La Difference

  • La Langue de ma mère est le premier roman traduit en français de l'écrivain flamand Tom Lanoye, très populaire en Flandre, aux Pays-Bas et en Allemagne, où il est le dramaturge étranger le plus joué.

    Frappée par une attaque cérébrale sur ses vieux jours, la mère de l'auteur perd sa langue mais pas la langue en général puisqu'elle s'exprime désormais en un baragouin furieux et inintelligible, qui traduit son désespoir et sa colère d'être incomprise. Durant toute son existence cette commerçante, bouchère à Saint-Nicolas, bourg de la province d'Anvers, a été actrice dans une compagnie d'amateurs. La langue était son instrument. Elle la maniait en virtuose au théâtre comme dans la vie où sa volubilité et son sens de la répartie, alliés à un caractère bien trempé et autoritaire, faisaient d'elle un personnage haut en couleur et parfois redoutable.


    Tom Lanoye est un personnage célèbre dans son pays. Depuis vingt ans, il défraie la chronique littéraire de Flandre et des Pays-Bas. Dès ses études à l'Université de Gand, il déclame ses propres textes sur la scène de divers cabarets littéraires. En 1985, il conquiert la notoriété avec Un fils de boucher avec de petites lunettes. Suivent à partir de là nouvelles, romans, essais, recueils de poèmes et pièces de théâtre dont deux, Méphisto for ever et Atropa, la vengeance de la paix furent montées en France et firent sensation en Avignon en 2007 et 2008, avant d'être représentées au Théâtre de la Ville de Paris et de tourner dans tout le pays.
    Digne successeur de Hugo Claus dans son célèbre Chagrin des Belges, il allie un regard sarcastique sur la société flamande avec une tendresse ironique et lucide.

  • Un jeune homme a commis un attentat au gaz : 184 morts, 30 blessés, parmi lesquels 70 écoliers, 20 enfants en bas âge dont le plus jeune n'avait pas trois mois. La mère de ce jeune homme est seule en scène. Elle raconte sa grossesse, la petite enfance de son fils, l'adolescence. Qu'a-t-elle fait de mal ? Pourquoi son fils s'est-il laissé embrigader dans cette spirale djihadiste ? Il n'était pas pire qu'un autre. Elle était une mère aimante. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? L'attentat monstrueux qu'il a commis rend même sa douleur irrecevable.

    Écrivain engagé, Tom Lanoye prend la plume dans les journaux de son pays, milite pour les droits des homosexuels, s'insurge contre les Flamands qui veulent diviser la Belgique et reste abasourdi devant le fait que plus de 3.000 jeunes gens de nationalité belge aient basculé dans l'intégrisme militant et soient partis en Syrie. (Le pourcentage le plus élevé en Europe) Commandée pour commémorer la toute première attaque au gaz de combat menée par les Allemands en 1915 à Tielt, ville de Flandre occidentale, cette pièce a été jouée au Théâtre Malpertuis de Tielt en avril 2015, un siècle plus tard.

  • Les Boîtes en carton, qui fit connaître Tom Lanoye en Flandre, est l´histoire d´un gamin issu d´un milieu populaire qui, lors d´un voyage scolaire organisé par une caisse d´assurance, au début des années soixante, tombe amoureux d´un des garçons qui participe à l´excursion. L´homosexualité approchée sans tabou fit le succès du livre mais, au-delà de cette relation aujourd´hui encore sulfureuse dans un pays catholique, l´auteur brosse une galerie de portraits criants de vérité, souvent cruels et hilarants. Avec cet art de la caricature et du burlesque qui a enchanté les lecteurs de La Langue de ma mère, Tom Lanoye parvient à nous faire revivre cette période de l´après-guerre avec ses poncifs et son euphorie, et cette région, la Flandre, qui faisait, alors, complètement partie de la Belgique.
    Tom Lanoye est un écrivain flamand très populaire en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, où il est le dramaturge étranger le plus joué. Digne successeur de Hugo Claus et de son célèbre Chagrin des Belges, il allie un regard sarcastique sur la société flamande à une tendresse ironique et lucide. Les Éditions de la Différence ont publié son premier roman traduit en français, La Langue de ma mère, en 2011, Forteresse Europe, en 2012 et Tombé du ciel, en 2013.
    Traduit du néerlandais (Belgique) par Alain van Crugten

  • Petr Bajza est un petit garçon espiègle qui, hormis son talent à provoquer ses parents, possède un authentique don d'observation. L'écriture de Polacek passe alternativement d'un langage familier à un langage soutenu, pour accentuer le contraste entre la réalité de la vie dans une petite ville de province et sa perception par des enfants d'une dizaine d'années. Sa famille constitue un second plan de l'histoire où se rencontrent et se confrontent le monde enfantin et celui des adultes, sur fond d'une incompréhension qui est source de maintes situations comiques. Nous étions cinq est la plus emblématique des oeuvres de l'écrivain tchèque Karel Polácek, ami proche et collègue de Karel Capek (R.U.R, La maladie blanche...) dont il partage la notoriété dans son pays.

  • En pleine période de crise économique, Berzelius « Buzz » Windrip, leader politique charismatique qui affirme incarner les vraies valeurs traditionnelles américaines, défait ses concurrents, dont Roosevelt, en promettant de lourdes réformes économiques et sociales afin de restaurer la grandeur du pays. Très vite, les pulsions autocratiques du nouveau Président apparaissent au grand jour. Alors même qu'il expédie tous ses opposants dans des camps et qu'il met sur pied une milice paramilitaire, il continue de jouir du soutien de la majorité des Américains.

    Longtemps oublié, ce roman captivant d'une lucidité à la fois drôle et glaçante, remarquablement traduit par Raymond Queneau, l'auteur de Zazie dans le métro, est aujourd'hui réédité et redécouvert aux États-Unis avec succès.

    Publiée pour la première fois en 1935, cette dystopie satirique peut sonner comme une mise en garde salutaire très actuelle pour tous ceux qui croient encore mordicus que l'avènement d'un candidat extrémiste est Impossible ici.
     

  • Forteresse Europe est une provocation de l'esprit qui traite de l'émigration à l'envers.
    L'auteur, homme de théâtre et romancier, met en scène des Européens qui veulent quitter leur continent. L'idéal « Liberté, Égalité, Fraternité » ne s'est pas traduit par le paradis sur terre escompté, et déçus, ils veulent fuir. L'idéal démocratique de la société ouverte et multiculturelle par lequel l'Europe tente de répondre à cette violence demeure inopérant. L'individualisme et le laxisme ont conduit les Européens au nationalisme et à la xénophobie, accélérant ainsi la désintégration culturelle.
    Dans ce climat, tout ce qui est nouveau, donc inconnu, fait peur. Le conservatisme triomphe. Même la pensée critique est devenue suspecte.

  • La plupart des textes rassemblés dans ce volume initialement paru en 2011 sont inédits. Ils s'inscrivent dans la démarche propre à Pessoa d'imaginer des points de vue multiples, des voix contradictoires imposant leur logique ou leur personnalité au récit.
    On peut classer ces proses en des catégories distinctes : les paradoxes - qui procèdent du même état d'esprit que Le Banquier anarchiste ; les fables, qui s'achèvent par une morale philosophique ou politique ; les histoires d'horreur et de mystère ; les contes compassionnels.
    Ces textes peu connus complètent notre compréhension de l'immense poète aux multiples facettes.

    Préface de Teresa Rita Lopes.

  • Ce roman raconte comment bascule la double vie de Joseph Martin, citoyen bulgare d'origine américaine.
    Payé par les États-Unis au lendemain de la guerre pour dénombrer les paysans et pêcheurs bulgares, il avait refusé d'aider à sauver de la pendaison un savant pour avoir été ministre avant l'arrivée des Soviets. Après l'exécution de cet homme, Martin avait mesuré la conséquence de son refus et, depuis ce jour-là avait aidé plus d'une centaine de personnes à sortir du pays.
    Mais à présent, menacé et surveillé, c'est lui maintenant qui risque la mort.

  • Maarten Seebregs, un homosexuel dans la cinquantaine, malade, fauché et sans travail, ne peut oublier Gaëtan, l'amour de sa vie, mort quelque temps auparavant. Cynique, mais avec le sourire, il vivote de ses derniers centimes, sans aucun horizon. C'est alors qu'un inconnu lui fait une proposition avantageuse : épouser sa fiancée africaine, car après deux mariages avec des étrangères, l'homme est tenu à l'oeil par la Police des Étrangers. Aussitôt que la jeune femme aura acquis la nationalité belge, Maarten pourra divorcer et garder l'argent. L'homme ne pose qu'une condition : « Tu te maries avec elle, tu vis avec elle. Mais si tu la touches, je te massacre. » Maarten finit par accepter et le roman nous raconte la cohabitation bizarre entre lui et la jeune Africaine désinvolte. Rien ne les rapproche et pourtant une sorte d'affection vraie finit par les lier.

  • Découvrez Joseph, le livre de Yun-Sun Limet

  • Ce recueil de treize nouvelles publié au Portugal en 1969 est d'une tonalité un peu différente de ses autres textes car s'y mêlent fantastique et science-?ction. Les tigres d'une toile du Douanier Rousseau accrochée dans la chambre des enfants ont-ils dévoré l'un d'eux dont le lit est ensanglanté ? Est-ce l'hystérie des " fans " d'un guitariste qui menace sa promenade avec des amis au bord de la mer ? La découverte d'une pierre bleue magique trouvée dans le tiroir de la chambre d'une jeune ?lle a-t-elle un rapport avec la disparition de celle-ci ? Que signi?e l'excroissance qui pousse sur le dos d'un petit employé, charitable avec les malheureux, et méprisé par sa femme et son patron ? Comme dans ses autres livres, c'est la ?nesse psychologique, la subtilité et la poésie qui donnent à ces récits tout leur sel.
    Maria Judite de Carvalho est née en 1921 et décédée en 1998. Elle fut la femme de l'écrivain portugais Urbano Tavares Rodrigues. Elle tint durant plusieurs années des chroniques sur des choses vues et entendues dans des journaux portugais. Son oeuvre, commencée en 1959 avec le bref récit Tous ces gens, Mariana..., compte parmi les plus étranges mais aussi parmi les plus intéressantes du XXe siècle en Europe. Ses romans et nouvelles se caractérisent par une liberté de ton, particulièrement ironique, et une apparente légèreté sous laquelle se pro?lent de nombreuses questions existentielles d'importance.

  • " Noir ", c'est ainsi que les gens du village appellent l'homme venu du Sud qui s'est installé dans la ferme de Rofanello, au coeur de la campagne toscane.
    C'est un étranger qui, après la mort de sa femme et le départ de son fils, se retrouve seul, en butte à l'hostilité de tous. 1l aime les arbres et les bêtes qu'il défend contre les braconniers et les chasseurs auxquels il voue une haine tenace. Ainsi, quand une louve arrive dans la région, Noir la laisse vivre sur ses terres et tente de la protéger contre la violence des voisins qui veulent la voir mourir, si possible dans d'atroces souffrances.
    Epié et traqué, Noir le sera jusqu'au bout.

  • Après "Je viens de Russie", "De gauche, jeune et méchant", Zakhar Prilepine cristallise la polémique sur une actualité dramatique qui dépasse les frontières du monde russe : l'Ukraine.
    Il y est allé souvent avant Maïdan et y est retourné après, comme correspondant de guerre et humanitaire. Il a levé les fonds et a consacré son prix du Grand Livre qui l'a auréolé en 2014 à l'organisation de convois pour le Donbass. Il les a lui-même accompagnés et a renouvelé l'opération en septembre 2015. Reporter sur le front, il sait mieux que personne mener le dialogue avec les combattants séparatistes que Kiev s'obstine à traiter de « terroristes ».
    La guerre, il l'a connaît depuis la Tchétchénie. Et il en parle sans pathos, avec une compassion toute retenue. L'émotion naît de la force de son écriture, pas d'une sentimentalité hypocrite.
    Non, la guerre en Ukraine ne l'a pas surpris : elle couvait depuis 1990 et les causes du conflit remontent à bien plus longtemps (les plus récentes renvoient à l'après-guerre de 14-18 et aux récidives pronazies des années 40). Son recul historique sur les événements qui ont éclaté en février 2014 se traduit par une analyse fine et sans concession du passé récent. « Le temps des troubles » que traverse l'Ukraine contemporaine, à l'instar de la Russie du début du XVIIe siècle, s'est tramé dans l'histoire. Et il explique comment. Avec une ironie mordante, il dissèque les responsabilités des acteurs politiques, russes et ukrainiens depuis l'effondrement de l'URSS. Il ne ménage pas la partie russe tout en assumant son soutien à la fermeté du Kremlin. Sa plume insolente ne rate pas les intellos du camp libéral qui, de Moscou ou de l'étranger, dissertent sans fin sur les options du Donbass, loin du front et loin de la misère.
    Ouvrage traduit du russe par Monique Slodzian.

  • Jucanyá, au bord du lac Atitlán, à plus de 1 500 m d'altitude, en Amérique centrale. Lorsque Tano revient dans cette petite ville entourée de volcans où il a, lors d'un premier séjour, acheté une maison tant la beauté des lieux l'avait bouleversé, ce n'est plus comme autrefois pour fuir son pays natal. Son ami Manolo a disparu. Qui est Manolo ? Un photographe qui se mêle à la vie des Indiens et prend des clichés sur le vif, au gré de ses pérégrinations. L'enquête que décide de mener Tano pour découvrir les causes de la disparition de son ami va l'entraîner au coeur de la politique répressive conduite par le pouvoir contre les Indiens et leurs traditions ancestrales. La vie de Tano prend soudain un sens en même temps qu'il comprend le mensonge et l'alibi que constitue la lutte des guérilleros censés protéger les autochtones.
    Dans ce très beau livre, Anna Luisa Pignatelli nous plonge au milieu de paysages extraordinaires, nous fait entendre le bruit de la pluie et du vent et respirer l'odeur des plantes et des arbres dont la profusion se raréfie à mesure que l'on approche du sommet des volcans qui sont peut-être, comme le pensent les Indiens, des dieux qu'il faut craindre et respecter.


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  • Le 4 juillet 1989, en pleine guerre froide, un MiG (avion russe) s´écrasait sur une maison à Kooigem, petit bourg de Flandre, près de Courtrai, en Belgique. Cet événement minime mais inouï fut à deux doigts de déclencher un conflit entre les blocs de l´Ouest et de l´Est.

    Tom Lanoye prend prétexte de ce fait divers pour imaginer la vie banale d´une famille flamande bouleversée par ce cataclysme. Avec un humour ravageur, Lanoye mêle petite et grande Histoire. Le drame ordinaire d´une femme trompée, drôle et poignant, se déroule tandis que deux chefs d´état-major américains, sur une base belge en alerte maximale, suivent la trajectoire de ce MiG qui viole l´espace aérien occidental.

    Voici comment les hommes vivent, en Flandre ou ailleurs, en attendant que le monde vole en éclats...
    Tom Lanoye est un écrivain flamand très populaire en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, où il est le dramaturge étranger le plus joué. Digne successeur de Hugo Claus et de son célèbre Chagrin des Belges, il allie un regard sarcastique sur la société flamande à une tendresse ironique et lucide. Les Éditions de la Différence ont publié son premier roman traduit en français, La Langue de ma mère, en 2011, Forteresse Europe, en 2012 et Tombé du ciel, en 2013.
    Traduit du néerlandais (Belgique) et préfacé par Alain van Crugten

  • Ce roman est un des derniers romans inédits de Eça.
    Le personnage de Fradique, déjà ébauché dans Le Mystère de la route de Sintra, est un dandy pittoresque, protagoniste de cette Correspondance, dont la biographie, prétendument écrite après sa mort par son meilleur ami, introduit le livre. Certains chapitres parurent sous forme de feuilleton simultanément au Brésil et au Portugal et plusieurs lettres apparurent comme chroniques signées Eça de Queiroz dans la Gazeta de Notícias en 1892 et en 1897, dans la Revista Moderna, publiée à Paris. C'est dire combien se superposent Fradique et son créateur.
    Ses correspondants, tous fictifs et pourtant si réels, sont Clara dont il est épris et à qui il écrit des lettres passionnées, Madame de Jouarre, un ingénieur chargé de construire la voie ferrée Jaffa-Jérusalem, un poète qu'il met en garde contre le « Décadisme », et des personnages « types », croqués d'une manière hilarante, tels le Père Salgueiro ou le député Pacheco.

  • Le 6 mai 2008, le calme revenu, Peter Handke s'envole vers l'enclave serbe de Velika Hoca, dans le sud du Kosovo. Irrité par les comptes rendus disjonctés de la réalité qui ont paru dans la presse allemande, notamment, il a hâte de voir de ses yeux ce qu'il advient de ces hommes et de ces femmes qui vivent désormais sous la juridiction albanaise : quelle est la situation économique de ces gens dans l'enclave ?
    Comment le nouvel État étranger se manifeste au quotidien ? Qu'est-ce qui a changé pour eux ? Il décèle des changements inquiétants : refus du bilinguisme, déni de l'existence de l'enclave sur les cartes, destruction de bâtiments du patrimoine culturel orthodoxe, difficultés d'approvisionnement, manque d'eau pour irriguer, situation économique précaire, taxes exorbitantes, non respect des droits de propriété... La liste est précise, longue, confondante... Mais Handke décèle aussi un désir de paix dans les deux secteurs, albanais et serbe, de la ville de Mitrovica, la beauté des vignobles et des champs de blé sous le soleil de mai, le chant des coucous omniprésents, la situation géographique privilégiée de l'enclave...
    Le lecteur comprendra la nécessité de protester et de rendre public un état de fait passé sous silence.

  • Dans le Mexique corrompu de la fin des années 40 et qui s'américanise à grands pas, Carlos, un enfant de la petite bourgeoisie, raconte son quotidien. Au travers de portraits savoureux, il « croque » un Mexique où il ne fait pas bon avoir la peau trop sombre ou les yeux bridés et où les enfants rejouent le conflit israélo-palestinien jusque dans la cour d'école. Un jour, Carlos tombe « amoureux » de la mère d'un de ses amis. Amour impossible et pur d'un petit garçon pour une femme mais qui révèle une société conformiste, engoncée dans une morale hypocrite et éblouie par des modes venues d'ailleurs.
    Une chronique tendre et drôle à hauteur d'enfant, sur une société ébranlée par le « grand-frère » américain plus puissant que jamais au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Un très beau livre, court et accessible à tous, dès l'adolescence.

  • Avoir dans les yeux une lumière qui fasse réapparaître le temps, revivre des ombres, des rires, des apparences, des situations, voire une passion...
    Nous sommes bien éloignés de la science-fiction de Wells : il suffit à la narratrice de prendre le train (à vapeur) pour aller frapper à la porte du poète qu'elle admire entre tous, et qu'elle eût aimé connaître. Les années, ni la logique des choses, ni même la mort ne résistent à la fantasia de l'imaginaire. A Saint-Benoît, Mlle Infrarouge frappe à la porte de Max Jacob, que lui ouvre sa logeuse, l'encombrante et dévouée Mme Persillard, c'est son nom, le poète ne l'a pas inventé.
    La fantasmagorie exige le réalisme.
    Incomparable connaisseuse de l'auteur du Cornet à dés et du Laboratoire central, Lina Lachgar s'autorise en poète cette "divagation" comme eût dit Mallarmé, à propos (pas toujours à propos, on ne refait pas Max !) des cerises du jardin, du péché, de la pauvreté, de la vie parisienne du poète, de Dieu et de la beauté des garçons. Des pages éclairées par l'humour, la cocasserie, voilées d'une émotion murmurée.

  • Je suis venu ici retrouver l'arôme piquant de toutes les fleurs et de toutes les saveurs, et le croassement des corbeaux de l'antique Goa, le fantôme des églises reconstruites, et les processions zébrées de vert et d'or, la respiration des puits qui attire la mort, les buffles somnambules qui avancent lentement dans les rizières, lointains émissaires du rêve d'un de ces demi-dieux guerriers des sagas du Sud de l'Inde. dans l'éclair bleu de cette fin d'étape, éblouissant écran, je trouve tes lèvres de corail et d'éternel sourire, toujours si fraîches.
    J'y puise à longs traits émus la gloire de la vie, blotti dans cette chaleur qui enveloppe la terre et dit adieu au murmure.
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    Chants, en terre indienne, à la femme aimée. Un hommage aux villes indiennes. Chacune des villes traversées inspire un texte au poète. Une poésie en prose, sensuelle et lumineuse.

  • C'est un " autoportrait " que nous offre le grand écrivain marocain dans cette évocation de ses années de formation et de son parcours. Né en 1938 dans un pays colonisé, le Maroc, formé dans le pays colonisateur, la France, dont il adopte la langue, Abdelkébir Khatibi est le témoin de la décolonisation et des nombreuses questions qu'elle soulève, notamment celle de la rupture dans les chaînons de transmission et les problèmes d'identité qu'elle pose.
    Proche de Barthes et Derrida, son oeuvre est traduite en plusieurs langues.

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