Filtrer
Prix
jean claude schmitt
-
Les images médiévales : La figure et le corps
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Bibliotheque Des Histoires
- 21 Septembre 2023
- 9782073026880
De l'empreinte bouleversante d'une main humaine datée du paléolithique dans la grotte Cosquer (28000 ans avant notre ère) à la pipe peinte en 1929 par René Magritte prévenant que «Ceci n'est pas une pipe», les images ne cessent de nous renvoyer aux mêmes questions essentielles : qu'est-ce que représenter ? Imiter et figurer, est-ce la même chose ? Quel est le rapport entre l'objet ou la personne représentés et leurs images ? Ces questions semblent hors du temps, alors que les images, leurs formes et leurs usages se montrent étroitement dépendants des époques et des cultures particulières qui les produisent. Ainsi en va-t-il dans la chrétienté médiévale, entendue comme une formation sociale et culturelle dont on ne préjuge pas des limites chronologiques, pour souligner au contraire son empreinte durable jusque sur nos comportements et nos représentations aujourd'hui. Au «Moyen Âge», la question de l'image se rapporte toujours, de près ou de loin, à l'Incarnation du Fils de Dieu. Contre l'interdit judaïque de la représentation, la «figure» du Christ donne sens à toutes les autres images. Et par ricochet, son «corps» sacramentel donne corps à la matière (bois, métal, textile, parchemin) des peintures et des statues innombrables et désirables de la Vierge et des saints. Ainsi la fifigure et le corps tracent dans les motifs et la matière des images, des chemins qui, en se croisant, invitent le lecteur à un parcours sinueux dans le temps long de l'histoire.
-
Les rythmes au Moyen Age
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Bibliothèque Des Histoires
- 11 Mai 2016
- 9782070177691
Les rythmes entraînent dans leur mouvement la vie tout entière des individus et des sociétés : les comportements quotidiens et les expériences esthétiques, les déplacements dans l'espace aussi bien que l'ordre du temps. Il n'y a pas de vie sans rythme, c'est-à-dire - comme dans un air de jazz ou une toile abstraite de Mondrian - sans une mise en ordre variable de faits qui se répètent en combinant
indéfiniment périodicité et rupture. Philosophes, sociologues, anthropologues, musicologues s'interrogent parmi d'autres depuis deux siècles sur les rythmes sociaux, dont Marcel Mauss disait qu'ils commandent les représentations du temps. Pourtant, il n'existe pas à
ce jour une histoire des rythmes qui confronte nos conceptions et expériences du rythme à celles du passé. Or, le contraste est fort entre notre monde moderne, où les rythmes sont partout, mais sont observés dans des champs séparés (rythmes scolaires, arythmie cardiaque, tempo musical, croissance économique en dents de scie ... ) et la civilisation holiste de l'Europe médiévale : ici, la notion de rythme, héritée de l'Antiquité gréco-romaine, paraît ne concerner que la musique, la poésie et la danse, mais elle entre en fait en résonance avec la totalité de la Création, que Dieu aurait façonnée en six jours. C'est à ce rythme fondateur que le présent livre emprunte sa propre scansion, en explorant successivement les significations du rhythmus médiéval, les rythmes du corps et du monde, ceux du temps, de l'espace et du récit, avant de s'interroger sur la fonction des rythmes dans le changement social et la marche de l'histoire. -
Le cloître des ombres
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Bibliotheque Des Histoires
- 8 Avril 2021
- 9782072931468
Imaginez qu'une foule d'esprits malins vous cerne. Vous ne les voyez pas, ou à peine, mais vous les entendez débattre entre eux des pièges qu'ils s'apprêtent à vous tendre. Ils s'emparent de votre corps, vous font parler, tousser, grogner, vous gratter malgré vous, déplacent à leur guise votre main ou votre pied et font même se mouvoir les cadavres. Telle fut l'expérience de l'abbé Richalm et d'une poignée de moines cisterciens de Schontal, en Allemagne du Sud, vers l'an 1200. La récente découverte de leur prodigieux dialogue sur les démons, le Livre des révélations, jette une lumière totalement nouvelle sur les croyances et plus largement sur la culture et la société de l'époque médiévale, tout en nous faisant partager l'angoissant confinement de ces hommes et des démons dans l'espace exigu d'un monastère. Le cloître des ombres rend compte de ce cas stupéfiant, en combinant les approches de la microhistoire et de l'anthropologie sociale et culturelle, et, en offrant pour la première fois, une traduction dans une langue moderne d'un témoignage sans équivalent sur la puissance des démons.
-
Les revenants ; les vivants et les morts dans la société médiévale
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Bibliotheque Des Histoires
- 15 Février 1994
- 9782070736577
La croyance aux revenants semble de tous les temps ; elle a pourtant aussi son histoire. Que signifiait au Moyen Âge cette «croyance» et comment la saisir ?Les dix siècles qui vont de l'Antiquité tardive à la veille de la Renaissance ont vu se succéder et se combiner les vieilles croyances païennes et les rituels lentement christianisés. Ils sont contenus dans la notion de memoria, de «mémoire des morts», faite de liturgie, de larmes et de prières ; une mémoire en réalité destinée à aider la séparation des vivants et du défunt, à régler le fonctionnement social de l'oubli.Les revenants médiévaux, c'étaient les rares morts qui, obstinément, pendant une durée assez brève, tenaient en échec le fonctionnement réglé de la memoria chrétienne, faisant obstacle au déroulement nécessaire du «travail du deuil». Revenants pitoyables ou terrifiants, le plus souvent solitaires, surgissant de leur tombe pour hanter la conscience des proches et des parents, coupable ou douloureuse.On saisit immédiatement l'ampleur des problèmes que fait surgir l'analyse rigoureuse de cette moisson de textes et d'images qui racontent l'apparition des morts, et où le spirituel se mêle au corporel, l'individuel au collectif, la personne à la parenté, le jour à la nuit, le merveilleux à l'ordre social. Ce livre ouvre à l'histoire sociale un secteur nouveau : la science des rêves.
-
Retour vers le futur : l'apocalypse au Moyen Âge
Jean-claude Schmitt
- Societe D'Ethnologie
- Conference Eugene Fleischmann
- 11 Avril 2024
- 9782365190695
«Le 24 février 2022, les chars russes entraient en Ukraine, entamant une guerre d'une ampleur et d'une violence sans précédent en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Subitement, le thème de l'apocalypse - auquel les débats de ces dernières années sur le réchauffement climatique nous ont habitués - a pris tout près de nous un nouveau visage: celui de la guerre totale, des destructions massives et sys- tématiques, du massacre de populations civiles. Nous voici, malgré nous, invités à "faire retour" sur l'apocalypse. »Dans cette conférence inédite, Jean-Claude Schmitt interroge dans la longue durée le thème de l'apocalypse, des textes bibliques aux usages politiques qui en ont été faits durant le Moyen Âge.
-
Rêver de soi ; les songes autobiographiques au Moyen Age
Gisèle Besson, Jean-claude Schmitt
- Anacharsis
- Famagouste
- 27 Octobre 2007
- 9782914777346
Le rêve, la part éthérée de l'humanité, occupait dans les consciences médiévales une place - littéralement - essentielle. Songes, visions, images, fantômes et fantasmes, sommeil et illusions, les manifestations des mondes oniriques ouvraient des fenêtres problématiques sur le proche au-delà. Si elles n'étaient pas le jeu du diable, elles donnaient un accès direct à la visibilité de Dieu - coupant court à l'intercession de l'Église. Une présence ambivalante de l'invisible, donc, qui demandait non seulement à être auscultée, mais aussi, au préalable, à être dite.
Le présent ouvrage expose dans un ordre chronologique des expressions du rêve et des rêves, des sources à partir desquelles il a été rendu possible de pénétrer l'onirisme médiéval : des textes théoriques en quête du sens à donner au rêve en regard des canons ecclésiastiques, ou des clés des songes, alternent avec des textes narratifs anecdotiques, politiques ou spirituels.
Les récits de la sorte mis par écrit manifestent aussi bien le trouble provoqué par le rêve que l'usage que l'on peut en faire, l'impression laissée par un sommeil agité que la conviction qu'une vision prophétique a été délivrée. Ressérés cependant autour de récits spécifiquement autobiographiques, les textes proposés ici, pour la plupart jamais traduits, induisent pourtant une approche singulière du rêve. Car en se faisant narration, la relation du songe personnel, en inscrivant le "je" au coeur de l'action, participe à l'individuation du sujet. Et, par là, autorise l'avènement de la littérature et de ses possibles.
Textes choisis et présentés par Jean-Claude Schmitt. -
Le corps, les rites, les rêves, le temps ; essai d'anthropologie médiévale
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Bibliotheque Des Histoires
- 25 Avril 2001
- 9782070760794
Qui veut comprendre le Moyen Âge doit le tenir à distance:poser sur lui le regard de l'anthropologue étudiant une société étrangère à sa propre culture et à ses habitudes de pensée. C'est la première ambition de ce livre:mettre en garde contre l'usage de catégories - la «religion» par exemple, ou l'«individu», - dont il convient de saisir la relativité historique. Voilà qui peut sembler paradoxal, mais il n'y a pas, au Moyen Âge, de «religion», au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Toute une «culture», en revanche, complexe, foisonnante, originale, se déploie selon les différents pôles constitutifs de cette société:les clercs et les laïcs, la cathédrale et le château, la communauté paysanne et la ville. S'en dégagent des conceptions irréductibles aux nôtres, du corps et de la personne, de la croyance et des rêves, des rites et du temps, à l'articulation de l'homme et du divin (ou du démoniaque), de l'ici-bas et de l'au-delà, des images et de l'invisible, de la memoria et des futura.Ce livre retrace le parcours sinueux d'une recherche de plus de vingt ans à travers les textes et les images issues de la culture médiévale. Il tente de répondre aux questions que pose la construction d'une anthropologie historique du Moyen Âge:qu'est-ce qu'une «personne» dans la société médiévale? Qu'en est-il de la notion du «sacré»? L'idée d'«avenir» est-elle compatible avec la conception eschatologique du temps chrétien?
-
-
Les dominicaines d'unterlinden t.1
Jeffrey Hamburger, Francis Rapp, Jean-claude Schmitt
- Somogy
- 21 Février 2001
- 9782850564284
-
Les dominicaines d'unterlinden t.2
Jeffrey Hamburger, Francis Rapp, Jean-claude Schmitt
- Somogy
- 21 Février 2001
- 9782850564246
-
Du tabac pour le mort ; une histoire de la réanimation
Anton Serdeczny
- CHAMP VALLON
- Époques
- 20 Septembre 2018
- 9791026707295
À partir de 1733, la réanimation médicale, auparavant anecdotique, devint incontournable dans l'univers des Lumières. Ce développement débuta avec les noyés, et s'incarna à travers une pratique énigmatique : l'insufflation anale de fumée de tabac. Pour comprendre ce changement d'attitude face à la mort, il faut retracer le discours qui le porta, notamment l'apport inédit de savants protestants fascinés par les états entre nature et miracle, mort et vie.
Mais expliquer la pratique étonnante promue par les Lumières requiert d'aller plus loin : le geste de souffler au cul pour redonner la vie provient des contes et des rites, principalement du carnaval. C'est ainsi qu'involontairement les Lumières ont puisé dans la culture le matériau étrange qui permit d'étendre le geste médical à la mort.
-
La raison des gestes dans l'occident médiéval
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Bibliotheque Des Histoires
- 3 Avril 1990
- 9782070718450
Charlemagne se tord la barbe et pleure ; devant Guillaume le Conquérant, Harold prête serment les mains posées sur des reliques ; les bras tendus, le prêtre élève l'hostie que les fidèles, à genoux et les mains jointes, fixent du regard ; tous font des signes de croix. Qu'ils nous surprennent ou nous paraissent aujourd'hui encore familiers, tous ces gestes sont liés à une culture et à son histoire. Car il n'existe pas de gestes «naturels», mais des usages sociaux du corps, propres à chaque civilisation et qui changent au cours du temps.Ce livre explore l'histoire des gestes en Occident, depuis l'Antiquité tardive jusqu'au Moyen Âge central. D'entrée de jeu, il souligne un problème crucial : l'historien, à l'inverse de l'ethnologue ou du sociologue, n'atteint pas directement les gestes du passé, mais toujours dans des écrits ou des images, des représentations des gestes qui en sont aussi des interprétations données par la culture du temps. Ce qui déplace et enrichit le questionnaire de l'historien : qu'est-ce que «faire un geste» dans la société chrétienne du Moyen Âge ? Comment juge-t-on à cette époque le corps, son mouvement et ses attitudes ? Existe-t-il alors une ou des théories du geste ?
-
Le corps des images ; essais sur la culture visuelle au Moyen Age
Jean-claude Schmitt
- Gallimard
- Le Temps Des Images
- 2 Mai 2002
- 9782070761593
Il est devenu banal de dire que nous sommes entrés dans la «civilisation de l'image». Les images animées, numériques, virtuelles façonnent notre monde avec une force sans précédent. Mais elles s'enracinent aussi dans une longue histoire, où la chrétienté médiévale a joué un rôle décisif : en osant - contre le vieil interdit biblique - faire et «adorer» les images, et même donner figure humaine au Dieu incarné, le Moyen Âge a ouvert d'immenses possibilités à la création plastique et à l'imaginaire individuel et social.Ce livre s'attache à saisir ensemble, dans leur développement historique, les conceptions de l'imago médiévale et les pratiques rituelles (religieuses ou politiques) et fantasmatiques dont les images furent l'objet depuis le Haut Moyen Âge jusqu'à la Renaissance et la Réforme. Aux images matérielles, en deux ou trois dimensions, l'auteur associe les images visionnaires et oniriques qui permettaient de les légitimer et de se les approprier, comme s'il s'agissait de personnes vivantes, douées de corps et de sang, de parole et de mouvement...L'image est l'une des manières par lesquelles une société se re-présente le monde, c'est-à-dire se le rend à nouveau présent pour le penser et agir sur lui.
-
Du charivari il ne reste plus aujourd'hui que ce nom aux sonorités étranges, écho affaibli de vacarmes passés.
Mais il y a peu de temps encore, et depuis des siècles, c'était un cri de ralliement et de menace, scandé au milieu des rires et des injures et des heurts assourdissants de poêles et de chaudrons. Cris de tous contre un seul : le veuf convolant en secondes noces avec une jeunesse, le mari battu ou trompé, ou simplement le riche et le puissant sur qui s'est accumulé au fil des ans le ressentiment de la communauté.
Le Charivari, c'est aussi le titre donné au siècle dernier à un célèbre journal satirique.
Non sans raison : car les questions qui s'entrecroisent autour du charivari - celles du corps et de la société, la fête et du pouvoir - n'intéressent pas seulement l'historien et l'ethnologue. Sous les masques de la dérision, elles sont, au sens plein du terme, politiques, elles s'adressent à chacun de nous.
-
Penser par figures ; du compas divin aux diagrammes magiques
Jean-claude Schmitt
- ARKHE
- Oblique/s
- 8 Mars 2019
- 9782918682455
Pas de journal télévisé, d'article de presse ou de présentation d'entreprise sans une série de courbes, de diagrammes, de graphiques ou d'histogrammes, au point de parfois créer une forme de dépendance intellectuelle aux schémas en tous genres. Et pour cause : ces figures permettent de rendre une idée complexe immédiatement mémorisable par le cerveau humain, épargnant ainsi une longue démonstration. Mais saviez-vous que ce mode de pensée et d'expression, qui tient à la fois de l'image et de l'écriture, existait bien avant Microsoft et ses schémas auto-générés ? Confrontés aux mêmes difficultés que nous, érudits, hommes d'église ou simples artisans ont caché des trésors d'inventivité dans les manuscrits médiévaux où les roues, les arbres, les échelles et autres figures insolites invitent le lecteur à s'introduire, par l'oeil et l'esprit, dans le labyrinthe de l'âme et du monde.
-
Une autre histoire
Jacques Revel, Jean-claude Schmitt
- EHESS
- Cas De Figure
- 14 Janvier 2016
- 9782713225109
La disparition du grand historien en 2014 a suscité une grande émo- tion, en France et à travers le monde. Des collègues et amis, des anciens étudiants, mais aussi des lecteurs et des auditeurs de Jacques Le Goff, évoquent ici sa mémoire, ses travaux et sa présence dans le siècle.
Notice Jacques Le Goff (1924-2014) a été l'un des très grands historiens de son temps. Il est l'auteur d'une oeuvre immense, consacrée pour l'essentiel à l'histoire du Moyen Âge, qu'il a renouvelée en profondeur. Ce livre en explore les ambitions, les objets et les démarches. Il réunit les contributions présentées à l'occasion d'une journée d'hommage organisée en janvier 2015 par l'École des hautes études en sciences sociales et par la Bibliothèque nationale de France. Aux très nombreux lecteurs de Jacques Le Goff, mais aussi à ses collègues et à leurs étudiants, il permettra de situer l'oeuvre dans le « moment » intellectuel et scientifique des années 1960-1980, de prendre la mesure de son rayonnement international et de rappeler la présence de l'homme public : un homme toujours soucieux de faire connaître les résultats de la recherche à un public élargi, passionné par les médias, mais aussi un citoyen engagé pour les libertés et un défenseur passionné de l'Europe en construction.
-
L'Ogre historien : Autour de Jacques Le Goff
Collectifs, Daniel Fabre, Jean-claude Bonne, Jean-claude Schmitt, Alain Boureau, Krzysztof Pomian, Pierre Dumayet, Jacques Revel, Alain Guerreau, Jacques Berlioz, André Vauchez, Michel Pastoureau, Pierre Toubert
- Gallimard
- 22 Janvier 1999
- 9782070750894
«Le bon historien ressemble à l'ogre de la légende, disait Marc Bloch. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier.» Jacques Le Goff n'a guère eu à forcer son talent pour se glisser à son tour dans la peau de l'ogre. La métaphore illustre à souhait l'énergie physique et intellectuelle, la force de travail peu commune de cet historien qui tient de Michelet, mais aussi de Balzac. C'est à l'évoquer, lui et son oeuvre et, plus encore, sa manière de faire de l'histoire que nous avons voulu consacrer ce livre pour lui offrir.
-
Pour une anthropologie historique de la nature
Jérôme Lamy, Romain Roy
- Presse Universitaire de Rennes
- Hors Série
- 21 Février 2019
- 9782753575943
Cet ouvrage donne à voir les nombreuses façons d'appréhender la nature à travers le temps. Les configurations historiques et géographiques, les cadres économiques et politiques, les forces culturelles et sociales, les agencements scientifiques et techniques délimitent des manières très singulières de considérer l'environnement naturel. De la phúsis des Grecs aux plages de Californie, des récoltes médiévales aux représentations du Vésuve, des marées vertes au territoire écologique de Versailles, il propose un large ensemble d'approches contrastées en lien avec les enjeux très contemporains de nos rapports à la nature.
-
Vie de Charles IV de Luxembourg
Pierre Monet, Jean-claude Schmitt
- Les Belles Lettres
- 16 Novembre 2010
- 9782251340609
La Vie de Charles IV (1316-1378), dont le récit s'arrête en 1346, lors de l'accession de Wenceslas/Charles au trône germanique des Romains, promesse d'un titre impérial encore riche des attentes universelles de la Chrétienté, est à la fois une réflexion sur la vie et le pouvoir, sur les devoirs et la piété d'un roi et l'histoire autoproclamée de l'enfance, de la jeunesse et de la formation d'un souverain du XIVe siècle.
-
Femmes, art et religion au moyen age
Jean-claude Schmitt
- PU DE STRASBOURG
- 1 Février 2004
- 9782868202321
Dans le prolongement de l'exposition Les Dominicaines d'Unterlinden présentée au Musée d'Unterlinden (décembre 2000-juin 2001), un colloque international avait réuni en mai 2001 des spécialistes de la spiritualité du Moyen Âge sous la direction de Jean-Claude Schmitt, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Si le colloque reprenait la problématique de l'exposition, il ne se limitait pas à la région du Rhin supérieur, ni à l'histoire des ordres religieux féminins. La question du "féminin" et de la " différence des sexes " comme dimensions essentielles de la relation entres femmes, art et religion fut au centre des réflexions. Ces questions ont fait l'objet ces dernières années de travaux importants, principalement dans le monde germanique et aux États-Unis. Ils sont restés jusqu'à présent peu connus en France en dépit de traductions françaises. Les actes du présent colloque donnent un aperçu des réflexions engagées à l'échelle internationale et offrent des éléments susceptibles de promouvoir de nouvelles recherches.
-
Publier la nouvelle : Les pièces gothiques, histoire d'un nouveau média (XVe-XVIe siècles)
Marion Pouspin
- Editions De La Sorbonne
- 11 Mars 2016
- 9782859449377
Dès le dernier tiers du XVe siècle, un nouveau genre de publication dissémine un éventail de petits textes en langue française, dont il permet une circulation à une échelle inédite: les pièces gothiques. Ce sont des livrets à bon marché, imprimés en caractères gothiques tout au long du XVIe siècle. Précurseurs du « livre populaire », beaucoup de ces brochures sont des ouvrages de catéchèse rudimentaire, des vies de saints, des pronostications, des recueils de recettes médicales, ainsi que des textes qui, relevant du folklore, fleurissaient jusqu'à Rabelais, à savoir des sotties, des farces qui mettent en scène la vie quotidienne, ou encore des textes parodiques et satiriques aux sujets scatologiques et misogynes. D'autres apparaissent comme les ancêtres de notre presse d'information en colportant des « nouvelles » sur l'actualité politique, militaire ou prodigieuse. Au-delà des savoirs qu'elles divulguent, les pièces gothiques constituent des vecteurs de normes et de valeurs qui concourent à façonner l'opinion, l'âme et le comportement de leurs lecteurs et auditeurs. Elles contribuent ainsi au développement et au fonctionnement de deux structures indispensables et complémentaires à l'État moderne: celle de la légitimation idéologique et celle de l'opinion.
À partir de l'étude minutieuse des 2 200 pièces gothiques environ qui ont pu être recensées, ce livre retrace l'histoire complète, dans le temps et dans l'espace, de ce nouveau média. Les pièces gothiques
nous permettent de saisir les nouvelles conditions de circulation des textes et de diffusion de l'information à l'ère de l'imprimerie et elles contribuent à renouveler notre compréhension tout à la fois de la « culture populaire » et du système de communication au tournant du XVIe siècle. -
Dictionnaire raisonné de l'Occident médiéval
Jacques Le goff, Jean-claude Schmitt
- Pluriel
- 17 Septembre 2014
- 9782818504222
Depuis sa parution en 1999, ce dictionnaire « raisonné », à l'inverse d'une visée encyclopédique, s'est imposé comme un ouvrage incontournable, non seulement pour les historiens du Moyen Âge et les étudiants, mais pour un grand nombre de lecteurs. Ce succès justifie cette seconde édition en format de poche, qui facilitera une diffusion encore plus large. Le lecteur y verra aussi un hommage rendu à Jacques Le Goff, codirecteur de l'ouvrage, disparu en avril 2014.
-
BB n°10 - Les Saints et les stars - Le Texte hagiographique dans la culture populaire
Jean-claude Schmitt
- Beauchesne
- 1 Avril 1982
- 9782701010755
Depuis près de vingt siècles, le culte des saints, médiateurs entre les hommes et le divin, est un des traits originaux du catholicisme ; avec la vénération et le commerce des reliques, les pèlerinages, les images pieuses, la croyance au miracle, il est même l'un des traits marquants de l'histoire des mentalités, de la culture et de la société occidentales. Une journée d'études de la Société d'ethnologie française a permis en 1979 à une quinzaine d'ethnologues et d'historiens, spécialistes pour la plupart du domaine français, de réfléchir ensemble aux modalités de composition, de transmission et de réception du Texte hagiographique dans la culture populaire : ils n'entendent pas par là seulement la Légende dorée de chaque saint; leurs études montrent au contraire la nécessité de dépasser le seul texte écrit, pour l'inclure dans la totalité des modes d'expression du culte et de la mémoire du saint: les traditions orales, les gestes qui délimitent l'espace rituel, les images, les hymnes qui scandent la marche des fidèles ; elles démontrent ensuite qu'il est impossible d'isoler la « culture populaire », soumise sans cesse aux traditions savantes - l'hagiographie officielle, mais aussi la littérature édifiante ou l'érudition des folkloristes eux-mêmes - tout en agissant sur elles; elles montrent enfin comment la permanence de certaines attitudes à l'égard du saint, du héros comme, aujourd'hui, du chanteur à succès, est sans cesse remise en cause par l'histoire, qui réinterprète les formes, modifie les fonctions sociales, interdit d'artificielles filiations : pas plus que les saints chrétiens ne sont les « successeurs des dieux » antiques, le « culte » dont Elvis Presley, Claude François ou Patti Smith sont aujourd'hui l'objet n'est pas identique à celui des saints, et il n'a pas les mêmes significations.Ethnologues, historiens, sociologues des religions trouveront dans ces travaux de première main une foule d'informations inédites, tandis que la diversité des régions et des époques concernées, du IV au XXe siècle, pourra satisfaire la curiosité d'un plus large public de tous âges. Les études finales sur les stars contemporaines comparées aux saints traditionnels permettront enfin à chacun de s'interroger sur le sens du surnaturel et certaines formes de son attente dans notre propre société.
-
Autobiographies souveraines
Pierre Monnet, Jean-claude Schmitt
- EDITIONS DE LA SORBONNE
- Histoire Ancienne Et Medievale
- 13 Avril 2012
- 9782859446925
Parcourant une longue série de textes de nature autobiographique rédigés ou dictés par des souverains depuis l'Antiquité jusqu'aux XVIIE-XVIIIe siècles, les auteurs de ce livre s'interrogent sur le statut, l'autorité et les enjeux d'une parole par laquelle certains souverains - pas tous - ont affirmé simultanément leur maîtrise de soi et leur domination sur un territoire et des sujets.
Cette interrogation concerne les Res gestae d'Auguste ou les écrits de Julien l'Apostat autant que la Saga de Sverrir, les livres de Jacques Ier d'Aragon et de Pierre le Cérémonieux ou encore les témoignages de Frédéric III, Maximilien Ier, du pape Pie II Piccolomini et plus tard de Catherine II de Russie. D'autres documents de cette nature, produits dans des contextes culturels, religieux et géographiques différents, sont également convoqués comme les mémoires d'Abdallah de Grenade au XIe siècle, les écrits de Jean VI Cantacuzène (1347-1354) ou du grand Moghol Babur (mort en 1530).
Un faisceau de questions soutient ce parcours : elles portent sur les titres donnés à ces ouvrages singuliers, sur le ou les auteurs, les formes d'écriture, les manuscrits et leur diffusion, les stratégies discursives, les relations entre autobiographie et mémoires, le choix de la langue savante ou vernaculaire, les espaces et les temps de la narration, les destinataires de l'oeuvre. À chaque fois, un triple processus de construction est mis en scène, qui concerne fondamentalement les particularités du texte autobiographique, les formes de subjectivité et les régimes de souveraineté politique.
Ce volume rassemble les actes d'un colloque international organisé par Pierre Monnet et Jean-Claude Schmitt, tous deux directeurs d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, les 14 et 15 mars 2008 à la fondation Singer-Polignac et à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Il est issu d'un programme de recherche du Groupe d'Anthropologie historique de l'Occident médiéval (Centre de recherches historiques de l'EHESS et du CNRS), financé par l'Agence nationale de la recherche, sur les écritures de soi et la souveraineté politique.
Cette recherche collective a permis aussi la publication, sur le même thème, de Vie de Charles IV de Luxembourg. Présentation, édition et traduction par Pierre Monnet et Jean-Claude Schmitt, Paris, Les Belles Lettres, 2010 ("Les Classiques de l'Histoire au Moyen Âge", volume 49).