La Rue De Russie

  • 1993

    Yun Sun Limet

    1993. Elle élève seule son enfant. Elle n'est pas plus malheureuse qu'une autre, même si elle n'attend pas grand-chose de la vie. Elle n'a tout simplement pas de destin. Pourtant, elle tient un carnet dans lequel elle note son quotidien. Elle va croiser par hasard un homme qui, lui, a un destin, pense-t-elle. C'est un homme politique. En cette année 1993 il est Premier ministre. Quel lien entre eux ? Aucun, si ce n'est que leurs vies se répondent et qu'entre les lignes c'est la défaite d'une ambition, la perte d'un rêve qui se joue, celui d'un monde où il n'y aurait plus de misère.

  • Brumes

    Marie-Laure Hurault

    Une suite de textes qui sont aussi bien des poèmes en prose que des narrations ouvertes, en voie de constitution et qui appellent la continuation d'un travail de l'imaginaire du côté du lecteur, à partir d'une simple situation, d'une sensation qui insiste, d'une réplique : telles sont les Brumes que propose Marie-Laure Hurault. Textes étranges, aux marges des genres constitués, qui composent un univers, et qui imposent une idée de la littérature (...) Une idée de la littérature aussi, qui reste proche de ce que des écrivains comme Bataille ou Blanchot ont dans toute une partie de leur oeuvre cherché à développer. Avec une manière de refuser l'assignation générique - le roman, au sens que ce terme prend lorsqu'il désigne justement cette assignation -, de proposer quelque chose comme du récit, c'est-à-dire une manière d'utiliser la narration pour qu'une expérience ait lieu, pour que la lecture devienne cela, une expérience. Expérience en l'occurrence redoublée par l'existence, dans le volume, des dessins de Frédéric Khodja, qui répondent, par larges blocs sombres et vibrants, à l'ontologie particulière qu'invente Marie-Laure Hurault.

  • « Le moment était venu : il fallait débarquer. Les sirènes avaient averti tous les pêcheurs de la baie. On faisait signe. Sur le port, des vieillards assis, réparant les nasses et les filets, attendaient. C'était la fin de la mer. Le mirage avait eu besoin de dix jours pour se former ; Ibiza était là, avec ses côtes accidentées, ses maisons étroites et ses façades minuscules. Sa blancheur s'élevait au-dessus de la mer. Toutes les rues montaient vers la cathédrale qui se dressait comme un phare au milieu de la ville. L'horloge, aussi fine qu'un cadran solaire, disait qu'il était toujours l'heure : ultima multis. Pour beaucoup, la dernière. » Ce roman est l'histoire d'une amitié. De l'Allemagne des années 20 aux rivages d'Ibiza, rejoindre Rainer, c'est pour Franz partir à la recherche d'une promesse, rencontrer les anges et accéder aux noms secrets.

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