• La mode a longtemps été européenne, déclinée selon les ressources de chaque région.
    Mais elle était bridée par les lois somptuaires qui réservaient certaines couleurs ou matières à la noblesse.
    La Révolution française permit aux paysans, artisans, pêcheurs... d'exprimer leurs singularités.
    Concernant la Bretagne, Henri Charpentier, dessinateur et lithographe nantais, fut précurseur dans la reconnaissance du costume régional breton. Sa Collection des costumes pittoresques de la Bretagne et autres de la France où la mise des habitants offre quelques singularités remarquables, publiée en 1829, constitue la première étude systématique.
    En retournant aux sources de ce travail et en l'analysant, Yann Guesdon, spécialiste du costume, identifie des dessinateurs qui ont travaillé pour Chaprentier, tel Jean-Baptiste Peytavin, dont il a retrouvé les planches originales au musée de Chambéry. Il a également étudié une collection inédite de dessins préparatoires, retrouvée en 1991, et conservée au Musée départemental breton de Quimper.

  • Originaire de Saintes, Jacques de Thézac (1862-1936) s'installa en 1888 à Sainte-Marine, au bord de l'Odet. Très tôt, le jeune yachtman mesura la dureté de la condition des marins-pêcheurs et de leurs familles, qu'il côtoyait dans les ports sardiniers. Philanthrope, idéaliste, fondateur des Abris du Marin, il fut aussi un remarquable photographe au regard acéré, fuyant le « pittoresque », lui préférant la vérité brute de la vie quotidienne. Ses portraits et ses scènes de travail, à terre ou en mer, figurent parmi les plus intenses et les plus justes hommages aux marins-pêcheurs de Cornouaille.
    Cet ouvrage a été réalisé en collaboration avec le Musée départemental breton de Quimper, qui conserve le fonds photographique de Jacques de Thézac, propriété de l'Association des Abris du Marin.

  • En quelque vingt années, Charles Fréger s'est imposé comme le portraitiste des communautés humaines, dans leurs dimensions collective et individuelle, dressant, par le biais de l'inventaire photographique, des typologies de manières d'habiter, pour les individualités qui la composent, sa communauté d'héritage ou d'élection. Signe visuel d'appartenance et de ralliement, l'uniforme, sinon le costume, du plus protocolaire au plus « sauvage », constitue le motif central de son oeuvre. L'inventaire ici dressé est celui des coiffes bretonnes : il impose la vitalité et la contemporanéité de traditions que l'on aurait trop vite fait de remiser au rang de folklore.

  • La caractéristique la plus remarquable du costume traditionnel, en Bretagne, est son extraordinaire diversité. L'ethnographe et artiste René-Yves Creston (1898-1964) dénombra 66 modes principales, distinguant chacune un groupe ou un «pays» et comprenant elle-même autant de variantes ou de modes secondaires «qu'il y avait de communes ou de régions éco-nomiques ou administratives à l'intérieur de son aire d'expansion». Le total, selon Creston, «pourrait atteindre environ mille deux cents types différents et ceci uniquement pour ce qui est de la coiffe».
    Yann Guesdon a exploré chaque mode de Bretagne, étudié les collections publiques et privées, examiné les documents (écrits, gravures, peintures, photographies anciennes) pour nous donner cet ouvrage qui, à coup sûr, est appelé à devenir un «classique».

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