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andre markowicz
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Dictionnaire amoureux de Pouchkine
André Markowicz, Alain Bouldouyre
- Plon
- Dictionnaire Amoureux
- 30 Janvier 2025
- 9782259318280
Traducteur incontournable de Pouchkine, Dostoïevski ou Tchekhov, André Markowicz nous livre ici " son " Pouchkine auquel il est intimement lié : sa vie, son oeuvre, sa place dans la culture russe. Père de la littérature russe moderne, Pouchkine est paradoxalement le plus connu et le plus inconnu des auteurs russes.
Pouchkine est le plus connu des auteurs russes parce que toute personne dont le russe est la langue maternelle le connaît et, d'une façon ou d'une autre, apprend à lire en le lisant. Il appartient au fonds commun de tous les Russes, - il est, si je puis dire, le lieu commun de la Russie.
Pouchkine est à l'origine de la littérature russe moderne et de tous les débats philosophiques et politiques qui ont traversé l'histoire de la Russie et la nourrissent encore. Sa présence est vivante, évidente, toujours nouvelle, toujours à la fois et globale et intime. Parler de Pouchkine est donc aussi parler de toute la littérature russe.
Il est pourtant le plus inconnu, en Russie même, justement à cause de son statut d'idole, ou bien de lieu commun.
J'ai commencé à traduire en traduisant Pouchkine et, finalement, de cercle en cercle, ce que j'essaie de traduire dans la littérature russe est non seulement son oeuvre elle-même mais aussi les écrivains de sa génération, ses amis, ses compagnons.
Écrire sur Pouchkine a été une façon, pour moi-même, de retraverser ma vie, - de revenir sur les lieux de mon enfance, sur celles et ceux qui m'ont fait connaître sa poésie. Une façon aussi de poursuivre autrement mon travail de traduction proprement dit dès lors que je pouvais tisser des liens, évoquer des affinités, des généalogies, des entretiens permanents qui sont, me semble-t-il, au fondement de la culture russe. -
J'ai traduit Gilgamesh, qui est l'un des plus anciens textes de l'humanité. Je ne l'ai pas traduit du sumérien, de l'akkadien, du babylonien. Je l'ai traduit du russe. Parce qu'il a été traduit en russe, en 1919, par l'un des plus grands poètes du début du XXe siècle, Nikolaï Goumiliov (1886-1921). Je l'ai traduit du russe alors que, Goumiliov lui-même l'a traduit du français, de l'édition érudite que venait de publier Edouard Dhorme, en 1907, avec l'aide d'un spécialiste de la Mésopotamie, Woldémar Chiléïko (1891-1930) . Oui, c'est la traduction de la traduction d'une traduction. André Markowicz
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Et si l'Ukraine libérait la Russie ? Cette phrase semble indécente alors que la guerre fait rage, que l'Ukraine est ravagée, que la Russie s'efforce de détruire toutes ses infrastructures civiles ; alors que l'on découvre de jour en jour des dizaines et des dizaines de crimes de guerre perpétrés par l'armée russe ; alors que c'est l'existence même de l'Ukraine, en tant que pays et en tant que nation, qui est mise en cause par Vladimir Poutine.
Et si l'Ukraine libérait la Russie ? Je veux dire, si l'électrochoc provoqué par le désastre ukrainien arrivait, en Russie, à réveiller les consciences, et à changer l'Histoire russe ? -
Le soleil d'Alexandre ; le cercle de Pouchkine, 1802-1841
André Markowicz
- Actes Sud
- Babel
- 7 Septembre 2016
- 9782330066864
En Russie, depuis deux cents ans, chaque écrivain, chaque courant, chaque époque peut se retrouver dans Pouchkine, car celui-ci est un miroir, le lieu de la reconnaissance de toute personne de langue maternelle russe. André Markowicz propose dans cet ouvrage de découvrir en quoi la conversation que Pouchkine a établie par textes interposés avec les poètes de sa génération a durablement marqué la littérature et la pensée russes jusqu'à nos jours.
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Daniil Harms (1906-1942) a écrit des proses et des poèmes, dont deux ou trois seulement ont été publiés de son vivant. Victime, comme la plupart de ses amis de la terreur stalinienne, il a été un homme libre.
Ses textes, miraculés, ont été sauvés dans un immeuble en ruines pendant le blocus de Léningrad. Peu à peu diffusés en copies clandestines, ils sont devenus, tout absurdes qu'ils paraissent, les représentations les plus fidèles de leur époque - celle d'un monde d'une violence absolue, sans aucune pitié, sans aucune empathie, où toute vie ne tient que de l'anecdote et l'anecdote devient métaphysique.
On m'a souvent demandé de publier les traductions réunies dans ce livre et très régulièrement jouées sur scène. Les éditions Mesures m'offrent la possibilité de faire connaître ces textes qui sont non seulement des exercices de résistance par l'humour mais des matériaux de théâtre hors du commun.
André Markowicz -
Raoul Wallenberg, diplomate sue´dois, a, au pe´ril de sa vie, sauve´ de l'extermination nazie des dizaines de milliers de Juifs de Budapest. A` l'entre´e de l'Arme´e rouge dans la ville, il a e´te´ convoque´ par les autorite´s sovie´tiques et il a disparu. Personne ne sait ce qu'il est devenu. Interdit de sortir d'URSS et de publier ses textes russes, Guennadi Ai¨gui (1934-2006), l'une des plus grandes voix contemporaines de la poe´sie russe, avait traduit en langue tchouvache (sa langue maternelle) une anthologie de la poe´sie hongroise accueillie en Hongrie avec enthousiasme. En 1988, des e´crivains hongrois ont invite´ Ai¨gui a` faire son premier voyage a` l'e´tranger sur les traces des poe`tes qu'il avait traduits. L'extraordinaire monument a` Wallenberg par Imre Varga venait alors d'e^tre inaugure´ : il figure Wallenberg debout entre deux murs de roche, la main droite tendue et baisse´e vers l'avant, dans un geste de protection et d'apaisement. Ainsi est ne´ ce Dernier De´part, comme un cycle de deuil et de douceur : le deuil du ge´nocide juif, le deuil de Wallenberg lui-me^me, unissant les deux terreurs, hitle´rienne et stalinienne, qui ont domine´ le vingtie`me sie`cle, et douceur infinie de l'attention a` l'autre, du sauvetage, au prix me^me de la mort. Andre´ Markowicz
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Nous avions publié une année des chroniques que tiens sur Facebook, celles de l'année 2015-2016. Mais le cours de ce journal ouvert a été bouleversé par l'invasion russe de l'Ukraine lancée le 24 février 2022.
Devant l'horreur de cette guerre, moi qui n'avais cessé d'évoquer le danger de tous les nationalismes et la montée du militarisme de Poutine, pouvais-je me détourner et continuer mon travail comme si de rien n'était ?
J'ai eu besoin de traduire ce qui me venait des médias de langue russe, - de le traduire pour essayer, dans le feu même de l'action, de le comprendre. Pour garder, aussi, la mémoire de ceux qui ont donné leur vie dans leur combat contre la dictature, malgré les faux espoirs, malgré l'aveuglement, dans ce déchaînement de haine et de violence. C'est à quoi s'étaient opposés aussi, en leur temps, comme il l'avaient pu, les écrivains que j'avais traduits pour les éditions Mesures. Et ce témoignage était aussi une manière de mettre mes pas dans leurs pas.
André Markowicz -
Comment rendre compte, au jour le jour, sans aucune pause, des catastrophes à nos portes, comment faire pour rester en éveil de jour en jour ? C'est l'enjeu de ce livre qui regroupe, à trois ans de distance, les chroniques que j'ai publiées en 2023 dans ce lieu de partage qu'est Facebook.
Un an de chroniques depuis l'enlisement monstrueux de la guerre en Ukraine jusqu'à l'horreur du massacre du 7 octobre et la monstrueuse réponse d'Israël.
Un an de chroniques dans un monde nouveau (ou plutôt très ancien), celui de la force brute comme unique argument. Un an de travail, puisque Partages est un journal de travail et que, pour l'observateur extérieur que je suis, lointain et proche tout à la fois, tout doit pouvoir y trouver place et résonance.
Ainsi les éditions Mesures me permettent-elles de partager d'année en année ce qui est devenu l'aventure d'une vie.
André Markowicz -
«Partages» est le journal de traduction d'André Markowicz, un journal qui court sur une année. André Markowicz y dit notamment la minceur de la ligne de partage entre le métier d'écrivain et celui de traducteur. Il nous plonge, comme jamais, au coeur des questions qui jalonnent une vie d'écriture et de traduction. « Ce pourrait être plusieurs livres tant «Partages» navigue entre des souvenirs, des établis de traduction, des «dossiers» dépoussiérés, des lectures, des poèmes maison, des histoires juives. Rien n'est bâclé, effleuré ou allusif. On y sent une exigence permanente de conférer de l'épaisseur, du sens et des détails. Sans en avoir l'air, Markowicz livre ses mémoires. Jamais il ne l'aurait fait de manière classique. On apprend et on devient en vivant » «Frederique Roussel, »Libération
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À Petersbourg André Markowicz a hérité de l'appartement dans lequel vivait sa grand-mère depuis 1918. Cet appartement, devenu propriété de la famille Markowicz au moment de l'effondrement du système communiste est le prétexte d'un récit mêlant souvenirs familiaux, réflexion sur le régime, sur la littérature, sur les intellectuels russes, et dessine une forme d'autobiographie sensible du poète et traducteur André Markowicz.
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De la riche tradition populaire chantée de Bretagne, les chants en breton sont ceux qui ont transmis la poésie la plus profonde et parfois la plus mystérieuse.
Tout à la fois protestation contre l'oppression (notamment contre le sort fait aux femmes), évocation des crimes mémorables, célébration des grands héros du légendaire et de la passion, le genre majeur de la longue ballade dite gwerz compose une saga aux diaprures émouvantes. André Markowicz et Françoise Morvan ont choisi d'en donner un choix, accompagné de chansons plus légères, en les traduisant de manière à ce que ces trésors transmis par voie orale du fond des temps puissent se chanter en français comme en breton.
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Après son premier volume paru à l'automne 2015 chez inculte, André Markowicz continue à explorer son territoire, celui du texte, des identités, de la traduction. Une démarche saluée par toute la presse dès le premier volume de ses Partages.
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" Sibilante douceur de ronce en ronce son ombre se prolonge sur mes yeux qui sont aveugles s'il faut que je les dirige à l'intérieur de cet espace indiscernable où le silence et lui sont de la même cendre - chaque jour je me concentre ici, et chaque jour je le sens - ô le ruisseau cassable ! - qui glisse et se désagrège progressivement, me laissant seul errer avec les sons, ce mot - figure. "
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Observateur et peintre de la décomposition du pays au moment de la Révolution de 1917, Konstantin Vaguinov (1899-1934) dresse, dans Le Chant du bouc, l'inquiétant tableau d'une société qui, à l'heure où la culture redevient païenne, s'adonne à la vénération de dieux nouveaux : les chefs de la révolution bolchevique. Seul dans les rues d'une ville omniprésente (Leningrad), devenue presque mythique à force d'être revisitée, Teptiolkine, le héros du livre, être mystérieux, philosophe à ses heures, fréquente avec la même avidité les multiples " masques " de sa réalité quotidienne et ceux, non moins réels à ses yeux, qui peuplent son panthéon littéraire. Vaguinov fut condamné en 1928 comme poète et romancier décadent. Et il sombra dans l'oubli, Le Chant du bouc propose donc sur la fin d'un monde un témoignage fascinant que l'URSS de la perestroïka n'a pas encore redécouvert.
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«"Partages» le journal d'un écrivain qui se retourne sur son travail de traducteur, sur ses origines, sur ses lectures, sur la vie qui l'entoure. C'est une tentative, aléatoire, tâtonnante, de mise en forme du quotidien, autour de quelques questions que je me suis trouvé pour la première fois de ma vie, en état de partager avec mes lecteurs, mes "amis inconnus". Quelle langue est-ce que je parle ? C'est quoi, parler une langue ? Qu'est-ce que cette "mémoire des souvenirs" ? Qu'est-ce que j'essaie de transmettre quand j'écris, mes poèmes et mes traductions ? - C'est le reflet, que j'espère partageable, d'une année de ma vie."
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Toute une vie à traduire. Mais André Markowicz a toujours refusé de s'expliquer par écrit sur son métier de traducteur.
Bilingue entre le français et le russe, c'est par le grec et le latin qu'il commence ses traductions. Et puis il y a ce fabuleux continent sauvage de prose qu'il revisite et dénude, un Dostoievski jamais fini, qu'il remanie et aiguise à mesure des rééditions, nous réapprenant un Dostoievski glissant, tranchant, rapide, avec des fulgurations mystiques que les traductions d'autrefois ne laissaient pas prévoir.
André Markowicz a fasciné des centaines et des centaines d'auditeurs : il est là devant vous, un texte sur les genoux qu'il ne regarde même pas, parce qu'il le sait par coeur. Et il vous embarque pendant une heure, deux heures, dans le fond d'un vers, et tout ce qui lui il y entend. Les rythmes, prosodies, l'héritage, les allusions,et puis qui était celui qui écrit, quelles conditions biographiques. Alors, tout au bout, qu'importe le texte français, qui n'aura duré que le temps de cette séance, et n'aura pas laissé de trace : la lecture est avant tout du temps, et ce temps où Markowicz nous a promenés dans la langue, c'est la poésie elle-même, la poésie comme expérience.
C'est dans ce contexte qu'il faut lire ces Gens de cendre, poèmes écrits en traduisant, lisant crayon en main.
Travail de la langue à ses frontière, dont l'appareil de notes donne les sources et les clés. Croisant alors l'histoire russe, l'histoire des Juifs dite par un vers de Guennadi Aïgui, et Virgile ou Sophocle en amont de Shakespeare, et, pour l'air et les ciels où on travaille, les mots de la langue bretonne, le pays où il vit.
Mais, avant tout, les grandes ombres de Paul Celan, d'André Mandelstam (ou Agamben commentant Mandelstam, André s'inscrivant dans toute une suite de ces prismes où nous-mêmes nous sommes...). La question de la folie, souvent tangente sous les phrases.
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L'Emportement est mon troisième livre de « poèmes non-traduits », après Figures et les Gens de cendre. Il tente d'approfondir cette fascination que j'ai pour « les images sans images », pour ces ombres d'images qui m'accompagnent, ces présences déplacées, éparpillées, quasiment insensibles, que mes textes, les uns après les autres, tentent de partager. Le livre s'est construit sur son titre. Ce mot, l'emportement, comment dois-je le comprendre ? S'agit-il d'être emporté, ou de se laisser emporter, et quelle est cette « porte » qui vous laisse interdit ? D'où vient la nécessité ressentie d'un « glissement vers la/quasi-réalisable ligne,/ un en-dessous de voix,/ presque un récit » ? - André Markowicz
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Dans cet inédit, les passionnés de musique, d'histoire, de littérature et de sociétés trouveront un récit et des observations à la hauteur de leur gourmandise.