Rocher

  • L'icône orthodoxe représente l'image humaine telle qu'elle devrait être, allégée de ses imperfections, nettoyée, purifiée. Ainsi, est-ce comme une icône qu'apparaît dans la mémoire de Virgil Gheorghiu le visage de son père, Constantin, car ce prêtre d'un village situé sur le versant oriental des Carpates, a su intensément vivre son ministère en homme de coeur, en homme de bien, en saint.
    Retracer la vie du Révérend Père Constantin Gheorghiu, « deux fois son père », revient à dessiner le Roumain idéal, celui qui inspira Les Immortels d'Agapia, et le destin d'un pays broyé par les envahisseurs.
    On était prêtre de père en fils dans la famille Gheorghiu. Le fils de Constantin, Virgil, a été contraint par la pauvreté à y renoncer. Il est devenu poète, écrivain. Il a vécu, souffert, témoigné par ses livres, La Vingt-cinquième heure entre autres. Puis il a été ordonné prêtre à son tour...
    Virgil Gheorghiu raconte ses souvenirs dans des pages émouvantes, vibrantes de poésie, et son autobiographie nous éclaire à la fois sur l'homme, son oeuvre et son pays, la Roumanie, dont il a si bien su dire les malheurs et la beauté.

  • « La 25ème heure » n'est pas le seul chef d'oeuvre de l'illustre écrivain roumain Virgil Gheorghiu. Il en a écrit un autre au moins : « La Maison de Petrodava », publié une douzaine d'années plus tard (Plon, 1961). Nous nous sommes assurés le droit de rééditer ce grand roman oublié, dont nous suggérons, pour lui donner une nouvelle jeunesse, de modifier le titre. « Les noirs chevaux des Carpates » nous paraît non seulement plus attrayant, mais surtout plus juste, plus exact : ce récit (dont Gheorghiu lui-même nous avertit que ce « n'est pas une oeuvre de fiction pure, mais - plutôt - une chronique du monde d'où je viens »), en effet, est littéralement envahi par les chevaux. Des chevaux bien réels : le père de l'héroïne était éleveur, et possédait les meilleurs étalons (noirs) de la région. Son épouse et sa fille sont tout aussi passionnées par cet animal. Et des chevaux allégoriques : omniprésents, observateurs attentifs (et menaçants) du comportement des hommes, ces êtres prodigieux, à la fois la conscience et l'âme des Carpates, sont doués de qualités surnaturelles, capables de tristesse quand on les humilie, de férocité quand on les trahit. L'écriture de Gheorghiu, bien que parfois relâchée, bavarde, répétitive, est - c'est la magie de son style inimitable - également héroïque, irrésistible, torrentielle. Mélange d'épopée et de roman, cette curieuse « mixture » littéraire ne laisse pas l'esprit du lecteur en paix. Elle raconte l'histoire (au début du XXe siècle) à la fois grandiose et tragique, d'une dynastie de montagnardes, de femmes inflexibles, intransigeantes jusqu'à l'extrême : jusqu'à la mort. Un chef d'oeuvre, disais-je." Jean-Louis Gouraud

  • L'espionne

    Gheorghiu Virgil C.

    • Rocher
    • 1 Juin 1990

    Monique Hublot, roumaine naturalisée française et femme de Max Hublot, chercheur au C.N.R.S., s'appelle-t-elle bien Martin de son nom de jeune fille ? Ne serait-elle pas, comme l'affirment les services de Contre-Espionnage français, la fille de l'ancien Premier Ministre roumain, Léopold Skripka ? Pour l'instant Monique est en clinique d'accouchement, on ne peut l'interroger. Abasourdi par ces révélations Max Hublot, secondé par son ancienne fiancée France Normand, commence son enquête dans les milieux roumains parisiens. Un homme connaît la vérité, il est prêtre, exilé et se nomme Virgil Gheorghiu comme l'auteur... Le père Virigil connaissait la famille de Léopold Skripka, son ancien professeur au lycée militaire de Kichinev avant la guerre. Pourtant il fournira un faux témoignage à la police française, se permettant même dans un oracle final de corriger les erreurs d'investigation du S.D.E.C.E. : Comment le service de Contre-Espionnage a-t-il pu commettre la faute de chercher les pièces d'identité d'un robot ? ... Que le professeur Max Hublot appelle son épouse du nom qu'il lui plaira ! Elle est un robot. Tous les noms sont pareils pour un robot. Même l'absence de nom.

  • La seconde chance

    Gheorghiu Virgil C.

    • Rocher
    • 1 Octobre 1990

    J'ai écrit, avec un demi-siècle d'avance, dans des dizaines de livres, des choses que mes contemporains commencent à peine à écrire, maintenant. Si on publie, sur une colonne, des chapitres entiers de La Seconde Chance, et sur la colonne voisine les reportages, les commentaires des journaux d'aujourd'hui, la similitude est troublante. J'ai simplement accompli ma tâche de poète et de témoin avec cette même religiosité qui me fait célébrer la messe en tant que prêtre.Je ne m'en enorgueillis pas, mais je constate que (sauf quelques exceptions) j'ai été plus lucide que la moitié de mes contemporains qui n'ont pas vu la vérité, et que j'ai été plus courageux que l'autre moitié qui, connaissant la vérité, n'ont pas eu le courage de la dire.V.G.

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