Non Lieu

  • Sa fréquentation des milieux les plus pauvres de la Russie de son temps a conduit Léon Tolstoï à s'interroger sur les racines profondes de l'inégalité sociale et de l'esclavage moderne, et à mettre en pratique dans sa propre existence cette simplicité de vie, par laquelle le renoncement au superflu, outre qu'il est libérateur, est restitu- tion de ce que l'on a volé à d'autres.
    Sa critique sociale a bouleversé le monde russe et bien au-delà. Alors qu'elle était considérée comme dépassée par nombre de marxistes, elle réapparaît aujourd'hui portée par une pensée active de l'émancipation : refus ra- dical de la condition ouvrière ; image d'une communauté agraire, alors vivante aux yeux de tous. Et Marx, dans une lettre de mars 1881, ne disait-il pas de la commune rurale qu'elle pouvait être « le point d'appui de la régé- nération sociale en Russie ». Notre temps est-il si loin d'une telle convergence ?.
    Les trois essais de Tolstoï réunis dans ce livre, L'Esclavage moderne, Où est l'issue ?, La Racine du mal, traitent de cette émancipation plus actuelle que jamais. Une préface de Louis Janover s'efforce de mettre cette idée en ré- sonance avec d'autres voix comme celle de Rosa Luxemburg qui porte jusqu'à nous la révolte de Tolstoï. Sont publiés en annexe une lettre de Tolstoï à Romain Rolland et l'article de Rosa Rosa Luxemburg : « Tolstoï, pen- seur social » (1908).

  • Le lundi existentiel : la philosophie vivante Nouv.

    Le Lundi existentiel et le dimanche de l'Histoire est considéré comme le testament philosophique de Benjamin Fondane, d'abord parce que c'est le dernier texte qu'il a écrit et qu'il a envoyé à Gallimard la veille de son arrestation et de sa déportation, ensuite parce qu'il trace une ligne de démarcation très nette entre la philosophie existentialiste de Heidegger et Sartre, et la philosophie existentielle, le courant dans lequel il se situe après Kierkegaard et Chestov. Selon Fondane, ce dernier seul laisse une possibilité de liberté à l'être humain en engageant, en son nom, un procès contre la raison.
    Cet essai est suivi par l'ensemble des textes philosophiques qu'il a publié dans la grande revue marseillaise Les Cahiers du Sud, entre particulier dans sa chronique : « La philosophie vivante ». On retrouve là les grands thèmes de la philosophie existentielle, plusieurs débats autour de Kierkegaard et ses coups de coeur pour les penseurs alors les plus novateurs comme Lupasco, Lévy-Bruhl, Jankélévitch et Bachelard.

  • En octobre 1951, un jeune instituteur de vingt-quatre ans, Marceau Gast, arrive au Sahara chez les Touareg Kel Ahaggar, dans le Sud algérien. Pendant trois ans, il sera instituteur nomade, changeant de groupement à chaque rentrée scolaire. Au gré des saisons et des parcours, Marceau Gast photographie les différentes facettes de la vie nomade oscillant entre les ressources rares des monts escarpés de l'Ahaggar et l'abondance des pâturages salés, à six cents kilomètres plus au sud, dans les plaines de la Tamesna. Pour ses hôtes, habiter le désert rime avec nomadisme. Mais, en ce milieu du XXe siècle, la gestion coloniale du vaste territoire des Kel Ahaggar relève de deux administrations distinctes - l'Algérie et le Soudan français - et porte en germe la menace qui s'abattra sur la salutaire mobilité nomade entre montagne et plaine. Les photographies de Marceau Gast témoignent d'un mode de vie qui en quelques décennies s'est profondément transformé. L'instituteur devenu ethnologue en 1960 poursuivra les questionnements nés au cours de son premier séjour. Il constituera un important corpus photographique pour illustrer ses recherches sur l'alimentation en milieu aride et les stratégies mises en oeuvre pour échapper à la famine.

  • Depuis le 22 février 2020, le mouvement populaire algérien (hirak), entame sa seconde année de manifestations pacifiques. Après avoir obtenu la fin du règne d'Abdelaziz Bouteflika, et après l'élection d'un nouveau Président, il exige désormais la fin du système rentier et l'avènement d'un système démocratique. Cette exigence n'est pas nouvelle. Elle trouve ses origines dans les événements d'octobre 1988 et les réformes démocratiques qui s'en suivirent. Cependant, celles-ci furent violemment interrompues. La tragédie des années 1990 étouffa la transition vers un système démocratique, mit fin au projet islamiste de transition vers un système théocratique, et assura la résurrection du système rentier. Héritant de ce système, Bouteflika l'étendit à sa guise, grâce à une embellie pétrolière exceptionnelle. Jusqu'à ce 22 février 2019 qui vit des millions d'Algériennes et d'Algériens descendre dans la rue pour reprendre, pacifiquement et durablement, le flambeau de la lutte : après avoir libéré le pays, il s'agissait désormais de libérer les Algériennes et les Algériens. Tout au long de cet essai, l'auteur analyse, en profondeur, ce cheminement transitionnel, long, chaotique, violent et toujours incertain qu'a suivi l'Algérie depuis 30 ans.

  • Nous étions cinq

    Karel Polácek

    Nous étions cinq est un roman sur l'enfance, tout en humour et en poésie, rédigé par Karel Pola.ek pendant l'Occupation nazie en 1943. Cette plongée tendre et drôle dans l'atmosphère de son enfance peut aussi se comprendre comme un moyen de fuir la réalité quotidienne de la Seconde Guerre mondiale.
    Non sans rappeler La Guerre des boutons de Louis Pergaud, Nous étions cinq relate les (més)aventures d'une bande de copains à Rychnov nad Kn..nou, bourg du nord-est de la Bohème, au début du XXe siècle, notamment leurs vaines gesticulations pour se faire embaucher dans un cirque itinérant, ou encore leur tentative, douloureuse, d'apprivoiser un essaim de guêpes.
    L'écriture de Polacek use alternativement d'un langage familier et d'un langage soutenu (notamment pour les descriptions), suscitant un contraste entre la réalité de la vie dans une petite ville de province et sa perception par des enfants d'une dizaine d'années. Les dialogues, toujours drôles, en exprimant la vision enfantine des réalités du monde des adultes donne à l'auteur le moyen de faire une peinture au vitriole de la société tchèque.
    Publié après sa mort en 1949, Nous étions cinq est un classique de la littérature tchèque. En 1995, ce roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique.

  • On peut estimer à un millier les termes français venant de l'hébreu, qui se répartissent d'emblée en deux catégories : les termes empruntés à la langue sacrée par la voie religieuse, et les autres, venant du commerce des esprits et des relations sociales. Il n'est pas surprenant d'entendre ré- gulièrement les chrétiens prononcer amen ou encore alléluia, sans savoir que l'Église a volontai- rement maintenu ces mots hébreux dans les prières pour marquer les origines de cette religion.
    Henry Béhar se demande pourquoi la langue française, si riche, éprouve le besoin d'acquérir un certain vocabulaire, et de le conserver dans son capital au cours du temps, tout en renouvelant constamment l'opération. (Ainsi le charmant chérubin ou même la très populaire échalote.) Dans son dictionnaire, il n'a retenu que des mots, d'une part appartenant à l'hébreu ancien, du temps de la Bible, d'autre part pour quelques-uns relevant de l'hébreu moderne, voire du yid- dish. Jugeant irritant d'entendre des responsables politiques et des élus déclarer que le français est une langue unitaire, provenant intégralement du latin, sans autres apports, il a choisi de re- lever 150 mots d étymologie hébraïque et d'en étudier la formation, l'histoire et l'usage dans notre littérature et notre culture. C'est peu, dira-t-on, mais cela suffit à démonter le mécanisme de l'emprunt, auquel notre langue s'adonne avec plaisir.

  • Les débats partisans autour de la « crise migratoire » tendent à masquer l'accroissement, la modification et la diversification des phé- nomènes de traite des êtres humains au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe. Ceux-ci sont pourtant révélateurs de changements sociétaux profonds. Mettant en lumière les fonctionnements et mécanismes actuels de la migration irrégulière, les constats de terrain relatifs à la massification de l'exploitation sexuelle ou à l'utilisation croissante d'enfants pour commettre des délits en Europe, illustrent combien le développement de rapports d'exploitation est le signe d'une modification de l'ordre social. Ils interrogent sur les conséquences sociales de la sécurisation des frontières et de ses effets sur l'essor du crime organisé.

    C'est grâce à un important travail de terrain de plus de 5 ans en Afrique, au Moyen Orient, dans les Balkans et en Europe occidentale que ce livre rend compte de ces situations d'exploitation contemporaines. Les nombreux témoignages recueillis à Calais, en Grèce, au Niger, au Mali, au Liban, sur la route des Balkans, donnent un éclairage inédit aux migrations contemporaines et à leurs enjeux sociétaux.

  • L'exode

    Benjamin Fondane

    • Non lieu
    • 20 Octobre 2020

    Au départ, dans les années 1930, L'Exode est un poème dramatique à plusieurs voix qui évoque la déportation et l'exil des juifs à Babylone sous Nabuchodonosor au VIIe siècle av. J.-C. Pendant l'Occupation, Fondane a repris son poème pour y insérer le récit d'un autre exode, qu'il a vécu, celui des Parisiens fuyant la capitale devant l'avancée allemande en juin 1940. Du coup, l'histoire des juifs relue et réactualisée prenait une dimension universelle. Enfin, il a fait précéder son poème de ce grand texte prophétique qu'est la « Préface en prose »:

    C'est à vous que je parle, hommes des antipodes, je parle d'homme à homme, avec le peu en moi qui demeure de l'homme, avec le peu de voix qui me reste au gosier, mon sang est sur les routes, puisse-t-il, puisse-t-il ne pas crier vengeance! L'hallali est donné, les bêtes sont traquées, laissez-moi vous parler avec ces mêmes mots que nous eûmes en partage - il reste peu d'intelligibles! Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée, nous serons au-delà du souvenir, la mort aura parachevé les travaux de la haine, je serai un bouquet d'orties sous vos pieds, - alors, eh bien, sachez que j'avais un visage comme vous. Une bouche qui priait, comme vous.

  • Rimbaud le voyou

    Benjamin Fondane

    • Non lieu
    • 10 Novembre 2010

    Rimbaud le voyou fut du vivant de Benjamin Fondane et demeure après sa mort son livre le plus lu.
    Dans cet essai polémique, il dénonce les tentatives de récupération du poète des Illuminations tant par les surréalistes que par des écrivains catholiques. Pour lui, si Rimbaud atteint au mythe, c'est paradoxalement parce que son oeuvre paraît trancher de tout son éclat le noeud gordien qui lie la création artistique à la vie. Conjointement à sa lecture du philosophe Léon Chestov, Fondane clans son essai en sonde_ la portée éminemment existentielle.
    La thèse du " voyou " met en tension le " tempérament métaphysique " de Rimbaud, sa soif d'absolu, sa " gourmandise ", et la valeur programmatique de la " Lettre du Voyant ", qui revient selon Fondane à tricher en s'emparant " de l'Inconnu par un coup de force ".

  • L'Ange de Sodome, publié en 1927 à Madrid, connut un grand succès populaire et une nouvelle édition dès 1929. Il est considéré comme le premier roman gay de la littérature espagnole. L'au- teur, hétérosexuel, s'intéresse à l'homosexualité sous l'angle de l'observation chère aux natura- listes, sans jamais la condamner.
    José-Maria, son protagoniste, découvre ses penchants érotiques au milieu de son environne- ment familial fermé. On ne compte pas ses plaintes ni ses tentatives pour devenir un autre mais, là où Alfonso Hernández-Catá se démarque de ses contemporains, c'est lorsqu'il prête à son personnage des réflexions laissant à penser qu'il pourrait bien s'accommoder de son destin.
    Si, au fond, tout cela n'était pas aussi grave qu'il le pensait. Le dégoût que lui inspire son homo- sexualité n'est peut-être rien d'autre que le fruit de sa propre éducation ? Il n'est pas victime de l'opprobre publique même si c'est sa plus grande crainte. Voila pourquoi il en arrive à échafau- der un plan qui lui permettrait, après avoir accompli son devoir familial, de partir ailleurs pour vivre selon sa nature...

  • Ulysse, figure de l'émigrant, de l'errant, incarne le destin de l'homme, du poète et du « juif naturellement et cependant Ulysse ».
    Ulysse que nous publions ici est la première version du poème paru dans les Cahiers du Journal des Poètes, à Bruxelles, 1933. Cette version d'Ulysse que Fondane a maintes fois remaniée n'avait pas été publiée depuis 1933.

  • Occident express

    Matéi Visniec

    À travers la métaphore d'un train de luxe qui ne circule plus (c'est le célèbre Orient Express), l'auteur nous fait découvrir les fantasmes de ceux qui, à l'Est, ne pensent qu'aux « merveilles » de l'Ouest, de l'Occident, de la démocratie accomplie... Oh, l'Occident, cet Eldorado tant rêvé !
    Avec tendresse et humour, Matéi Visniec nous propose une galerie de personnages qui ne pensent qu'à partir, goûter à l'abondance occidentale, profiter de la société de consommation, sentir enfin (au moins une fois dans leur vie) l'extase de la liberté et de la réussite... Ainsi ce vieillard aveugle ayant connu tous les camps d'internement à l'Est et qui nous entraîne dans un inventaire post-communiste où se mêlent la nostalgie de l'Orient Express, l'affairisme et le proxénétisme d'une base militaire américaine, l'envie de pisser sur toutes les frontières qui l'ont empêché de vivre, l'importance idéologique des emballages occidentaux dans la chute du Mur et la notion révolutionnaire de « peuple fluide » imaginée par un doctorant chaque fois recalé...
    Occident Express est d'abord un voyage initiatique dans les Balkans (si loin, si méconnus et si malaimés), mais aussi la radiographie lucide du capitalisme sauvage qui a remplacé à l'Est l'utopie communiste. Cette pièce est enfin une reflexion sur le difficile rapprochement entre les deux Europes séparées par un demi-siècle d'histoire mouvementée.

  • Après un historique de la peinture dans le royaume chérifien depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'à l'indépendance du pays, s'étant attaché à ses relations avec les grands courants de l'art occidental, Maurice Arama propose le dictionnaire de tous les peintres qui ont séjourné et qui ont peint au Maroc, Pendant près de deux siècles, une prodigieuse cohorte de peintre a traqué la pluralité des facettes marocaines : Delacroix, Dehodencq, Matisse, Marquet, Camoin, Clairin, Van Dongen, Marcelle Ackein, Francis Bacon, Balthus, Nicolas de Staël, Limouse, Edy Legrand, Marcel Vicaire, Raoul Dufy... Aux côtés de ces grands noms de la peinture européenne, figurent une multitude d'autres peintres talentueux dont les oeuvres font le bonheur des amateurs et des collectionneurs. Plus de 450 peintres donnent lieu à une notice, presque toujours illustrée.
    Maroc. Le Royaume des peintres est à la fois un ouvrage de référence, le plus complet à ce jour, recensant les artistes qui ont donné à voir le Maroc, et un livre d'art, somptueusement illustré, avec une multitude de documents inédits.

  • Titanic

    Benjamin Fondane

    Benjamin Fondane était un sismographe, a pu écrire Maurice Roche, non pas qu'il enregistrait les secousses, mais parce qu'il les prévoyait. Ses poèmes annonçaient le désastre imminent qu'allait connaître les juifs et l'humanité tout entière. C'est particulièrement vrai du recueil Titanic, écrit en 1936, au moment où le Front populaire arrivait au pouvoir en France et où Fondane effectuait son second voyage en Argentine afin d'y tourner le film Tararira, alors qu'il espérait trouver dans ce pays une terre d'exil.

    C'est un re^ve effrayant et je m'y trouve encore.
    - Une chose mouvante et qu'on appelle Terre coule a` pic, lentement, hors du regard de l'e^tre...
    A` ba^bord, le linge se`che comme avant le de´luge, calme le jeu d'e´checs se poursuit, un pion avance, la danse dans le hall pe´ne`tre dans les chairs avec l'odeur sucre´e des tropiques... [...].

    A` cinq minutes de la fin du monde l'orchestre attaque le Tonnerre...
    La Beaute´ meurt d'e´puisement sur les genoux des spectateurs e´mus par cette Nuit savoureuse entre toutes...

  • La naissance du fascisme

    Ivo Andric

    • Non lieu
    • 13 Juillet 2012

    Andric est âgé de 28 ans lorsqu'il est nommé à l'ambassade du royaume des S. C. S. auprès du Vatican. Cette nomination qui intervient en 1920 va lui permettre de vivre de l'intérieur, en temoin " privilégié ", l'atmosphère insurrectionnelle et le chaos qui règnent en Italie, puis la montée inexorable et violente de la réaction. Ce dont il rend parfaitement compte dans La Révolution fasciste qui paraît à Zagreb dès 1923. Deux séjours ultérieurs en Italie le conforteront dans son appréhension (dans les deux sens du terme, perception et crainte) du fascisme, et ses affectations à des postes plus ou moins éloignés de la péninsule italienne ne l'empêcheront pas de suivre pas à pas l'extension, l'expansion de la dictature mussolinienne et à nouveau de les présenter au public dans six textes (dont certains signés du pseudonyme " Res ") qui paraîtront entre décembre 1923 et mai 1926, le dernier délaissant l'Italie du Duce pour la Bulgarie qui, alors, paraît s'engager lentement mais sûrement sur une voie qui non officiellement proclamée fasciste y ressemble à maints égards.
    A la lecture de ces textes, le lecteur est frappé par la finesse et la justesse de l'analyse proposée par Ivo Andric. Quoique contemporains de la montée du fascisme, ces écrits semblent aujourd'hui nettement postérieurs, comme rédigés par un historien qui aurait bénéficié d'un net recul dans le temps pour se pencher sur l'avènement de ce monstre que fut le fascisme.
    Complètent le présent recueil deux textes légèrement antérieurs puisque datés de 1921 et 1922 Le Dernier Roman de F.F. Marinetti et Un livre de guerre de Gabriele d'Annunzio. Ils sont en quelque sorte le contrepoint des écrits plus politiques présentés ici et illustrent l'autre domaine d'activité du Ivo Andric trentenaire : la critique littéraire qu'il mène en parallèle avec ses propres essais de création.
    Ces neuf textes d'Ivo Andric sont inédits en français.

  • Ce recueil de l'essayiste et sociologue Albert Memmi, auteur du Portrait du colonisé (ouvrage publié en 1957 avec une préface de Jean-Paul Sartre) rassemble une quarantaine de textes courts, de diverses sources (articles parus dans la presse, en revue, communications lors de congrès, entretiens, textes inédits...).
    Sa finalité est double : rendre à nouveau disponibles à qui s'intéresse à cette oeuvre des textes difficiles d'accès. Il s'avère donc être un complément indispensable aux différents ouvrages, puisqu'il couvre les différentes problématiques abordées par Memmi durant sa vie intellectuelle : colonisation/décolonisation, judaïsme et judéité, identité culturelle, dépendance, racisme, laïcité. D'autre part, cet ensemble démontre à quel point cette pensée n'a rien perdu de sa pertinence, ni de son actualité. Un entretien entre Hervé Sanson et Albert Memmi en préambule permet de tracer des parallèles entre les textes et ce que pense Memmi aujourd'hui.

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  • Oublier Cioran & cie ; chroniques de la Roumanie contemporaine Nouv.

    Les Cahiers du Courrier des Balkans explorent l'actualité balkanique à partir des articles publiés en ligne par les réseaux du Courrier des Balkans depuis une quinzaine d'années. Chaque cahier est thématique. Le n°1 était consacré aux Rroms, le n°2 à l'islam dans les Balkans, cette troisième livraison reprend les articles publiés par Nicolas Trifon sur la Roumanie contemporaine.

    L'organisation thématique de l'ouvrage (culture, politique, minorités, écologie, religion, histoire) permet au lecteur de se faire une idée juste, précise, sans fard, de ce qu'est la Roumanie aujourd'hui, parent pauvre de l'Union européenne mal compris par les Français.

    Aux articles publiés en ligne sur le site du Courrier des Balkans, s'ajoutent quelques articles inédits et une préface de Jérôme Carassou.
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  • La revue Front noir (1963-1968) fut créée par Louis Janover, avec un groupe d'amis, après qu'il a quitté le groupe surréaliste. Cette revue fait entendre une note différente de celle des autres avant-gardes de ce temps (lettrisme, situationnisme) en cherchant à concilier les prises de position politiques radicales et une expression poétique et artistique sans concession.
    - Le positionnement politique est celui du socialisme de conseils, théorisé en France par Maximilien Rubel, qui s'appuie sur la pensée de Marx pour critiquer tous les marxismes.
    - L'expression poétique entend répondre aux exigences qui furent celles des surréalistes aux débuts de leur mouvement (indépendance, spontanéité).
    L'ouvrage comprend :
    - une étude de Maxime Morel présentant l'histoire et les orientations de la revue.
    /> - un choix de textes de la revue et des brochures qui ont suivi. Sont reprises aussi les illustrations de Gaétan Langlais et Le Maréchal.
    - une postface de Louis Janover, qui fut au coeur de cette expérience.

  • Un plaidoyer pour la liberté de l'esprit.
    Initié par les communistes pour constituer un front intellectuel antifasciste, le Congrès international des écrivains, qui s'est tenu à Paris en juin 1935, est resté comme un événement majeur de l'histoire culturelle du XXe siècle.
    En marge de ce congrès, Fondane s'inquiète au sujet de l'autonomie que doivent conserver l'art et la poésie face à une idéologie dominante. Une idéologie qui se présente comme révolutionnaire, qui est en fait contrerévolutionnaire, précise Janover.
    En confrontant la position de Fondane à celles d'autres participants au Congrès (Breton, Crevel), Louis Janover montre combien elle était la plus pertinente au regard de la situation politique d'alors. Combien elle demeure éclairante dans le monde de la pensée unique qui a fait suite à l'effondrement des régimes communistes.

  • Au retour de son périple au Maroc effectué en 1832 avec la mission française dirigée par le comte de Mornay, Delacroix a fait une escale de quelques heures à Alger, le temps de se promener à la Marine puis dans la Casbah, et de rendre visite au foyer de Sid Abdallah. Le moment passé dans cette maison lui a inspiré un immense chef d'oeuvre : Les Dames d'Alger dans leur appartement.
    Une toile qui reçut un accueil mitigé au Salon de 1834. Une toile qui n'a pas fini de livrer ses secrets.
    Maurice Arama effectue une véritable autopsie de cette oeuvre en s'appuyant sur les Carnets et sur les croquis préparatoires. Il s'attache aussi à retrouver l'état d'esprit du peintre, plongé dans l'amertume par le spectacle des destructions effectuées par l'autorité française.
    Une toile qui connut une remarquable postérité, avec des réinterprétations par de nombreux peintres, jusqu'à Picasso.

  • On connaît l'extraordinaire richesse et le raffinement de la cuisine marocaine, connaît-on ceux de la cuisine juive, qui a acquis sa personnalité propre à travers les siècles, se nourrissant des même produits de la même terre ? Dans ce livre, Fortunée Hazan-Arama a réuni plus de sept cent recettes qui en font une véritable somme, un ouvrage unique pour les membres de la communauté juive marocaine, maintenant dispersée à travers le monde, et aussi pour tous ceux qu'intéresse les saveurs de la Méditerranée.
    Il est peu de cuisine mieux faite pour ponctuer les manifestations de la vie

  • Dans la nasse

    Mahmoudan Hawad

    Face à l'amnésie, comment exister ? Dans ce texte, Hawad s'adresse à l'Azawad en tant que partie de lui-même - c'est-à-dire du Touareg qu'il est -, une partie qui a atteint une telle étape de souffrance, de misère, d'oppression, qu'elle accepte l'effacement derrière les étiquettes qu'on lui accole. À travers ce personnage évanescent, au bord du gouffre, privé de parole, d'espace, de droit à l'existence, Hawad tente de raccommoder une silhouette capable de se redresser. Il cherche à métamorphoser la souffrance en terreau de résistance, une résistance d'un autre type, qui nécessite de revenir à soi-même, à son imaginaire, à sa manière de penser le monde autrement. Le chemin est long. Hawad se sert de la poésie, « cartouches de vieux mots,/mille et mille fois faussés, bricolés, rechargés », comme outil de résistance.

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