• Éloge de la folie

    Erasme

    L'Éloge de la folie est l'un des textes les plus célèbres d'Érasme et fut un bestseller européen dès sa parution en 1511. Le savant de Rotterdam y met en scène la déesse Folie s'adressant facétieusement aux hommes pour leur montrer qu'elle gouverne le monde. "Véritable dispensatrice de bonheur", fille d'Ivresse et d'Ignorance, Folie préside à toutes les circonstances de l'existene humaine: elle rend possible le mariage, la maternité, gouverne tous les métiers, soumet les rois et les prélats à son empire.
    Savoureux, comique mais aussi polémique, cet opuscule est un brillant exemple de la réinvention des formes antiques à la Renaissance.
    Parangon de l'éloge paradoxal et du jeu sérieux qu'affectionnaient les humanistes, cette courte déclamation parodique joua le rôle de détonateur du vaste mouvement de la Réforme protestante.

  • Éloge de la folie

    Érasme

    Un rêve que l'on aimerait voir s'incarner : que, sous ces textes variés de l'humaniste hors pair que fut Érasme, précepteur de l'Europe de son temps, et comme surgissant d'eux, le lecteur d'aujourd'hui entende la voix même de l'homme, né Geert, «le Désiré», fils de Marguerite et de Gérard, vers la fin d'octobre 1467. À la recherche de cette voix, dans ces chapitres placés sous le signe de la défense et de l'illustration des «bonnes lettres», on a voulu montrer au sein même des discours théoriques les couleurs de l'affectivité. On verra ici Érasme apprécier les vins de Bourgogne et s'interroger sur l'éducation politique des princes, réfléchir sur la prononciation du latin et dénoncer les préjugés moralisateurs de l'enseignement médiéval, dans un dialogue constant avec autrui. Ainsi se précisent les différentes facettes d'un homme qui se révèle à la fois critique et éditeur, prosateur et poète, satiriste et théologien, voyageur et bon compagnon - prince des humanistes.

  • Adages

    Erasme

    Les Adages, publiés en 1500 à Paris, connurent un tel succès que les imprimeurs se bousculèrent pour les rééditer, si bien qu'il en parut seize éditions du vivant d'Érasme (1466-1536). Elles furent revues et augmentées par lui à dix reprises. On passa ainsi de 820 adages (1500) à 4 151 (1536).
    L'ouvrage resta un best-seller tout au long du XVIe siècle, jusqu'à sa mise à l'Index par le concile de Trente (1559).
    Les Adages sont les notes de lecture d'Érasme, tirées de l'ensemble de la littérature antique à laquelle il pouvait avoir accès - c'est-à-dire la quasi-totalité. Nous avons donc affaire à un choix de citations commentées. Combien ? Sans doute une vingtaine de mille au total. Leur choix se déroule sans autre ordre que le fil des lectures et les associations d'idées d'Érasme. Il concevait ce recueil comme une collection de modèles d'élégance de style, de formules « bien frappées » riches de sens métaphorique, qu'il commentait avec humour. Ses commentaires vont de la remarque anecdotique d'une ligne (adage 367 : « Tu recolles un oeuf ») jusqu'au traité moral et politique d'une cinquantaine de pages contre les papes guerriers (adage 3301 : « La guerre est douce à ceux qui n'en ont pas l'expérience »).
    Les humanistes ne s'y trompèrent pas en faisant des Adages leur livre de chevet, au même titre que les Élégances de Lorenzo Valla. Les adages fleurissent en effet à chaque page des meilleurs auteurs de l'époque, depuis Hutten jusqu'à Montaigne. Les professeurs par la suite y trouvèrent une mine de règles de style à faire étudier à leurs élèves (tel l'adage : Ut sementem feceris, ita metes « Tu récolteras ce que tu as semé », qui figure encore dans les grammaires latines actuelles).
    En somme, les Adages constituent une voie royale d'accès à la littérature grécolatine.
    Érasme fut sans doute le meilleur connaisseur et vulgarisateur de cette littérature que l'Europe ait connu. Il nous livre ici une oeuvre à la fois érudite et distrayante, apte à réconcilier les modernes avec la culture antique.
    Cette édition présente une sélection des Adages par Jean-Christophe Saladin, qui a dirigé le coffret de l'intégralité des Adages pour la collection Miroir des humanistes (2011).

  • Si elle est généralement présentée comme la synthèse des idées pacifistes d'Érasme, la Complainte de la paix (publiée à Bâle en 1517) nous introduit au coeur de la diplomatie européenne au début du XVIe siècle. Contemporain de l'avènement de jeunes souverains (François Ier, Henry VIII, Charles de Bourgogne - futur Charles Quint), ce plaidoyer permet à Érasme - conseiller moral des princes chrétiens - de mettre en profit son génie pour agir sur l'esprit des princes et les faire collaborer d'une manière décisive « au bonheur du monde », mettant à nu - non sans courage - les mobiles cachés qui les poussent à faire la guerre:
    Colère, passions absurdes, sottise et ambition, folie de la gloire, injures entre souverains, avidité insatiable voire même mauvaise foi des traités... C'est en moraliste qu'il se penche sur ce fléau, ne ménageant ni les princes ni les grands ni les prélats. Si l'on retrouve dans la Complainte l'ironie caractéristique de l'Éloge de la folie, c'est avec plus d'émotion et de colère, plus de pitié aussi à l'égard du peuple, victime ordinaire de l'égoïsme forcené des grands qu'il s'exprime ici.
    Tableau sans indulgence, nourri des moeurs collectives et individuelles du temps, qui en appelle au seul remède spirituel : la charité chrétienne. La Raison, à défaut de la sensibilité et de l'amour de son prochain, s'oppose à la guerre, sous toutes ses formes. Dans le parti de dénoncer la folie des peuples, mais aussi dans la résolution de les désabuser, dans le démontage lucide des ressorts passionnels et des mobiles secrets qui commandent la pratique de la guerre, ne voiton pas se profiler tout un aspect de la philosophie du XVIII e siècle? Dans le monde qui est le nôtre, qui oserait prétendre à l'anachronisme de cette parole de la Paix: « La guerre est un fléau des États, le tombeau de la justice »?

  • Érasme publie en 1511 une oeuvre satirique d'une ironie mordante, donnant la parole à Dame Folie. Pour la première fois, notre édition reproduit les 82 dessins d'Holbein qui illustrent cette « déclamation » ainsi que 200 peintures des plus grands artistes allemands et flamands, fascinés par le thème de la folie et des vices humains.

  • Le livre le plus célèbre de la Renaissance n'est plus à présenter : formidable machine de guerre lancée - non sans humour - par Érasme contre les vices de ses contemporains, particulièrement ceux de l'Église romaine et de ses théologiens.
    Cependant, cette satire virtuose peut s'avérer absconse tant elle est truffée de termes grecs, d'adages supposés connus, d'allusions à des personnages historiques ou mythologiques et de pastiches d'argumentaires scolastiques fort difficiles à comprendre pour qui n'a pas « le nez très bien mouché » (c'est-à-dire pour les profanes, comme le dit Gérard Listrius dans sa préface).
    Pour permettre au lecteur de tirer le meilleur de la plus célèbre des declamationes, Jean-Christophe Saladin en propose une édition bilingue entièrement renouvelée.
    L'Éloge proprement dit y est enrichi, sur chaque double page, par quatre éléments essentiels à sa compréhension, donc au plaisir de sa lecture :
    - une traduction nouvelle, dégagée de la pesanteur du système périodique latin et de ses négations redoublées à l'infini, si déconcertantes pour le lecteur français ;
    - les 862 commentaires d'Érasme et de Listrius, ajoutés dès l'édition de 1515, qui n'avaient jamais été traduits jusqu'ici ;
    - les remarques manuscrites de Myconius, l'ami d'Érasme qui prêta son exemplaire de L'Éloge à son jeune élève Holbein.
    - les 82 croquis pleins de verve, dessinés à la plume par Holbein dans les marges de l'exemplaire de Myconius.
    Ces documents, pour la plupart inédits, permettent de saisir sur le vif les réactions des lecteurs de son époque face à un texte aussi séduisant qu'obscur.
    L'introduction historique replace L'Éloge au centre de la violente contestation religieuse des débuts du XVIe siècle et raconte la fortune cette oeuvre majeure jusqu'à nos jours.

  • Plaidoyer pour la paix

    Erasme

    • Arlea
    • 7 Janvier 2005

    Citoyen de l'Europe avant la lettre, Érasme, né à Rotterdam, étudie tout jeune à Paris, apprend le grec à Oxford, revient en France, se rend en Italie, obtient la dispense de ses voeux monastiques, ce qui lui permet de vivre une vie d'humaniste voyageur, en témoin engagé de la vie intellectuelle de son temps, au coeur des débats religieux, philosophiques et linguistiques (il choisit d'écrire en un latin d'une grande pureté, mais en un latin vivant, qui intègre les apports du Moyen Âge). Sacré «prince de l'humanisme» par les siens, puis modèle pour Montaigne, Descartes et Leibniz, Érasme est le premier à témoigner à ce point d'un esprit européen, qui le pousse à mener inlassablement, sa vie durant et d'oeuvre en oeuvre, une «guerre contre la guerre» ; à exhorter empereurs, rois et princes, grands et notables, évêques, prêtres et moines à travailler, chacun à sa place, à l'enterrement des conflits qui ravagent l'Europe depuis des années, afin d'établir une paix définitive. Tel est l'enjeu de ce véhément Appel de la Paix (1516). S'adressant à nous à la première personne, la Paix est à la recherche d'un lieu où se réfugier, se mettre à couvert de la violence. Mais partout, l'homme, qui a pourtant reçu le message de l'Ancien Testament et celui du Christ, se montre violent envers son semblable. Nulle part ne règne l'allié véritable de la Paix : le souci du bien commun.

  • Chef-d'oeuvre d'Érasme publié en 1511, l'Éloge de la folie met en scène la Folie personnifiée.
    Elle interpelle le lecteur et critique avec une ironie mordante les travers sociaux, politiques, religieux du monde.

    D'une modernité saisissante, l'Éloge de la folie nous invite depuis le XVIe siècle à nous interroger sur la nature humaine et notre société.

    La traduction de référence de Claude Blum, professeur de littérature française à la Sorbonne, restitue avec humour, finesse et précision la saveur et la puissance du texte d'Érasme.

    200 oeuvres des artistes de la Renaissance du Nord, parmi lesquels Jérôme Bosch, Quentin Metsys, Albrecht Dürer, Pieter Brueghel et Lucas Cranach entrent en résonance avec le texte.

    À celles-ci s'ajoutent les 82 dessins qu'Holbein a réalisés dans les marges d'une édition latine de l'Éloge de la folie publiée en 1516.
    Publiés pour la première fois en regard de ce texte d'Érasme vif et percutant, ils en rythment la lecture.

    Yona Pinson, historienne de l'art, spécialiste de la représentation de la folie à la Renaissance, commente avec clarté et érudition cette peinture et ces dessins riches en symboles et en allusions et révèle les liens très forts qui unissent ces oeuvres au texte d'Erasme.

    Une préface et une introduction éclairent notre édition :
    La première sur Érasme, " Le masque de la Folie " de Jean-Christophe Saladin, la seconde sur la peinture de la Renaissance du Nord : " Le genre satirique au XVIe siècle ", de Yona Pinson.

    En annexe, un riche appareil critique est constitué des notes de Claude Blum complétées par Jean-Christophe Saladin, historien, directeur de la collection " Miroir des humanistes " aux éditions Les Belles Lettres, et d'une chronologie détaillée de l'époque d'Érasme.

  • Ce court traité a été composé en 1516 pour l'instruction du jeune Charles de Gand, qui allait devenir trois ans plus tard Charles-Quint, Empereur romain germanique.
    Comme le souligne son préfacier Carlo Ossola, cet ouvrage s'oppose radicalement à son célèbre contemporain, le Prince, rédigé trois ans plus tôt. Pour Machiavel, il importe de tenir ce qu'on a reçu ou conquis, quel que soit le prix que doivent en payer les sujets. Pour Érasme, seuls sont dignes du titre de prince ceux qui consacrent leur personne au bien de l'État et non l'État à leur profit. Il oppose les arts de la paix à ceux de la guerre, l'exercice de la liberté des citoyens à l'obéissance des sujets.

  • Les farces sont un pan essentiel de notre tradition théâtrale.
    Or elles sont aujourd'hui presque inaccessibles, tantôt engoncées dans des publications savantes, et tantôt trahies par d'insipides traductions. La présente édition leur redonne vie, en tentant d'allier fidélité scrupuleuse à l'original et traduction résolument contemporaine. C'est l'occasion de redécouvrir le répertoire qui enchanta Rabelais et inspira Molière. Dans les sept farces de ce deuxième volume, consacré aux Dupés et trompeurs, se joue l'affrontement sans cesse renouvelé des nigauds et des roublards, des filous et des gogos, des naïfs et des cyniques où les rôles s'échangent et se renversent brutalement, car " à trompeur, trompeur et demi ".
    Dans cette grande farandole universelle des trompeurs trompés, tout un monde resurgit devant nous avec une verve comique d'une surprenante modernité.

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