• Cinq ans après «Chansons d'amour et de pluie», Sergi Pàmies revient avec un nouveau recueil de treize récits. Souvenirs d'enfance revisités et réinterprétés à la lumière de la vie des protagonistes : relations avec des parents célèbres, clandestins en France, puis reconnus et célébrés en Espagne après le franquisme, vieillesse et mort, rapports hésitants avec des enfants qui deviennent adultes, amour et séparation, presque fatidique. La vie de tout le monde, à travers celle de Sergi Pàmies.

  • D'abord un éclaircissement, le grand roman de barcelone est un recueil de nouvelles, ou bien les apparences seraient-elles trompeuses ! la réalité y est fragmentée en quinze récits dans lesquels la ville sert de combustible pour alimenter une machine narrative qui nous permet de voyager dans des territoires oú abondent la peur, la solitude, la mort et autres chardons de l'existence.
    Cependant, fidèle à lui-même, sergi pàmies n'entend pas attrister son lecteur et il agrémente ses paysages de tendresse lucide et d'ironie, deux éléments qui, joints à sa prose précise et élégante, en font un des auteurs les plus rares de sa génération. récompensé par le prix de la critica serra d'or, ce livre marque le retour de pàmies au court récit de ses débuts. et sa curiosité intacte à découvrir ce qui se cache entre les fissures du quotidien nous amuse et nous rend mystérieuse la soi-disant trivialité de nos vies.

  • "a la radio, j'ai entendu que si on mange un citron sans faire de grimaces tous vos désirs seront accomplis, mais j'ai peur d'essayer, de faire des grimaces et que plus aucun de mes désirs ne s'accomplisse jamais.
    " tels sont les héros des nouvelles de pàmies, pleins d'innocentes manies dévastatrices et de craintes puériles alors que seule les menace la banalité de l'existence. plus noires que d'habitude, les nouvelles de ce recueil sont pénétrées de la vanité de toute vie. mais à travers ses histoires baroques et drolatiques, pàmies s'interroge aussi sur les difficultés de la fiction face à un monde oú les héros ont fait place à des hommes sans qualités.
    Pour rester honnête, le récit ne doit-il pas se faire aussi neutre, aussi économe et finalement aussi court que nos vies anonymes ?.

  • Sans se départir de l'humour qui le caractérise et le mène parfois à une sorte de dérision vis-à-vis de la condition humaine, Sergi Pàmies quitte les généralités propres à sa génération et à son milieu pour revenir à une histoire plus personnelle qui, dans son cas, est intimement mêlée à l'histoire de l'Espagne. En effet, son père, Gregorio López Raimundo, torturé avant de se réfugier en France, fut l'un des dirigeants du PC espagnol en exil, et sa mère, Teresa Pàmies, fut elle aussi un écrivain prolixe de langue catalane qui a décrit dans de nombreux romans ses aventures de militante, de femme et d'exilée politique. C'est précisément parce que ses parents s'étaient abondamment exprimés sur leur vie, et donc sur la sienne, que longtemps il s'était tu. Mais, dans ce livre, plusieurs nouvelles sur la maladie et la mort de sa mère montrent comment Sergi Pàmies se réapproprie en même temps que sa mémoire un espace d'expression qui est aussi un accès au fictionnel, car l'écrivain ne crée de la fiction qu'à partir de ce qu'il a vécu. Et peut-être pourra-t-il échapper enfin à cette crainte qui le faisait se détourner de sa propre expérience. Il dit dans "Remerciements" : "Et, étant parvenu aussi loin, [...] je pense que pour que personne ne dise que les écrivains ne parlent que d'eux-mêmes nous finissons parfois par écrire des choses bien étranges." Parvenant à parler de ses parents, il peut désormais aussi parler de ses enfants et évoquer ainsi, par exemple, l'inquiétude du père qui va chercher sa fille à la sortie d'une boîte de nuit, mais également parler de lui-même et de son angoisse obsessionnelle qu'il dépeint si bien dans "New York, 1994", nouvelle décrivant un repas chez Paul Auster.
    Pàmies, qui pense qu'écrire est seulement "un métier aussi digne ou indigne qu'un autre", nous touche précisément par cette modestie, cette absence de pose, cet humour qui est, dit-on, l'élégance du désespoir, mais surtout par son humanité jamais proclamée mais toujours présente.

  • Selon l'auteur, pour réaliser ce livre sont intervenus : une rame de papier Din A4 Galgo, un stylo Sheaffer bon marché, une machine à écrire Optima et un dictionnaire Alcover-Moll.
    Ont participé en outre, de façon désintéressée : un vieux qui vend des souvenirs, un distributeur automatique moralisateur, un poète idiot... Le résultat : seize nouvelles au rythme trépidant qui s'attaquent avec un humour tendre ou féroce à la façade ordinaire des jours. Un exemple brillant de la nouvelle littérature catalane, urbaine, impertinente et désinhibée.

  • Le naufrage de l'âge mûr est au centre de ces vingt nouvelles. Pour la première fois, Sergi Pàmies construit ses fictions à partir d'éléments autobiographiques et retrace les difficultés existentielles de personnages qui, tiraillés entre des décisions absurdes ou héroïques, pédalent souvent dans la farine - d'où le titre.
    Dans ces nouvelles toujours inattendues et surprenantes, l'auteur semble pour la première fois se livrer plus ouvertement. En effet, comment ne pas voir dans "La Carte de la curiosité" l'évocation du jeune émigré espagnol qu'il fut ou bien dans "Les Chansons préférées de Lénine" le souvenir du père qu'il vient de perdre. La pudeur des sentiments est sans doute ce qui caractérise l'esprit de Pàmies : drôle sans méchanceté, lucide mais jamais amer. Et comme on imagine bien la détestation du petit Pàmies dont "la curiosité est née dans un terrain vague de banlieue" pour le trop poétique et trop élégant Petit Prince.
    Avec sa légèreté coutumière et en champion de l'autodérision, Sergi Pàmies touche au plus profond, à travers des personnages extrêmement sympathiques qui lui ressemblent.

  • Ce dernier livre de Sergi Pàmies, qui heureusement ne sera pas l'ultime, propose avec une élégante concision des histoires insolites qui, nous le sentons, pourraient bien nous arriver. On écoute un chanteur, le lendemain la radio annonce qu'il est mort, la première fois c'est un hasard, mais la seconde... et la troisième ? Le personnage favori de Pàmies est notre exact contemporain, confiant dans les objets mais prudent avec son prochain. Peu héroïque, il est pris de panique à l'idée qu'il pourrait échapper à la norme. Au point qu'un simple slogan publicitaire comme "Nous avons tous un prix" le plonge dans une angoisse quasi métaphysique. Pàmies aime commencer ses nouvelles par ce genre de formule creuse, par une phrase d'apparence anodine qui endort la méfiance du lecteur, pour mieux lui faire partager sa vision drôle, cruelle mais jamais sombre du monde. Avec lui, l'intelligence est une fête.

  • Treize récits pour présenter un monde cruel et tendre, lucide et loufoque, où se combinent avec une surprenante facilité le fantastique et le réel, le comique et le tragique.
    Un monde peuplé de personnages aussi proches du lecteur qu'un séducteur éconduit victime de ses propres pièges, un candidat à un concours télévisé, un sexagénaire amoureux des Ferrari, une plante qui grandit quand on lui ment. " Des personnages qui par leur désespoir et leur éphémère allégresse rappellent Charlie Brown, ou les fils postindustriels de Kafka. " (Victor M. Amela, La Vanguardia. ).

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