Langue française

  • Un ancien gardien de but se croit licencié de l'entreprise où il travaille et il quitte tout. Son errance finit par se transformer en vraie fuite après qu'il a étranglé une caissière de cinéma. Il va se livrer à de gratuites et dangereuses extravagances, jusqu'au jour où il assiste à un match de football au cours duquel le gardien de but réussit à arrêter un penalty : sa peur va alors être jugulée.Cet itinéraire intérieur, aux fausses allures de roman policier, permet à Peter Handke de démontrer sa maîtrise.

  • La femme gauchère

    Peter Handke

    " sans raison ", sous le coup d'une illumination qu'elle n'expliquera pas, la femme de ce récit demande à son mari de s'en aller, de la laisser seule avec son fils de huit ans.
    La voici, désormais, " libre ", bien que le mot, trop grand, trop précis, ne soit pas prononcé, ni pensé peut-être. avec la simplicité déroutante que nous lui connaissons, peter handke impose puissamment à l'enchaînement des faits et gestes insignifiants de la vie quotidienne une dimension universelle et tragique.

  • Histoire d'enfant

    Peter Handke

    Il est peu de livres écrits avec une telle sincérité et une telle précision.
    Ce qui est raconté - la vie d'un adulte et d'un enfant - n'est jamais ce qu'on attend mais toujours ce qui compte. Entre " prétention au bonheur " et violence contenue, leur existence quotidienne est un apprentissage réciproque. De la naissance à sa sixième année, l'homme vit avec son enfant en Allemagne ou à Paris où a lieu le premier contact avec l'école, celle " du seul peuple à pouvoir être appelé ainsi " d'abord et une école de banlieue ensuite.
    Ce livre grave et généreux a la puissance d'une épopée puisqu'il fait voir dans la relation entre un adulte et un enfant cela même à quoi on ne prête jamais attention et qu'on élude sans cesse, ces petits faits d'une exceptionnelle grandeur.

  • S'il est une fatigue qui creuse les êtres, s'il est aussi une " mauvaise " fatigue oisive, celle des tueurs survivant de l'extermination, il en est une tout autre forme aussi qui tout au contraire les fait clairvoyants.
    Elle rend attentif et confère une attention toute particulière qui agrandit ou exorbite les objets les plus dérisoires ou les plus surannés, tel un juke-box autour duquel pourtant toutes les impressions et les histoires peuvent se concentrer et réorienter le regard. c'est ainsi qu'une journée peut " réussir " par la réinvention toute simple du monde quotidien : la courbe d'une voie de chemin de fer y suffit.
    Les trois essais réunis ici restituent ce cheminement dans l'apparente insignifiance de petits faits et en révèlent l'inépuisable madère poétique. g. -a. g.

  • Le malheur indifferent

    Peter Handke

    La mère de l'auteur s'est tuée le 21 novembre 1971, à l'âge de 51 ans.
    Quelques semaines plus tard, peter handke décide d'écrire un livre sur cette vie et ce suicide. simple histoire, mais qui contient quelque chose d'indicible. histoire d'une vie déserte, oú il n'a jamais été question de devenir quoi que ce soit. vie sans exigence, sans désirs, oú les besoins eux-mêmes n'osent s'avouer, sont considérés comme du luxe.
    A trente ans, cette vie est pratiquement finie. et pourtant, lorsqu'elle était petite fille, cette femme avait supplié "qu'on lui permette d'apprendre quelque chose ".

  • L'absence

    Peter Handke

    Quatre personnages anonymes, une femme, un soldat, le joueur et le vieil homme, réunis par l'aventure de l'espace quotidien le découvrent au fur et à mesure qu'il s'étend devant eux : le plus proche devient un paysage lointain, un terrain vague devient l'immensité, une étendue dénudée le désert. A chaque pas naissent des paysages inconnus, c'est le regard qui les fait apparaître. Les endroits les plus banals deviennent des terres inconnues.
    Peut-être le voyage s'est-il déroulé à travers un grand pays vide ou aux confins immédiats d'une ville, on ne sait, mais il révèle aux voyageurs les lignes du sol, sa consistance, ses dimensions et les transforme en lieux d'être. La fin du voyage, aussi fortuite que le début, sépare ce groupe rassemblé par le visible et rend chacun des voyageurs à sa solitude initiale. Le "guide" qui les a conduits est peut-être l'absence.
    Ce qu'ils ont en commun, c'est ce qu'ils ont vu.

  • Il est peu de livres écrits avec une telle sincérité et une telle précision.
    Ce qui est raconté - la vie d'un adulte et d'un enfant - n'est jamais ce qu'on attend mais toujours ce qui compte. Entre " prétention au bonheur " et violence contenue, leur existence quotidienne est un apprentissage réciproque. De la naissance à sa sixième année, l'homme vit avec son enfant en Allemagne ou à Paris où a lieu le premier contact avec l'école, celle " du seul peuple à pouvoir être appelé ainsi " d'abord et une école de banlieue ensuite.
    Ce livre grave et généreux a la puissance d'une épopée puisqu'il fait voir dans la relation entre un adulte et un enfant cela même à quoi on ne prête jamais attention et qu'on élude sans cesse, ces petits faits d'une exceptionnelle grandeur.

  • Invité en 1966 à Princeton, à une session du Groupe 47, Peter Handke y fait un éclat en s'opposant à la vogue du « réalisme » en littérature : Une certaine conception normative de la littérature désigne d'une belle expression ceux qui se refusent à raconter encore des histoires, tout en étant à la recherche des méthodes nouvelles pour décrire le monde (.) : elle dit qu'ils « habitent une tour d'ivoire » et les traite de formalistes, d'esthètes. Que les écrivains se réfugient dans leur « tour d'ivoire », c'est ce que revendique paradoxalement Peter Handke. Confrontation avec Brecht, Horvath ou Bernhard, avec les méthodes du théâtre et du cinéma ou avec le discours de la justice, réflexions, critiques, satires, pamphlets., cet ensemble de textes divers passe du sérieux à l'humour, des méditations austères aux « gais feuilletons ». Handke s'attache à y définir sa position par rapport à l'écriture : longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, du moins d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde.
    L'auteur Né le 6 février 1942 à Griffen en Autriche, il passe une partie de son enfance à Berlin Est avec sa mère, avant de revenir en Autriche pour passer son baccalauréat et suivre des études de droit.
    Après ses premiers succès littéraires il rejoint le groupe « Forum Stadtpark der Grazer Gruppe » et abandonne ses études en 1965, pour se consacrer entièrement à l'écriture .
    Il réalise ses premiers textes pour la radio autrichienne en 1963. En 1966, il réussit une intervention spectaculaire lors de la rencontre du Groupe 47 à Princeton, où il présente sa pièce provocante Outrage au public. Il est co-fondateur de « L'édition de Francfort des auteurs » en 1969 et membre de l'assemblée des auteurs de Graz de 1973 à 1977. Son oeuvre, dont une grande partie est parue chez Christian Bourgois, compte près de 35 romans et essais (parmi lesquels Le malheur indifférent, La femme gauchère, Bienvenue au conseil d'administration), 15 pièces de théâtre ainsi que de nombreux scénarios pour la télévision et pour le cinéma (il a notamment collaboré avec Wim Wenders pour Les ailes du désir).
    Il est également le traducteur en langue allemande d'Emmanuel Bove, René Char, Patrick Modiano et Francis Ponge. Il vit d'ailleurs à Paris depuis quelques années.

  • Jusqu'à ce que le jour vous sépare : une réponse à la dernière bande de beckett ? une réponse ? plutôt un écho.
    Un écho tantôt loin, dans l'espace et aussi dans le temps, tantôt tout près de monsieur krapp, le héros solitaire de la pièce de samuel b. un écho tantôt faible, contradictoire, mutilé, tantôt fort, fortifié, magnifié. pour cela j'ose appeler ce monologue - écho, un drame - un très petit drame - comme la dernière bande, est un drame, un très grand. beckett a achevé, avec cette pièce, la réduction parfaite, nécessaire, du théâtre, tout en se libérant des restes du symbolisme et des opinions sur l'existence dans ses autres grandes pièces.
    La dernière bande incorporise peut-être le point final ou le terminus du théâtre, d'un pur théâtre. c'est une pièce primaire, essentielle et ludique. après beckett ne sont arrivées que nos pièces secondaires, comme par exemple jusqu'à ce que le jour vous sépare : plus de réduction, plus d'espace zéro possible - que des traces des égarés (ici : une [1] égarée. ) mais il fallait, il faut peut-être s'égarer, dans l'intérêt de la scène, dans l'intérêt du théâtre ? comme je me suis dit un jour : "je vais résolument m'égarer".
    Egarés, nous ? ou embarqués ? egarés et embarqués ? comme a écrit pascal : "nous sommes embarqués !" - "echo", si je me rappelle bien, signifie dans la mythologie grecque aussi une personne, une petite déesse ou une nymphe (dictionnaire : "déesse d'un rang inférieur, qui hantait les bois. ") - en tout cas une femme, une voix féminine.

  • Handke nous convie à l'histoire de ses ancêtres, mettant en scène un narrateur que ses parents et grands-parents rejoignent progressivement sur scène, nous donnant à entendre la voix d'un pays meurtri, le Jaunfeld, une enclave slave en Carinthie, dans le sud de l'Autriche. Ils racontent l'histoire de son peuple, héroïques résistants face à l'occupation nazie et à la germanisation et disent le traumatisme de cette terre sans cesse meurtrie, dépouillée de sa langue, le slovène, entraînée dans des guerres qui ne sont pas les siennes. Avec Pierre-Félix Gravière, Gilles Privat, Dominique Reymond, Laurent Stocker, Nada Strancar, Wladimir Yordanoff dans une mise en scène événement d'Alain Françon.

  • " lucie, en réalité, s'appelait autrement.
    Mais elle ne voulait pas s'appeler comme elle s'appelait vraiment. elle aurait voulu s'appeler theodora, aurora, renata, jelena ou simplement par exemple lucie. aussi s'appelle-t-elle maintenant lucie dans cette histoire. lucie n'avait en réalité que sept ans. mais pour l'histoire qui lui arrivait, il fallait qu'elle soit un peu plus vieille. et, au début de cette histoire, elle venait de fêter son dixième anniversaire.
    " un court roman mystérieux et surprenant de l'un des principaux écrivains de langue allemande d'aujourd'hui, à découvrir en édition bilingue.

  • Une fratrie se retrouve à l'occasion de l'héritage de la maison familiale. Un des deux frères est devenu citadin, écrivain, alors que son frère et sa soeur, restés dans leur village, n'ont pas connu le même essor intellectuel et social. Le choc de leurs trajectoires opposées donne lieu à la révélation de leur histoire et à la renaissance de leurs fantômes. Ce très beau texte du dramaturge Peter Handke sera l'événement théâtral du Festival g'Avignon cette année, mis en scène par Stanislas Nordey avec Emmanuelle Béart et Jeanne Balibar.

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