• : C'est l'un des textes les plus forts sur la guerre d'Espagne. Écrit par Mika Etchebéhère (1902-1992), une militante argentine qui dirigea une colonne du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM) en 1936-1937. On y croise des minoritaires, des anarchosyndicalistes et des marxistes antistaliniens, tous habités par la conviction d'imminents lendemains qui chantent.

  • Pourquoi tant d'écrivains américains, parmi les meilleurs de leur génération, affluèrent-ils à Paris dans l'entre-deux-guerres ? Quelle fut leur vie matérielle, sociale et intellectuelle dans la Ville Lumière ? Que découvrirent-ils ? Telles sont quelques-unes des questions que soulève le présent ouvrage. L'auteur raconte les expériences vécues dans la capitale française par de grands écrivains, dont trois prix Nobel (Ernest Hemingway, Sinclair Lewis et T.S. Eliot) et par des dizaines d'autres auteurs célèbres déjà en leur temps, comme Scott Fitzgerald, Henry Miller, John Dos Passos, Ezra Pound, Anaïs Nin. Ces intellectuels voulaient fuir une Amérique ressentie par eux comme matérialiste, intolérante, conformiste, puritaine, en somme étouffante et fermée aux choses de l'esprit. Une place particulière est accordée aux Noirs, qui cherchaient à s'épanouir loin des terribles contraintes de la ségrégation raciale.
    A Paris, les Américains trouvaient d'abord la liberté, celle des moeurs (alcool, drogue, sexe) et celle de l'esprit. La découverte d'une ville pétrie d'histoire, les promenades dans les beaux quartiers et les arrondissements populaires, la visite des musées, les spectacles, les lectures, les rencontres offraient d'innombrables sources d'inspiration et de réflexion. Tous furent marqués par l'éclosion de nouveaux courants, comme le dadaïsme, le surréalisme ou le cubisme. Henry Miller disait que Paris était « le nombril du monde », Gertrude Stein observait que cette ville constituait « la toile de fond naturelle pour l'art et la littérature du XXe siècle ».

  • Si la dictature est aussi ancienne que l'Histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale.
    Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité.
    Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés.

  • Les guerres des Années folles, 1919-1925 Nouv.

    Les sorties de guerre font aujourd'hui l'objet de réflexions fécondes, notamment en France. Dans la cas de la Première Guerre mondiale, afin d'appréhender le phénomène historique dans toute sa complexité et dans une perspective résolument européenne, une approche collective s'imposait. Les limites chronologiques - janvier 1918 à la fin de l'année 1925 - permettent, elles, de montrer les scansions fondamentales qui rythment ce laps de temps où les peuples croient en finir avec la guerre, quand celle-ci se prolonge et se transforme. L'année 1918 doit être étudiée pour elle-même : en un an, les visages de la guerre évoluent par le retour de la guerre de mouvement. L'année 1919 est déterminante, alors que les démobilisations militaires se font et que les sociétés commencent à revivre. Les années 1920 à 1925 voient enfin les prémices du fascisme italien, du nazisme allemand et l'extension de la révolution bolchevique, tandis que le démantèlement des empires centraux se poursuit par de nombreuses guerres civiles. La sortie de guerre se fait donc singulièrement attendre dans de nombreux secteurs de l'Europe traumatisée par la Grande Guerre.

  • Née de la révolution de novembre 1918, victime de la prise de pouvoir national-socialiste en 1933, la république de Weimar a laissé un souvenir ambigu. Dans ce livre, devenu un classique en langue allemande, l'historien Horst Möller nous montre que la république de Weimar n'était pas irrémédiablement vouée à l'échec. Son histoire est une leçon de culture politique, d'une actualité aiguë, sur la possibilité de la démocratie et les dangers qui la guettent.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Salud camarada ! Nouv.

    Salud camarada !

    Mathieu Corman

    Ce livre de Mathieu Corman, libraire, est un témoignage sur la Guerre d'Espagne vécue de l'intérieur.
    En 1936, Corman se rend en Espagne pour participer à la lutte républicaine. Il combat aux côtés des anarchistes de la colonne Durruti, puis revient en Belgique. Il repart l'année suivante en tant qu'envoyé spécial. Un périple annonçant celui ce George Orwell et qui sera à l'origine de son Hommage à la Catalogne. Sur le front d'Aragon et de Madrid, Corman découvre le pouvoir populaire tel que le concevaient les anarchistes, avec la mise en place de comités régissant la vie publique et la stratégie militaire : poursuivre les fascistes, assurer la collectivisation des terres, démembrer les propriétés de l'Église et des latifundiaires. Soustraire la région à l'autorité du gouvernement central.

  • Le massacre de clichy. violences politiques et policieres au temps du front populaire Nouv.

    Le soir du 16 mars 1937, une manifestation de gauche eut lieu dans le centre de Clichy en réaction à la venue du leader fasciste de La Rocque à la tête du Parti social français (ex Croix-de-feu). 6 manifestants furent tués par la police. Chris Millington est le premier historien à consacrer tout un ouvrage à cet événement majeur du temps du Front populaire. Grâce aux archives, à la presse et aux témoignages d'époque, il nous plonge au coeur de cette soirée en racontant avec précision son déroulement imprévisible et tragique. Le livre replace également cet événement dans le contexte de l'entre-deux-guerres où la rue était un lieu crucial de l'affrontement politique. Les stratégies des partis politiques, le comportement de la police, ainsi que le rôle de la violence en politique, sont autant de thèmes abordés par l'auteur qui restitue ainsi la culture politique et militante d'une époque aux tensions idéologiques extrêmes.

  • « Ceux qui n'ont pas voulu comprendre cette histoire sont condamnés à la revivre. ».
    Ce verdict de l'un des plus grands journalistes américains exprime l'hallucinant périple de William L. Shirer, témoin de l'apocalypse de l'Occident.
    Résidant à Berlin à partir de 1934, fasciné et horrifié par Hitler, spectateur d'une dictature entraînant une nation vers une guerre de conquêtes et de ravages, il couvre le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale pour la radio américaine CBS. Dénonçant la censure dont il était victime et refusant de se plier aux exigences du régime nazi, il quitte l'Allemagne en décembre 1940. De retour à Berlin à l'automne 1945, il découvre un pays dévasté. Il nous livre ici ses réflexions sur les tragiques événements qui se déroulèrent inexorablement sous ses yeux.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Indomptables, insoumises et rebelles, ouvrières ou paysannes, mères de famille ou partisanes de l'amour libre, syndicalistes ou adeptes de la lutte armée, combattantes et « guérillères », les femmes anarchistes espagnoles, depuis la fin du XIXe et tout au long du XXe siècle, n'ont cessé de clamer leur désir d'émancipation sociale en leur nom.
    Si l'histoire retient surtout le rôle de ces militantes lors de la guerre civile et de la révolution de 1936-1939, cet ouvrage met l'accent sur la continuité et la pluralité des formes de luttes qui témoignent d'une véritable spécificité de l'engagement des libertaires espagnoles.
    Contre l'invisibilisation d'un combat ponctué par l'expérience des luttes, de la guerre et de l'exil, il s'agit ici, à travers des trajectoires individuelles ou de groupes de reconstruire une mémoire collective au féminin, tout en soulignant le caractère transgénérationnel de l'anarchisme espagnol au sein duquel les femmes ont joué un rôle déterminant.
    Nouvelle édition.

  • Trente ans ont passé depuis que l'URSS s'est effondrée, en décembre 1991. Depuis cette date, à Moscou, les archives se sont ouvertes, les témoignages personnels se sont multipliés, les révélations ont succédé aux révélations. Notamment à propos du plus secret des piliers du système soviétique : le KGB.

    Depuis la fondation de la police politique bolchevique, en décembre 1917, jusqu'à sa tentative ratée de sauver le régime, en août 1991, il était devenu indispensable de reprendre, corriger, compléter et conclure le récit foisonnant de ses campagnes, de ses exploits, de ses métamorphoses, de ses crimes et de ses échecs. Quelle riche histoire que la sienne : la Tcheka, la guerre civile, la GPU (dernier avatar avant la fondation du KGB proprement dit), les procès staliniens, le Goulag, la guerre froide, la dissidence ! Combien de personnages hors du commun l'ont incarnée au fil des années : Lénine, Dzerjinski, Iagoda, Iejov, Beria, Staline, Serov, Andropov ! Et combien de silhouettes ambiguës et romanesques ont traversé ce formidable théâtre d'ombres : Münzenberg, Mercader, Philby, Trepper, Kravchenko, Fuchs, Rosenberg, sans parler d'un certain... Vladimir Poutine !

    D'une plume enlevée et nourrie aux meilleures sources, Bernard Lecomte nous révèle la véritable histoire des services secrets soviétiques.

  • Le 15 mars 1928, le Japon connaît une vague de répression sans précédent : 1 600 sympathisants, militants et syndicalistes communistes sont arrêtés sans motif avéré. Tue à l'époque par la majorité des organes de presse, cette opération est menée par la police « spéciale » - ou politique - aux ordres d'un gouvernement conservateur qui, sous couvert de défendre le « corps de la nation », préserve les intérêts des grands propriétaires du pays.
    Kobayashi Takiji travaille alors à Otaru, l'un des principaux théâtres de ces rafles. Témoin des événements, il en livre dans ce roman - le premier écrit de sa main - un récit poignant, marqué du sceau de la jeunesse et de l'urgence, et qui sera frappé par la censure.
    Dans ce récit-manifeste, précurseur du Bâteau-Usine, l'auteur multiplie les personnages et les points de vue. Il reconstitue ainsi la vision parcellaire de ce déferlement de violence propre à ceux qui, impuissants, n'ont pu que le subir. Dans un contexte où la question des violences policières fait retour partout dans le monde, ce classique de la littérature japonaise de l'entre-deux-guerres offre une perspective poignante sur ce que signifie faire l'expérience de la répression.

  • Ce titre fait écho au fameux "Ici Londres" ouvrant sur la BBC l'émission "Les Français parlent aux Français" pendant la guerre. En effet, Saint-Pierre-et-Miquelon se rallie à de Gaulle dès Noël 1941, quand y débarque, peu après Pearl Harbor, la minuscule armada qu'il a dépêchée par surprise. Roosevelt, pour qui le Général n'est alors qu'un figurant, gronde, Churchill temporise et les hommes incarnant sur l'archipel la France libre tiennent bon, de l'amiral Muselier, pas encore dissident, au jeune Alain Savary, futur ministre de Mitterrand.
    Un instant, Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi plus grand que lui-même. Puis ces îlots de l'Atlantique Nord cessent de faire la "une" à Londres comme en Amérique. Sur place, des notables, Préfet apos¬tolique en tête, entravent l'action de la France libre. Rejointe par de nombreux volontaires avant même le "coup de Saint-Pierre", elle enrôle de force, début 1944, ceux qui renâclaient encore à l'appuyer.
    Il pourra ainsi être dit en 1945 que tout l'archipel était derrière de Gaulle. Il lui fera fête en 1967 lors de sa halte sur le chemin du "Québec libre".

  • 6 heures du matin, le 30 juin 1934. La pension tranquille de Bad Wiessee où dorment les chefs des Sections d'assaut est cernée. Les fidèles de Hitler, sa force de frappe, ses compagnons des temps de combat, sont désormais des hommes à abattre. Hitler en personne dirige ce règlement de comptes, l'arme au poing. Dans la nuit du 29 au 30 juin, dans la chaude journée d'été qui suit, les exécutions, les assassinats se multiplient dans toute l'Allemagne. Ernst Röhm, le chef d'état-major de la SA, l'allié des heures sombres, l'homme que le Führer tutoyait, en est la plus illustre victime. Heure par heure, Max Gallo restitue cette« Nuit des longs couteaux » qui vit triompher les SS et s'établir définitivement la dictature nazie. Interrogeant archives et témoins, retournant sur les lieux de l'action, il restitue l'atmosphère d'angoisse et de terreur, il éclaire les rivalités, les calculs politiques, les trahisons qui ont conduit à cette purge meurtrière. Un récit qui démonte le mécanisme infernal du IIIe Reich.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Sandarmokh

    Irina Flige

    Le charnier de Sandarmokh est situé non loin de Medvejegorsk, ville tristement célèbre pour avoir abrité le Quartier général de l'OGPU, puis du NKVD. Il a été mis au jour en 1997 par Irina Flige, Iouri Dmitriev et Veniamine Ioffé. Tous trois ont lutté au sein de l'association Memorial contre une réécriture de l'histoire de la Grande Terreur, qui est aujourd'hui toujours aussi vicace au sein du discours officiel russe. Leurs recherches sont un acte de résistance civile.
    Le livre d'Irina Flige retrace fidèlement les circonstances d'une véritable enquête, à la fois dans les archives et sur les lieux des exécutions, pour retrouver un chaînon manquant de l'histoire de son pays. Il rétablit un chantier historique nécessaire, où sont intriqués toutes les strates d'une « mémorialisation » conflictuelle, mettant en jeu les familles des victimes, les associations nationales (polonaises, ukrainiennes, etc.) et le pouvoir en place. Construit comme une aventure intellectuelle, cet ouvrage a été écrit à l'intersection de plusieurs genres : le lecteur y trouvera des éléments de recherche historique, d'analyse culturelle, de témoignages racontés et de journalisme. C'est ce qui en fait un document unique parmi les ouvrages consacrés aux répressions staliniennes.

  • Grèves, manifestations, tribunes politiques et syndicales... Par un puissant mouvement social, le Front populaire change la vie des Français : congés payés, semaine de 40 heures, hausse des salaires...
    De 1936 à 1938, les gouvernements du Front populaire, et notamment celui de Léon Blum, lancent des réformes historiques. Dans les villes et les campagnes, c'est la liesse : les ouvriers occupent les usines, les paysans luttent contre les saisies, les familles partent en vacances... Mais l'image de la joie collective masque les tensions nées de la peur du désordre, de l'entrave à la propriété privée ou d'un complot venu de l'étranger.
    À partir de nouvelles archives, Jean Vigreux prouve que cette « échappée belle » a été une expérience gouvernementale fondamentale pour comprendre l'histoire sociale et politique de la France contemporaine.

  • Une analyse sans préjugés partisans d'un conflit dont la signification symbolique a divisé le monde au point d'en faire oublier la réalité complexe.

    Avec un souci constant d'impartialité, l'auteur retrace les épisodes marquants en même temps que les enjeux de cette guerre civile, dans ses dimensions politiques, sociales, idéologiques, militaires et bien sûr internationales.

    Le regard de Guy Hermet ne procède pas d'une vision "révisionniste", mais cherche à comprendre la constitution démocratique de l'Espagne.

  • Second tome des reportages de Joseph Kessel, Les Jours de l'aventure, 1930-1936, nous plonge au coeur d'un monde au bord de la catastrophe. Des derniers soubresauts de l'esclavage en mer Rouge, aux premiers et inquiétants remous au-delà du Rhin, en passant par les secousses puissantes de la crise en Amérique, Joseph Kessel décrit un univers qui, peu à peu, semble perdre pied. Un détour par les milieux interlopes berlinois - L'Opéra de quat' sous n'est jamais loin - et une incursion chez les francs tireurs de Barceloneachèvent de nous dépeindre une Europe où la paix est de plus en plus menacée.

  • Gilbert Badia (1916-2005) est un intellectuel communiste, agrégé d'allemand et résistant. Pionnier des recherches dédiées au Spartakisme et à l'antifascisme allemand, on lui doit d'avoir exhumé nombre d'archives inédites qui ont nourrie sa thèse magistrale consacrée à Rosa Luxemburg ainsi que deux ouvrages sans précédents consacrés au spartakisme.

    Le Spartakisme. Les dernières années de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht est ici réédité avec un large appareil critique inédit. Ses lecteurs comprendront au fil des pages pourquoi ce livre s'est imposé comme une référence de l'historiographie consacrée au spartakisme.

  • Nous sommes nés dans la crise économique, avant de voir le Front populaire triompher sur l'Hexagone.
    Mais très vite, la guerre frappe, et « c'est reparti comme en 14 ».
    Lorsque l'armistice est signé cinq ans plus tard, nous savons que rien ne sera plus jamais comme avant :
    La société française se modernise, et nous sommes à l'aube des fameuses Trente Glorieuses.

  • Des Champs-Élysées, où défile une armée française victorieuse, aux rivages de Palestine, où Israël s'éveille peu à peu, en passant par l'Irlande insurgée, la Russie blanche réfugiée à Paris et un vol mémorable sur l'Aéropostale, Joseph Kessel nous transportent dans un monde (1919-1929) qui croit encore à des lendemains meilleurs.

  • Entre 1921 et 1926, leMaroc est le théâtre d'un véritable combat : la guerre du Rif.
    De sa montagne au relief tourmenté, un jeune chef berbère, Abdelkrim, défie les deux puissances européennes qui occupent son pays, la France et l'Espagne. Rien ne semble pouvoir arrêter les troupes d'Abdelkrim qui écrasent l'armée du roi Alphonse XIII et provoquent la chute de la fragile monarchie parlementaire espagnole. Après l'Espagne, c'est au tour de la France de prendre de plein fouet l'explosion rifaine. Le choc est d'une brutalité inouïe. Dans la canicule des djebels, Lyautey, Juin, de Lattre de Tassigny, Catroux, Giraud connaissent la peur de voir l'armée française battue par des paysans berbères. Lutte sans merci pour la liberté, conflit oublié de l'histoire coloniale, la guerre du Rif éclaire encore aujourd'hui par bien des aspects les liens très spéciaux de la France et du Maroc.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Le 11 novembre 1918, au matin, Georges Clemenceau déclare à son chef de cabinet : « Nous avons gagné la guerre, il nous faut maintenant gagner la paix, et ce sera plus dur encore. » En effet, outre la mauvaise volonté allemande, il faudra non seulement compter avec la diplomatie d'équilibre des Britanniques qui ne veulent pas trop affaiblir l'Allemagne au profit de la France, mais aussi avec les ambitions du président américain Wilson dont les principes démocratiques pour la reconstruction du monde - le droit des peuples, l'État-nation, la SDN... - privent les Européens de toute politique d'annexion.
    Loin d'être à l'apaisement, les années d'après-guerre sont marquées par le trouble et l'incertitude. La guerre continue à l'Est, dans les pays baltes en 1919, entre la Pologne et la Russie de 1920 à 1921, entre les Turcs et les Grecs de 1919 à 1922, tandis que la guerre civile en Russie cause la mort de 5 à 7 millions de personnes. Surtout, le spectre de la révolution bolchevique, victorieuse en Russie, s'insinue de l'Allemagne à la Hongrie en passant par l'Italie. L'ennemi n'est plus tout à fait le germanisme, mais le bolchevisme, infiltré sous la forme des nouveaux partis communistes d'Europe. Un monde radicalement nouveau est né, une nouvelle ère idéologique coincée entre Wilson et Lénine, deux messianismes à côté desquels la France et la Grande-Bretagne ne tiennent plus le premier rôle. En ces années où prévaut l'illusion d'une paix durable, les instabilités, les aigreurs et les déceptions attisent déjà le feu de la revanche.
    Clemenceau avait raison : il était plus difficile de gagner la paix que la guerre. Et la France, qui a gagné la guerre, a perdu la paix.
    Jean-Yves Le Naour livre une étude brillante et rénovée - parfois iconoclaste - de cette tragique sortie de guerre, étudiant notamment le traité de Versailles, dont le grand perdant ne fut peut-être pas l'Allemagne, mais la France.

  • Comment la France a-t-elle perçu la montée du péril nazi dans les années 1933-1939 ? Cette question a longtemps été négligée par l'historiographie. Les responsables français avaient-ils une perception claire des intentions d'Hitler et de ses capacités militaires ? Ont-ils fait bon usage des rapports de leurs services secrets ? L'historien canadien Peter Jackson a entrepris, le premier, de répondre à cette question-clé dans cet ouvrage qui a fait date dès sa première parution en anglais.
    Il raconte les missions d'espionnage français en territoire allemand et reconstitue la façon dont les services français ont évalué les forces et les menaces allemandes. Il démontre que le travail de ces services était très efficace, avec une évaluation exacte des plans allemands dès avant l'Anschluss ; mais leurs rapports furent le plus souvent négligés par les politiques et les diplomates qui jugeaient Hitler dans la continuité de ses prédécesseurs.
    Ce n'est qu'après Munich que la menace nazie les préoccupa réellement.

empty