Langue française

  • Au cours du XXe siècle, l'Amérique latine a constitué pour les écrivains occidentaux un espace les invitants à l'ailleurs et au rêve. Goût pour la fuite, soif d'évasion, désenchantement pour la culture européenne, mais aussi la contrainte de l'exil face au danger totalitaire en Europe, les raisons qui ont poussé au départ ces fabricants d'imaginaire sont nombreuses, et leurs séjours ont eu des conséquences radicales sur leur destin et leurs textes : Caillois en Argentine, Burroughs, Victor Serge, D.H. Lawrence, César Moro et les surréalistes français au Mexique, Cendrars, Zweig et Bernanos au Brésil, Michaux en Equateur et Hemingway et Desnos à Cuba.

    Avec son indiscutable talent de narrateur, Philippe Ollé-Laprune retrace ici leurs drames personnels et leur rencontre avec cette terre des passions, des déséquilibres et des exaltations qui a fait naître certaines des oeuvres les plus marquantes de notre temps.

  • Rúben Dario, Octavio Paz, Miguel Angel Ásturias, Luis Cardoza y Aragón, Alexandro Carpentier, Ernesto Sábato, Jorge Luis Borges, Gabriel García Márquez, Julio Cortázar, Julio Ramón Ribeyro, Severo Sarduy, Manuel Puig, Juan Vallejo, Juan Gelman, Juan Carlos Onetti, Roberto Bolaño, Cesar Moro, Cesar Vallejo, Eduardo Galeano, Pablo Neruda, Gonzalo Rojas, Guillermo Cabrera Infante, D.H. Lawrence, Stefan Zweig, Georges Bernanos, Antonin Artaud, Malcolm Lowry, Wiltold Gombrowicz, Roger Caillois, Henri Michaux...

    Des deux côtés de l'Atlantique, écrivains européens et sud-américains se nourrissent de la culture de l'autre continent. Depuis la fin du XIXe siècle et pendant tout le XXe siècle, les échanges sont constants et des oeuvres majeures vont naître de cet enrichissement réciproque. Philippe Ollé-Laprune, établi depuis une vingtaine d'années au Mexique, nous raconte dans cet essai passionnant, l'exil de certains, l'appel d'un possible recommencement pour les autres.
    Voyages et écriture sont étroitement liés, fécondent les imaginaires, engendrent une richesse des deux bords de l'océan.

  • Tenu les 8 et 9 octobre 2008 à l'École normale supérieure, le colloque « Aimé Césaire à l'oeuvre » se plaçait dans la double perspective d'un projet éditorial, celui des oeuvres littéraires complètes de Césaire et d'un projet institutionnel, celui de la collection « Planète Libre », fondée en 2007 en partenariat entre l'Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM) du CNRS et l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Cette collection prenait la suite d'un projet antérieur, « Archives de la littérature latino-américaine, des Caraïbes et africaine du XXe siècle », né 30 ans auparavant.

    Dans les dernières années se sont multipliées des collections de référence, à la fois savantes et accessibles à un grand public. Elles permettent de lire dans son intégralité - et en y ajoutant la dimension critique qui les enrichit - l'oeuvre des grandes figures de la littérature mondiale (Kant, Flaubert, Proust, Artaud.). D'autres figures majeures sont restées en retrait, à l'écart de ce type d'édition de référence parce que, quand leur langue est le français, elles sont réputées appartenir à la littérature « francophone » - et non à la littérature française - du fait de leur ancrage hors de la France métropolitaine, et parce que les travaux critiques les concernant sont encore dispersés, voire insuffisants tant du point de vue qualitatif que quantitatif.

    C'est à cette double lacune qu'entendent remédier l'Agence universitaire de la Francophonie et aujourd'hui « Planète Libre », en permettant l'édition dans une collection de référence de l'oeuvre complète de figures littéraires majeures du XXe siècle : Jacques Roumain, Léopold Sédar Senghor, Jean-Joseph Rabearivelo, Léon-Gontran Damas, Aimé Césaire.

    Le projet Césaire a été lancé avec l'accord de l'écrivain. Ses précieuses recommandations ont permis d'élaborer l'esquisse du volume, qui a servi de base au programme du colloque : introduction et étude philologique préliminaire, le texte (poésie, théâtre), l'histoire du texte, les lectures du texte.

    Quelques mois après la disparition d'Aimé Césaire, la rencontre dont nous présentons ici les actes prenait à la fois la forme d'un hommage et d'une prospective scientifique. Elle jetait ainsi, dans une méthodologie renouvelée, les bases d'une édition critique des oeuvres littéraires complètes de Césaire dans la collection « Planète Libre ».

    Lors de la réunion du comité éditorial, le 30 septembre 2009, Albert James Arnold a été désigné coordonnateur scientifique de l'édition Aimé Césaire.

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