Littérature traduite

  • « Un homme, M, regarde à travers les persiennes métalliques un autre homme qui lit un journal assis sur un banc dans un jardin public. Qui est M ? Qui est cet homme nommé bientôt quelqu'un qui lit son journal dans le parc ? Quels sont les rapports qu'ils entretiennent l'un avec l'autre ? Telles sont les questions qui vont se multiplier tout au long d'un livre, écrit dans la tradition d'un Sterne ou d'un Diderot. La narration va multiplier toutes les hypothèses concernant l'identité des personnages. Et, bientôt. M va apparaître comme un ancien médecin (!) nazi, un expérimentateur de l'horreur, réfugié après la chute du Reich au Mexique. Quelqu'un quant à lui peut, dans une totale équivalence, être à la fois l'agent chargé de sa capture, un écrivain (Pacheco ?) ou l'autre dont la présence insupportable à la paranoïa de M est l'objet de tous ses délires. José Emilio Pacheco a conscience que faire un «roman» sur l'holocauste serait une trahison et risquerait surtout de réduire une vérité aussi indubitable que monstrueuse. Le lecteur est donc mis en demeure de réinterpréter les perversions du récit premier - celui de M -, de résister à tous les artifices d'une fiction toujours scandaleuse face à la souffrance humaine et au caractère irréfutable des faits historiques. Maintenu perpétuellement en état d'éveil par l'énigme posée par l'identité des deux personnages, le lecteur est exilé dans un texte truqué, sans repères, proliférant de toutes les exactions commises par la barbarie humaine : la destruction du temple de Jérusalem rencontre ici celle du sens. »

  • Dans le Mexique corrompu de la fin des années 40 et qui s'américanise à grands pas, Carlos, un enfant de la petite bourgeoisie, raconte son quotidien. Au travers de portraits savoureux, il « croque » un Mexique où il ne fait pas bon avoir la peau trop sombre ou les yeux bridés et où les enfants rejouent le conflit israélo-palestinien jusque dans la cour d'école. Un jour, Carlos tombe « amoureux » de la mère d'un de ses amis. Amour impossible et pur d'un petit garçon pour une femme mais qui révèle une société conformiste, engoncée dans une morale hypocrite et éblouie par des modes venues d'ailleurs.
    Une chronique tendre et drôle à hauteur d'enfant, sur une société ébranlée par le « grand-frère » américain plus puissant que jamais au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Un très beau livre, court et accessible à tous, dès l'adolescence.

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