• La plupart des textes rassemblés dans ce volume initialement paru en 2011 sont inédits. Ils s'inscrivent dans la démarche propre à Pessoa d'imaginer des points de vue multiples, des voix contradictoires imposant leur logique ou leur personnalité au récit.
    On peut classer ces proses en des catégories distinctes : les paradoxes - qui procèdent du même état d'esprit que Le Banquier anarchiste ; les fables, qui s'achèvent par une morale philosophique ou politique ; les histoires d'horreur et de mystère ; les contes compassionnels.
    Ces textes peu connus complètent notre compréhension de l'immense poète aux multiples facettes.

    Préface de Teresa Rita Lopes.

  • Après avoir publié, depuis 1985, l'essentiel de l'oeuvre de l'auteur portugais Eça de Queiroz (1845-1900), La Différence propose aujourd'hui une biographie de celui que Borges considérait comme " un des plus grands écrivains de tous les temps ".
    Fils naturel tardivement reconnu et fervent admirateur de Garibaldi et de la Commune de Paris, il fera de la critique sociale un de ses fers de lance. Sa carrière de diplomate le conduit en Angleterre et en France où il est consul à Paris de 1888 jusqu'à sa mort, ce qui lui donne l'occasion de rencontrer Zola et d'assister au scandale de l'Affaire Dreyfus.
    Grand admirateur de Flaubert, il est un portraitiste cinglant des travers de ses contemporains et excelle dans tous les genres : romans, nouvelles, contes, chroniques...

    Première biographie disponible en français.
    Encore inédit en langue portugaise, ce texte prend en compte les dernières découvertes sur la vie tumultueuse de Eça de Queiroz.
    Eça de Queiroz : " On dit aussi de lui qu'il fut le Flaubert, non, le Balzac, non, le Zola portugais. [...] De fait à la lecture de Eça de Queiroz, on mesure vite sa stature " (Rachel Grandmangin, Le Magazine littéraire).

  • Après la réédition de Ode maritime à loccasion du spectacle de Claude Régy, qui poursuit sa tournée mondiale, voici un inédit de Pessoa. Le Pèlerin est un conte initiatique découvert, déchiffré et commenté par Teresa Rita Lopes qui, à la tête dune équipe de chercheurs à Lisbonne, étudie depuis de longues années l½uvre du poète.
    Dans ce récit initiatique, le jeune narrateur le Pèlerin évoque dabord sa vie paisible chez ses parents, jusquau jour où, alors quil contemple la route en bas de chez lui, apparaît un mystérieux Homme en Noir qui lui dit : « Ne regarde pas la route ; suis-la. » Une force mystérieuse le pousse alors à quitter sa maison et à suivre cette route. La suivre jusquoù ? « Puisquil mavait dit de la suivre et non de lemprunter jusquà un certain point, je devais la suivre sans marrêter, jusquau bout... »
    Qui est cet Homme en Noir et quel est lobjet de la quête qui jette le narrateur sur la Route ? Comme dans tout conte initiatique, il sera soumis à la tentation et subira diverses épreuves, dont, détape en étape, il sortira vainqueur. Arrivé au bout de la Route, quelle sera sa découverte ultime ?

    Depuis trente ans, on ne cesse de réévaluer limportance de cet écrivain majeur quest Fernando Pessoa (1888-1935), dont de nombreux inédits sont encore à découvrir.


  • Un des chefs-d'oeuvre du maître du réalisme portugais ! Bazilio Brito, dandy cynique et libertin, de retour du Brésil où il s'est enrichi, entraîne dans l'adultère sa cousine Luiza, bourgeoise de Lisbonne qu'il avait autrefois courtisée.
    Le secret de leur liaison est surpris par la servante, Juliana, qui les soumet à un odieux chantage. Abandonnée par son amant, torturée par sa servante, découverte par son mari qui intercepte un billet envoyé de Paris par Bazilio, Luiza, désespérée, meurt. Ce roman, d'une cruauté et d'une drôlerie irrésistibles, dépeint la société de Lisbonne, à la fin du XIXe. Tous les personnages sont passés par le crible de l'ironie et de la dérision.
    Dans la capitale, accablée de chaleur, aux allures de ville provinciale, on s'épie d'une fenêtre à l'autre, on cancane, on trompe son ennui en organisant des thés et des soupers. Comme l'a écrit Claude Michel Cluny, " le génie d'Eça de Queiroz, c'est que sa cruauté fait rire. Le monde qu'il peint, douillet pour les uns, de privations, de gêne, et du commerce des punaises, pour les autres, est terrible de par son irrécusable banalité ".

  • Les personnages des quatorze nouvelles d'Isabel, Fraga qui constituent ce recueil sont, dans leur grande majorité, des femmes. Femmes au foyer ou femmes actives, jeunes filles, jeunes femmes ou femmes mûres, riches ou pauvres, aimées ou trompées, amantes ou épouses, leur vie recèle, au-delà d'une apparente banalité, des zones plus tourmentées. Sans jamais s'appesantir, avec humour la plupart du temps, l'auteur nous invite à partager des états critiques, souvent provoqués par un milieu hostile (famille, amis, collègues de travail...), au cours desquels les événements prennent une tournure inattendue, menant parfois au bord de l'abîme - passion, vengeance et folie ne sont jamais loin. Un homme peut-il être, au sens propre, allergique aux mains de sa femme ? Ou devenir chauve en quelques jours ? Comment en vient-on à abandonner sa meilleure amie, seule, dans une ville étrangère ? Ou à jurer solennellement que votre mari ne verra plus jamais vos dents ? La vie, le destin et l'auteur ne manquent pas d'imagination pour répondre à ces questions.

  • Son Excellence (Le comte d'Abranhos) fut publié après la mort de Eça de Queiroz qui ne l'a donc pas revu ni corrigé.
    Ecrit entre 1871 et 1880, il fait partie, avec Le Crime du Tadre Amaro, Le Cousin Bazilio, La Capitale, Alves et Cie et Les Maia, d'une suite visant à décrire la société portugaise telle qdelle existait depuis 1830. C'est sans doute une des satires les plus violentes jamais écrites sur les moeurs politiques, d'où, peut-être, sa non publication du vivant de l'auteur... Conçu comme un hommage rendu à Son Excellence le comte d'Abranhos par son secrétaire particulier, c'est en réalité l'étalage des bassesses, forfaits et infamies commis par ladite Excellence pour accaparer le pouvoir et le garder.
    D'une irrésistible drôlerie, d'une méchanceté à peine exagérée, ce livre sulfureux n'a rien perdu de son actualité.

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