Littérature traduite

  • Le 5 juin 1985, Gwendolyn est assassinée par son ex-mari, Joel, dit « Big Joe ». Plus de trente ans après ce drame qui a changé sa vie, Natasha Trethewey, sa fille, affronte enfin sa part d'ombre en se penchant sur le destin de sa mère. Tout commence par un mariage interdit entre une femme noire et un homme blanc dans le Mississippi. Suivront une rupture, un déménagement puis une seconde union avec un vétéran du Vietnam. À chaque fois, Gwendolyn pense conquérir une liberté nouvelle. Mais la tâche semble impossible. Elle est toujours rattrapée par la violence.

    Dans ce récit déchirant, Natasha Trethewey entremêle la trajectoire des femmes de sa famille et celle d'une Amérique meurtrie par le racisme. Elle rend à sa mère, Gwendolyn Ann Turnbough, sa voix, son histoire et sa dignité.

  • Rien à déclarer Nouv.

    « La vie, ce sera ça, désormais, pensa-t-il. Un catalogue. Les conversations, les rencontres, les gens, les départs, les arrivées. Les choses qui passent. Rien d'effroyable. » À New York ou dans le Michigan, à La Nouvelle-Orléans, à Paris, à Dublin, des hommes et des femmes se penchent sur leur passé. Solitaires le plus souvent, parfois malgré eux (ils sont séparés, veufs ou simplement célibataires), ils s'interrogent aussi sur leur avenir. Sans amertume, même quand la nostalgie joue en sourdine la petite musique des regrets, la ritournelle des occasions perdues et des rendez-vous manqués.

    Rien d'autobiographique dans ces nouvelles, nous assure l'auteur. On est pourtant tenté d'y lire, entre les lignes, le bilan de la maison Ford. Car s'il ne dit jamais « je », il y a un peu de Richard Ford dans chacun de ces personnages, ne serait-ce qu'un certain goût pour l'ironie.
    Tout en saluant au passage deux de ses modèles : James Salter, pour sa précision, sa cruauté et sa mélancolie, et Alice Munro, championne incontestée du discours indirect libre.

  • Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

    Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.

    Un jour, tout est léger, irrésistible?; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

    Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

    Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

  • L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l'extrême.
    Prix Pulitzer 2007, La Route s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires aux États-Unis.

  • Dublin, de nos jours. Frances et Bobbi, deux anciennes amantes devenues amies intimes, se produisent dans la jeune scène artistique irlandaise comme poètes-performeuses. Un soir, lors d'une lecture, elles rencontrent Melissa, une photographe plus âgée qu'elles, mariée à Nick, un acteur. Ensemble, ils discutent, refont le monde, critiquent le capitalisme comme les personnages de Joyce pouvaient, en leur temps, critiquer la religion. Ils font des photographies, ils écrivent, ils vivent. C'est le début d'une histoire d'amitié, d'une histoire de séduction menant à un « mariage à quatre » où la confusion des sentiments fait rage : quand Frances tombe follement amoureuse de Nick et vit avec lui une liaison torride, elle menace soudainement l'équilibre global de leur amitié.

    Mais Conversations entre amis n'est pas qu'une banale histoire d'adultère : c'est avant tout le portrait attachant, empathique, des jeunes gens contemporains, ces millenials qui ne parviennent pas à trouver leur place dans le monde que leur ont laissé leurs aînés. La voix de Frances, poétique, désinvolte, parfois naïve, d'une extraordinaire fraîcheur est, par de multiples aspects, celle de sa génération.

  • Dans un cirque, un employé chargé de nettoyer les cages des animaux accepte d'être envoyé dans le ciel comme un boulet de canon ; le jeune pensionnaire d'un étrange orphelinat découvre qu'il est un clone d'Adolf Hitler créé pour venger les victimes de la Shoah ; un accidenté de la route perd la mémoire et se retrouve dans une pièce virtuelle avec une femme virtuelle, à moins que ce ne soit l'inverse...

    Facétieuses, corrosives et incroyablement brillantes, les vingt-deux nouvelles d'Incident au fond de la galaxie nous immergent dans l'univers « keretien », où le virtuel et le fantastique viennent subtilement troubler la réalité pour faire surgir de profondes réflexions sur le deuil, la solitude et les stigmates de l'Histoire.

  • Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche. Et pourtant... Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l'ampleur d'un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement.

  • À quarante-trois ans, Barry Cohen, New-Yorkais survolté à la tête d'un fonds spéculatif de 2,4 milliards de dollars est au bord du précipice. Sous le coup d'une enquête de la Commission boursière, accablé par la découverte de l'autisme de son jeune fils, il prend une décision aussi subite qu'inattendue et embarque dans un car Greyhound. Destination : le Nouveau-Mexique où demeure celle qui fut jadis son premier amour, et avec qui il imagine pouvoir refaire sa vie. Une vie plus simple, plus saine, plus heureuse. Commence alors une folle traversée du continent. D'est en ouest, de highways en freeways, Barry découvre une autre Amérique : celle des pauvres, des marginaux, des déclassés. Pendant que sa femme, Seema, entame une liaison avec un romancier, Barry fonce vers une improbable rédemption.

    Sans se départir de son humour loufoque, Gary Shteyngart dresse le portrait d'une Amérique déboussolée, à la veille de l'élection de Donald Trump, et nous entraîne dans un road-trip qui tient plus des montagnes russes que du voyage d'agrément.

  • « Dehors s'étendent des terres sombres retournées piquées de lambeaux de neige et plus sombres au loin des bois où s'abritent encore les derniers loups. » Après avoir fui la hutte paternelle au Tennessee, un garçon de quatorze ans, dit le Gamin, s'enrôle dans une bande de hors-la-loi payés au scalp. Ces soldats de fortune pillent, brûlent et tuent, menés par le Capitaine Glanton et son second, le Juge, géant surhumain au savoir encyclopédique. Arrivés au Colorado, ils sont décimés par les survivants d'Indiens Yumas. Un long affrontement commence alors entre le Juge et le Gamin, au pied des dunes de la Vallée de la Mort.

    Méridien de sang est une équipée sauvage et tragique, sur laquelle plane l'ombre d'Edgar Allan Poe. Cormac McCarthy y déploie sa vision de l'Amérique, hantée par la violence des hommes et la question du Mal.

  • «Quand la connexion s'établit, tout est relié et converge vers un moment d'émotion partagée, vers une affinité créatrice qui arrime chaque personne à un présent vécu comme une expérience collective. » Printemps 2020 : alors que la crise du Covid-19 impose au monde de se calfeutrer et prive de scène des milliers d'artistes, Kae Tempest nous livre une réflexion toute personnelle sur la créativité et ce qui la nourrit. À l'heure où les réseaux sociaux nous poussent à la représentation perpétuelle, où l'apathie nous gagne au point de nous faire oublier qui nous sommes, Tempest crie l'urgence de nous reconnecter. À nous-mêmes, aux autres, à la réalité, pour que jaillisse l'étincelle vitale de la création. On retrouve dans ce texte tout ce qui fait sa force : une voix qui porte, cogne parfois, et une grâce hors du temps.

  • « Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J'ai lu des trucs là-dessus. C'est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Ou alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis ? » Après Hemingway et Salinger, Carver s'impose comme le maître de la short story. En donnant la parole aux « gens normaux », il montre que chaque vie recèle un mystère que seule la littérature a le pouvoir de dévoiler.

  • De quoi parlent les histoires d'Alice Munro ?

    De baisers donnés.

    De meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer.

    De trahisons nécessaires.

    De mots d'adieu.

    De femmes déchirées entre la passion et la vie domestique, le désir d'être libre et la bonne éducation.

    Neuf histoires d'amour, en somme

  • Les Furies

    Lauren Groff

    « Le mariage est un tissu de mensonges. Gentils, pour la plupart. D'omissions. Si tu devais exprimer ce que tu penses au quotidien de ton conjoint, tu réduirais tout en miettes. Elle n'a jamais menti. Elle s'est contentée de ne pas en parler ».

    Ils se rencontrent à la fin de l'université. Ils se marient très vite. Nous sommes en 1991. A vingt-deux ans, Lotto et Mathilde sont beaux, séduisants, amoureux, et semblent promis à un avenir radieux. Dix ans plus tard, Lotto est devenu un dramaturge au succès planétaire, et Mathilde, dans l'ombre, l'a toujours soutenu. Le couple qu'ils forment est l'image-type d'un partenariat réussi. Ils suscitent la jalousie, l'envie. Mais les histoires d'amour parfaites cachent souvent des secrets qu'il vaudrait mieux taire. Au terme de ce roman, la véritable raison d'être de ce couple sans accrocs réserve bien des surprises.

    Les Furies est un roman époustouflant où le sens du suspense va de pair avec l'exploration des sentiments les plus intimes.

  • Le psychanalyste Luke Rhinehart a décidé de transformer son existence en un immense jeu de hasard : il laisse de simples dés prendre pour lui toutes les décisions de son existence. Très vite, le « syndrome du dé » se répand dans la population. Et les autorités s'inquiètent. Car le Dr Rhinehart a peut-être inventé, sans le savoir, le moyen d'en finir pour toujours avec la civilisation.
    L'Homme-dé, manifeste subversif affirmant le droit à l'expression de tous les fantasmes, est devenu très vite une sorte de mot de passe pour initiés. Après sa publication quasi clandestine en France (1971), il fait désormais partie des « livres cultes » dont la lecture s'impose à chacun.

  • Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux voleurs, vagabonds, prostituées qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942.
    À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. Quelques grands aînés lui ouvrent le chemin. Grâce à Gershom Scholem, il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Grâce à Max Brod, il découvre Kafka : une écriture sèche, débarrassée du « kitsch allemand » ; et surtout une description rigoureuse de ce qu'il a vécu, lui, pendant la guerre, et qu'il ne peut formuler avec des mots.
    Aharon Appelfeld deviendra l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il récuse avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Il n'a jamais voulu être un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprend tardivement cette « langue sacrée » que parlaient ses grands-parents, et qu'il n'avait pas le droit d'utiliser à la maison, lorsqu'il était enfant.

    À la fin des années 80, Philip Roth découvre cette oeuvre avec émerveillement. Il comprend qu'il est en présence d'un écrivain exceptionnel, proche de Kafka et de Bruno Schulz par sa puissance et sa singularité, et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
    En France, Pierre Belfond, puis les Éditions Gallimard ont tenté dans le passé de l'imposer, sans y parvenir. Si nous reprenons aujourd'hui le fil de ce travail interrompu, c'est parce que nous sommes convaincus que l'oeuvre d'Aharon Appelfeld est, enfin, devenue audible. C'est nous qui n'étions pas prêts à recevoir ces livres empreints d'une terrible douceur, et qui nous parlent, comme on murmure à l'oreille, d'un monde qui n'a jamais cessé d'être présent.

    Quatre ouvrages paraissent simultanément : deux de ses plus beaux romans, Le Temps des prodiges et Tsili, dans la collection « Points » au Seuil. Et deux inédits, Histoire d'une vie et L'Amour, soudain aux Éditions de l'Olivier Dans Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre des fragments qui sont autant de clefs pour la compréhension de son oeuvre : souvenirs de sa petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Puis des scènes brèves, d'une violence inouïe, visions arrachées au cauchemar de la déportation et de l'extermination. Vient ensuite l'arrivée en Israël, et l'élaboration progressive de son oeuvre.
    L'Amour, soudain est un roman d'amour qui met en scène un écrivain vieillissant et malade et une jeune fille inculte est une confrontation permanente entre le proche et le lointain, l'identification et la distanciation, la vie quotidienne et la métaphysique. À l'arrière-plan de cette idylle entre le vieil homme et l'orpheline qui prend soin de lui comme d'un bébé, c'est toute la vie de l'auteur qui se déroule en accéléré, traversée par le thème de la politique, et particulièrement du communisme. Pourtant, cette méditation sur l'Histoire n'est là que pour nous ramener au coeur même de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld, dans une confrontation avec cette présence divine que connaissaient les « Juifs Célestes » des Carpates dont il sait si bien nous parler.

  • Quelle différence y a-t-il entre une jeune paysanne grecque fuyant Smyrne incendiée par les Turcs en 1922, et une lolita américaine qui découvre, à l'âge de quinze ans, qu'elle est aussi un garçon ?

    Deux générations.

    C'est en effet ce qui sépare Desdemona et Cal, la grand-mère et la petite-fille. C'est aussi la durée dans laquelle s'inscrit cette extraordinaire saga gréco-américaine.
    Mi-épopée, mi-roman d'apprentissage, ce livre est un hybride. Tout comme son héros/héroïne, qui connaît la joie - et la douleur - d'appartenir aux deux sexes, avant d'opter définitivement pour celui qui lui convient. Des collines d'Asie Mineure aux villas cossues de Grosse Pointe, du fracas des canonnières dans le Bosphore aux explosions des grenades lacrymogènes dans les rues de Detroit, du ragtime au rock'n'roll, un demi-siècle d'Histoire se déroule sous nos yeux. Pour aboutir à livre transcende tous les genres : c'est une idylle, une comédie postmoderne, une histoire de la littérature, un récit érotique, une confession, une élégie.

  • Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu'il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d'abandonner à l'approche des Russes. Il n'a qu'un seul but : retrouver la maison familiale.
    Errant sur les chemins, blessés au plus profond d'eux-mêmes, les déportés qu'il croise lui rappellent l'horreur à laquelle il a survécu, tandis que d'autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetty, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l'oeuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître à travers une autre rencontre.

    Des jours d'une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d'Europe Centrale baignés de lumière. Chaque pas, chaque être croisé, suscite en Théo d'innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ?
    Comment retrouver sa part d'humanité ?
    Par-delà le fracas de l'Histoire, ce livre admirable est le récit d'une résurrection.

  • « En 1945, nos parents partirent en nous laissant aux soins de deux hommes qui étaient peut-être des criminels. » Dans le Londres de l'après-guerre encore meurtri par les séquelles du Blitz, deux adolescents, Nathanael et Rachel, sont confiés par leurs parents à de mystérieux individus. L'un d'eux, surnommé « Le Papillon de Nuit », va se charger de leur éducation, et les entraîner progressivement dans un monde interlope, aux marges de la légalité. On y conduit des bateaux, la nuit, en utilisant un code étrange fait de chants d'oiseaux. On y fréquente le milieu des paris clandestins et des courses de lévriers. On n'y est jamais sûr de rien... Mais ces gens qui les initient et les protègent sont-ils vraiment ceux qu'ils prétendent être ?
    Bien des années passeront avant que Nathanael fasse toute la lumière sur son enfance, et comprenne enfin ce qui s'est vraiment passé.

    Avec ses zones obscures, ses épisodes féériques et ses péripéties dignes d'un roman noir, Ombres sur la Tamise est à la fois un admirable roman de formation et une réflexion sur les troubles de l'Histoire.

  • C'était à Manhattan, dans les années 80. Corrine était courtière en Bourse. Russell, éditeur. Ils avaient trente ans et des poussières. Tout semblait parfait autour d'eux. Les amis, les soirées branchées et les fluctuations du Dow Jones. Ils pensaient rester éternellement jeunes, talentueux et intelligents.

    Mais Corrine a voulu des enfants et Russell n'était pas prêt. Jeff est retombé dans la drogue, Trina Cox est arrivée. Soudain, plus rien ne s'est passé comme prévu.

    Le 18 octobre 1987, les golden boys se jetaient du haut des immeubles, à Wall Street, en réaction au krach boursier. La comédie new-yorkaise se teintait de désenchantement, annonçant la fin des grandes espérances.

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  • C'est l'été 1938 en Europe centrale. Et comme chaque année ils sont là, sur la rive, en villégiature.

    Il y a Rosa Klein, qui lit dans les lignes de la main. Mais peut-on se fier à ses prédictions ? Et Karl Koenig, l'écrivain. Pourquoi fréquente-t-il les autres vacanciers au lieu de consacrer toute son énergie au roman qu'il est en train d'écrire ? Qui sont vraiment « l'homme à la jambe coupée » et la jeune femme amoureuse que tous les Juifs appellent par l'initiale de son prénom ? Et le père et la mère d'Erwin, l'enfant si sensible à l'anxiété de ceux qui l'entourent ?

    Dans ce roman magistral publié quelques années avant sa mort, Aharon Appelfeld tisse les questions intimes, littéraires et métaphysiques qui l'ont accompagné toute sa vie. Sous sa plume, ces dernières vacances avant la guerre sont le moment où l'humanité se dévoile dans ses nuances les plus infimes, à l'approche de la catastrophe que tous redoutent sans parvenir à l'envisager.

  • Et si les enfants ne naissaient que pour corriger les erreurs de leurs parents ? Nos vies familiales ressembleraient alors à des copies surchargées de ratures et de remarques - " faux ", " mal dit ", " à revoir " -, ponctuées de points d'exclamation ou d'interrogation.
    Dans le livre de Jonathan Franzen, la famille s'appelle Lambert, mais c'est de l'Amérique qu'il s'agit, de sa manière de vivre, de ses idéaux : un continent entier en train de sombrer doucement dans la folie.
    Alfred, Enid, et leurs trois enfants - Gary, Chip et Denise - sont les cinq héros de ce roman-fleuve où défilent toutes nos contradictions : le besoin d'aimer et la guerre conjugale, le sens de la justice et l'obsession des stock-options, le goût du bonheur et l'abus des médicaments, le patriarcat et la révolte des fils, la libération des femmes et la culpabilité de tous.
    C'est cela, Les Corrections : une " tragédie américaine " dont la puissance balaye tout sur son passage.
    Mais aussi une comédie irrésistible, un humour qui s'autorise à rire de tout, une férocité sans limites Et le sens aigu de notre appartenance à la communauté humaine.

  • Université de Harvard, 1995. Selin, une jeune Américaine d'origine turque, entame des études de lettres et de langues. Selin se sent à part. Elle ne maîtrise pas les codes, sa gaucherie lui fait honte et ses amours avec Ivan, un étudiant en mathématiques hongrois, sont rapidement déçues. Pétrie d'illusions, elle envisage sa vie au miroir de la littérature, en particulier les romans russes, dont elle raffole. Don Quichotte des temps modernes, Selin comprend peu à peu que la réalité ne ressemble pas à ce qu'en disent ses livres favoris.

    Au terme de ce magnifique roman d'apprentissage plein d'humour et d'autodérision, une jeune femme trouve sa voix dans l'écriture, unique manière raisonnable, selon l'auteur, de supporter le monde réel.

  • Les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale dans une forêt en Ukraine. Elle abrite un groupe de 44 partisans juifs. Parmi les combattants, il y a une grand-mère de 93 ans, un enfant mutique de 2 ans, leur mascotte, un surdoué en mathématique de 8 ans et demi, et le narrateur, Edmund, un garçon de 17 ans.
    Kamil, un géant d'un mètre quatre-vingt quinze, est à la fois à la fois leur chef de guerre et leur guide spirituel. Ils se déplacent leur campement au gré des mouvements de l'armée allemande qu'ils harcèlent.
    A la fois roman d'action et méditation sur la transmission de l'héritage du judaïsme, Les partisans est un roman qui surprend par son énergie et par la réflexion sur l'engagement qui l'anime.

    Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Citoyen israélien, il a publié de nombreux romans dont Histoire d'une vie (prix Médicis étranger 2004), ou récemment Le Garçon qui voulait dormir (2011) et Les Eaux tumultueuses (2013), tous publiés par les éditions de l'Olivier.

  • Train

    Pete Dexter

    Los Angeles, 1953.
    Lionel Walk a dix-huit ans, il est noir et travaille comme caddie dans un prestigieux club de golf. On le surnomme Train. À cette époque, les Noirs n'ont une place sur le green que s'ils portent les sacs. Ce qui n'empêche pas Train de jouer de temps à autre, avec une virtuosité que remarque Miller Packard, un habitué du green. Packard est un inspecteur au passé trouble. Après le cambriolage d'un yacht qui tourne au carnage, il falsifie des preuves et cède à la passion violente qui l'entraîne vers l'une des victimes.
    Train perd son emploi. Commence alors pour lui une longue période d'errance, de logements de fortune, de petits boulots, et d'humiliations racistes. Lorsque Miller Packard croise à nouveau son chemin, Train se croit tiré d'affaire. Il se trompe. Train marque le grand retour de Pete Dexter. Ce roman noir, tendu à l'extrême, raconte la société raciste et violente des années 50. A l'image de Packard, la surface est impassible; c'est dans les profondeurs silencieuses que se trame le pire.

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