pour la " chose publique ", la relative déconsidération qui frappe les hommes politiques donnent à ce texte un relief tout à fait particulier.
    C'est la question du sens de la politique qui est ici envisagée, de sa justification. il ne suffit pas de se convaincre que la politique est une nécessité impérieuse pour la vie humaine, il faut encore pouvoir maintenir dans nos sociétés contemporaines la possibilité d'un espace pour la délibération. " la question aujourd'hui ne s'énonce pas tellement en ces termes : quel est le sens de la politique ? au sentiment des peuples qui, un peu partout, se sentent menacés par la politique et parmi lesquels les meilleurs ont consciemment pris leur distance par rapport à la politique, on comprend que corresponde mieux la question qu'ils se posent et que d'autres se posent : la politique a-t-elle encore un sens ?" h.
    A.

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  • Les Sept Sermons aux morts, datés de 1916, sont un document de la vie intérieure de Carl Gustav Jung. Ils révèlent un autre Jung que celui qui apparaît dans son oeuvre théorique, et pourtant ce dernier est déjà présent tout entier en eux. On y retrouve bien les deux visages de sa personnalité : le thérapeute et le théoricien. Par leur style comme par l'époque où ils furent rédigés, ils s'intègrent dans l'ensemble, non encore publié, des écrits où Jung consignait au jour le jour son expérience personnelle de l'inconscient. Les Sermons en constituent le point d'émergence, c'est par eux que nous avons, pour l'instant, accès à cette production.

  • la pensée des lumières lui doit l'essentiel : l'émancipation de la raison de toute espèce d'autorité extérieure.
    au regard de certaines questions qui nous taraudent, des défis que nos sociétés doivent relever, les pages qu'il consacre aux rapports de la religion et de l'etat sont d'une actualité brûlante et peuvent être l'occasion d'approfondir le sens et l'approche que nous avons de la liberté. "j'ai cru faire une bonne chose et de quelque utilité peut-être en montrant que la liberté de penser, non seulement peut se concilier avec le maintien de la paix et le salut de l'etat, mais même qu'on ne pourrait la détruire sans détruire du même coup et la paix de l'etat et la piété elle-même.
    "

  • Ecrit vers la fin des années 1880 par une figure de la pensée militante et de l'action révolutionnaire, ce texte invite l'individu à reprendre possession de sa liberté et dénonce l'exploitation de l'homme par l'homme. Cette édition propose une restauration du texte original grâce à de nouvelles sources.

  • Jules Verne rédigea La Pologne dans le contexte du soulèvement nationaliste polonais de 1848, qui tenta, en vain, de mettre un terme à l'occupation de la Pologne par la Prusse, l'Autriche et la Russie, afin d'établir une nation polonaise libre et indépendante. Jules Verne y retrace l'histoire politique de la Pologne et évoque « la voie de douleurs » sur laquelle l'Histoire jeta le peuple polonais. Estimant qu'une intervention militaire de la France en Pologne déclencherait à coup sûr « une guerre européenne », Jules Verne invite son auditoire à ne pas céder aux « mots d'enthousiasme, de patriotisme, d'honneur »,qui ne sont qu'« orgueil déguisé », mais appelle en revanche la France à honorer sa tradition d'accueil envers les exilés politiques persécutés dans leur pays.
    Ce texte inédit, composé à l'âge de vingt ans, révèle les rapports ambigus que Jules Verne entretenait avec la Pologne, qui occupe une place tout à fait singulière dans sa vie et dans son oeuvre, comme le montre Patrice Locmant dans sa préface.

  • Un ensemble d'observations et d'analyses de la société américaine et de son système politique constituant le dernier chapitre de«De la démocratie en Amérique», paru en 1840. Mettant à jour les ressorts de la jeune démocratie, l'originalité de la démarche consiste à y repérer moins la naissance d'un nouveau monde que l'avenir des sociétés démocratiques, y compris celles de l'Europe.

  • De la liberté de la pensée réunit plusieurs extraits des Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs, essai de Constant paru en 1815.
    Le philosophe s'interroge ici sur la liberté de la pensée, dans différents domaines : la problématique se pose-t-elle de la même manière dans le cas de la presse, de la religion, de l'individu ?
    « Il en est de la religion comme des grandes routes : j'aime que l'État les entretienne, pourvu qu'il laisse à chacun le droit de préférer les sentiers. » « Jamais la liberté ou plutôt la licence de la presse ne fut plus illimitée : jamais les libelles ne furent plus multipliés sous toutes les formes, et mis avec plus de recherche à la portée de tous les curieux. Jamais en même temps l'on n'accorda moins d'attention à ces productions méprisables. Je crois sérieusement qu'il y a aujourd'hui plus de libellistes que de lecteurs. »

  • Dans cette série d'interventions prononcées entre la publication d'Empire et celle de Multitude, deux volumes qui ont été salués par la critique internationale et qui ont probablement changé le regard que nous portons sur la mondialisation, Antonio Negri revient sur un certain nombre de points essentiels pour sa propre analyse. Il s'agit, dans un regain de précision qui n'exclut ni la ferveur politique ni la passion du monde, de construire des instruments nouveaux pour penser notre présent à la hauteur de ce qu'il est : irrémédiablement différent, complexe, difficile. Mais il s'agit aussi de réaffirmer tout à la fois la nécessité de comprendre et celle de s'indigner devant l'injustifiable, et de nourrir envers et contre tout l'idée d'une autre manière de vivre ensemble parce que le présent est porteur de révoltes, d'espoirs et de progrès.
    Dans cette fascinante généalogie de la pensée négrienne, dans ce « laboratoire » mis à disposition des lecteurs, lentement, certains concepts prennent forme ; des hypothèses émergent - d'abord de manière seulement esquissée, puis avec plus de force ; des argumentations se construisent.
    Traversées de l'Empire est à la fois un précieux texte permettant d'aborder de manière différente l'une des pensées majeures de la critique politique du xxie siècle, et la trace passionnante d'une pensée en train de se faire, procédant par à-coups, reprises, corrections et nuances, et n'hésitant pas à remettre à l'ouvrage ce qui semblait tenu pour acquis : le récit d'une aventure intellectuelle autant que celui d'une remarquable analyse critique de actualité.

  • Les livres sont notre mot de passe pour devenir plus que nous ne sommes.
    Leur capacité de produire cette transcendance a suscité des discussions, des allégorisations et des déconstructions sans fin. la rencontre avec le livre, comme avec l'homme ou la femme, qui va changer notre vie, souvent dans un instant de reconnaissance qui s'ignore, peut être par hasard. le texte qui nous convertira à une foi, nous ralliera à une idéologie, donnera à notre existence une fin et un critère, pouvait nous attendre au rayon des occasions, des livres défraîchis, des soldes.
    Il peut se trouver, poussiéreux et oublié, sur un rayon juste à côté du volume que nous cherchons. g. s.

  • Les barbares

    Hérodote

    " Une partie des Égyptiens regardent les crocodiles comme des animaux sacrés ; mais d'autres leur font la guerre. Ceux qui habitent aux environs de Thèbes et du lac Moéris ont pour eux beaucoup de vénération.
    Les uns et les autres en choisissent un qu'ils élèvent, et qu'ils instruisent à se laisser toucher avec la main. On lui met des pendants d'oreilles d'or ou de pierre factice, et on lui attache aux pieds de devant de petites chaînes ou bracelets. On le nourrit avec la chair des victimes, et on lui donne d'autres aliments prescrits. Tant qu'il vit, on en prend le plus grand soin ; quand il meurt, on l'embaume, et on le met dans une caisse sacrée. " Hérodote

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