Parascolaire

  • Oedipe roi

    Sophocle

    La peste règne à Thèbes. Pour mettre fin à l'épidémie, l'oracle de Delphes réclame que soit puni le meurtrier de l'ancien roi Laïos. Au fil des interrogatoires, Oedipe mène l'enquête et découvre la vérité sur ses origines : les destin tragique rejaillit sur chacun, Jocaste se pend et lui-même se crève les yeux.

  • Ce livre incandescent est le résumé d'une quête et d'une crise : quête de la " vérité ", de la réalité, crise d'un jeune homme et d'une société, crise du langage, de la culture et de la foi, crise d'un siècle en somme.
    Crise signifie jugement : jugement porté sur ce qu'on a cru, désillusion qui conduit à l'initiation, à la " liberté de posséder la vérité dans une âme et un corps ".

  • Le Scarabée d'or d' Edgar Allan Poe (1809-1849), extrait des Histoires extraordinaires, occupe une place singulière dans l'oeuvre de cet écrivain qui brille des mille feux de l'angoisse et de la morbidité.
    Utilisant une logique et une rigueur implacables, Poe nous livre le récit plein d'humour et de suspense d'une chasse au trésor qui préfigure la subversion du roman d'aventures.

  • En 1893, le laboratoire Zola est à l'oeuvre. Ici, le phénomène choisi sera le mariage. A travers quatre cas (l'aristocratie, la haute bourgeoisie, les boutiquiers et les couches populaires), de l'obligation mondaine au contrat lucratif, de l'association sécurisante de deux bilans comptables à la passion amoureuse - parce que dans la misère il n'y a plus que ça -, l'expérimentateur Zola nous présente avec un humour corrosif les différentes formes de cette union estampillée qu'on appelle mariage.

  • Lucien rentre au domicile conjugal dans la nuit, passablement éméché après sa soirée au Bal des Quat´zarts, travesti en Louis XIV. Yvonne, son épouse, l´accable de reproches. Alors que la dispute bat son plein, un domestique, Joseph, vient annoncer le décès de la mère d´Yvonne. Évanouissement, pleurs et disputes renouvelées. On apprendra finalement que c´est la mère de la voisine qui est décédée, et que l´émissaire s´était trompé de porte... Il s´agit de la première pièce en un acte de Feydeau. La particularité et l´intérêt de celle-ci, par rapport aux vaudevilles en trois actes qui avaient fait jusque-là son succès, tient à une noirceur particulière du trait : le couple petit-bourgeois y est décrit comme un véritable enfer quotidien, où l´homme est exposé à toutes les humiliations. Édition établie par Jérôme Vérain.

  • « Au temps de Pascal, l'homme était un roseau pensant. Mais, pour les hommes d'aujourd'hui, l'obligation de penser est beaucoup moins impérieuse. Nos prédécesseurs ont pensé pour nous », constate Henri Roorda (1870-1925), pédagogue, mathématicien et humoriste suisse.
    Ironique et même volontiers persifleur, il fait cependant mine d'en rabattre : dans de courts billets consacrés à des sujets futiles, des notions élémentaires ou à des observations triviales, il pensote donc, humblement et par voie de presse. Ses billets ont un tel succès qu'il les réunit en 1923 dans un recueil, Le Roseau pensotant.
    C'est la revanche du chroniqueur : sa philosophie, désabusée et paradoxalement positive, se révèle d'une étonnante lucidité doublée d'une grande fraîcheur.

  • Herodias

    Gustave Flaubert

    Dans Hérodias, l'un des Trois Contes (recueil publié en 1877), Flaubert mêle avec habileté , de manière indistincte, données historiques présumées exactes et affabulations. Conter, n'est-ce pas ajouter du mensonge pour parvenir à une crédibilité paradoxalement plus grande ?Flaubert recrée donc la splendeur de l'Orient et les moeurs scandaleuses de la Palestine au temps de Jésus, et recompose les portraits d'Hérodiade et d'Hérode, de Salomé et de Jean le Baptiste, tous soumis à de violentes passions.

  • Promulguée en septembre 1999, la réforme de l'enseignement du français au lycée a déjà connu quatre remaniements.
    Hésitations, errements, incohérences théoriques, méthodologie douteuse, et avant tout un superbe mépris du travail de concertation avec les enseignants, auront présidé à cette manière, pour le moins surprenante de la part d'un groupe d'«experts», de procéder à l'accouchement de la réforme...
    Qu'en est-il donc de ces programmes ? Une fois dépassé l'obstacle du jargon linguistico-pédagogique, on ne reconnaît plus grand-chose de la discipline - que l'on soit professeur ou parent d'élève, ayant encore en mémoire les cours du lycée. Disparue la notion d'auteur, disparue l'histoire littéraire, disparue l'analyse des oeuvres pour en dégager le sens...
    Agnès Joste, professeur de lettres, s'est livrée à une lecture méticuleuse et édifiante des textes du ministère ; où l'on découvre que la conception de la littérature qui y est véhiculée est une conception techniciste, qui vise avant tout à inculquer aux élèves, non pas une liberté d'esprit, mais des techniques communicationnelles et consensuelles ; que le dénigrement de l'étude de la littérature va de pair avec un mépris des professeurs et de leur désir de transmission des savoirs. Agnès Joste est membre du collectif « Sauver les lettres » (Sauver les lettres. Des professeurs accusent, Textuel, 2001), qui entend mettre fin à la surdité du ministère de l'Éducation nationale et des inspecteurs, et ouvrir le débat. Ce débat ne concerne pas leur seule profession, on l'aura compris. Parce qu'il y va de la formation de nombreuses jeunes générations, de la maîtrise de leur langue, de la lecture des grandes oeuvres littéraires, de la culture enfin.

  • " toutes les familles partagent une vive inquiétude pour l'avenir de leurs enfants : l'école ne remplit plus sa mission d'enseignement, elle produit même une forme d'ignorance.
    les parents ne sont pas dupes. désormais, leur confiance en l' "organe de la république" est entamée. depuis plus d'une dizaine d'années, le diagnostic des graves échecs de l'école a été posé, notamment par des enseignants dissidents de l'education nationale. depuis trop longtemps, rien n'a été entrepris qui soit venu freiner la dégradation. m(me) le président, vous qui arrivez à l'elysée dans l'euphorie d'une nouvelle mandature, ne gâchez pas la chance qui nous est offerte à tous.
    parez au plus pressé, remédiez à la situation qui affecte et préoccupe l'ensemble des français, osez prendre une série de mesures pour l'école. il est temps, non pas de concocter un énième programme, mais de définir le sens de la remise en marche de l'institution scolaire. vous savez bien que vous ne pouvez, comme vos prédécesseurs, laisser passer cet "état de grâce" qui vous donne la légitimité d'agir.
    vous ne pouvez trahir les aspirations des français. la france, son peuple, l'histoire ne vous le pardonneraient pas. " n.p.

  • C'est en 2007, au lendemain de l'élection présidentielle de Nicolas Sarkozy et de la nomination de Xavier Darcos au ministère de l'Education nationale, que s'est vraisemblablement close la querelle qui opposait depuis des années "pédagogistes" et "instructionnistes", ces tenants du savoir transmis par l'école républicaine. Le temps de la campagne et d'une ultime velléité de réintroduire l'autorité du maître et les méthodes rigoureuses d'enseignement, l'illusion se dissipait tout à fait : le train des réformes se poursuivait et s'amplifiait même. La reconfiguration de l'institution est engagée, mais qui veut l'admettre ? Le pire est de plus en plus sûr, nous sommes déjà dans l'école d'après l'école de la République, celle des gestionnaires : personnels peu qualifiés, chargé d'encadrement plutôt que d'enseignement, contenus minimaux et médiocres du "socle commun"... Le recours pour les familles est déjà les cours privés du soir, payants. Natacha Polony décrit le fonctionnement de l'école de demain, pour que nous prenions pleinement conscience de sa transformation totale. Il est encore temps de mettre en place des contre-feux. Paradoxalement, le modèle français pourrait avoir de beaux jours.

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