Littérature argumentative

  • Après avoir publié, depuis 1985, l'essentiel de l'oeuvre de l'auteur portugais Eça de Queiroz (1845-1900), La Différence propose aujourd'hui une biographie de celui que Borges considérait comme " un des plus grands écrivains de tous les temps ".
    Fils naturel tardivement reconnu et fervent admirateur de Garibaldi et de la Commune de Paris, il fera de la critique sociale un de ses fers de lance. Sa carrière de diplomate le conduit en Angleterre et en France où il est consul à Paris de 1888 jusqu'à sa mort, ce qui lui donne l'occasion de rencontrer Zola et d'assister au scandale de l'Affaire Dreyfus.
    Grand admirateur de Flaubert, il est un portraitiste cinglant des travers de ses contemporains et excelle dans tous les genres : romans, nouvelles, contes, chroniques...

    Première biographie disponible en français.
    Encore inédit en langue portugaise, ce texte prend en compte les dernières découvertes sur la vie tumultueuse de Eça de Queiroz.
    Eça de Queiroz : " On dit aussi de lui qu'il fut le Flaubert, non, le Balzac, non, le Zola portugais. [...] De fait à la lecture de Eça de Queiroz, on mesure vite sa stature " (Rachel Grandmangin, Le Magazine littéraire).

  • Au moment où les généraux de l'OTAN et de l'armée serbe s'entendaient à Kumanovo sur une possibilité de paix, le rideau tombait au Burgtheater de Vienne (mercredi 9 juin 1999) sur la première de cette pièce de Peter Handke qui parle de l'impossibilité d'écrire sur la guerre.
    De quoi y est-il question ? Dans le hall d'un hôtel d'une petite ville des Balkans, deux metteurs en scène préparent un film, " dix ans après la dernière guerre ". Le scénariste a disparu, restent " quelques lignes directrices tracées par le Comité mondial pour l'éthique ". Défilent alors les personnages susceptibles de jouer dans le film qui ne verra jamais le jour. Des gens du village ou des environs, dont l'égaré, le " coureur des bois " qui ne peut plus entendre les mots " mon voisin ", " coexistence pacifique " ou " droits de l'homme " sans avoir envie de trancher une gorge.
    A travers lui, Peter Handke proclame sa détestation des " hyènes humanitaires ", des experts internationaux, des historiens et, bien sûr, des journalistes. Tous ont créé la réalité de la guerre dans les Balkans selon leurs représentations, ou plutôt selon les directives de la centrale monopolistique de production de la vérité. Le peuple a disparu et le pays aussi, dont le nom -Yougoslavie -n'est plus que chuchoté, au profit d'une " situation " que les experts internationaux maîtrisent.

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