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Cnrs Periodiques
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Le séparatisme en Afrique est, ici, illustré par six cas, le Soudan, le Tchad, le Nigeria, le Zaïre, l'Éthiopie et la Somalie. Ils abordent plusieurs thèmes qui intéressent la problématique générale de l'État d'aujourd'hui. Les facteurs mis en jeu sont à la fois géographiques, historiques et politiques : il s'agit du poids de la colonisation et de la faillite générale du cadre étatique hérité, du rôle des idéologies et des discours, de la répartition des ressources et des hommes, et du facteur ethnique, souvent considéré comme primordial. Bien que les séparatismes soient apparus, un temps, comme capables de substituer à la fragile construction coloniale un territoire plus authentiquement national, tous ont néanmoins échoué. Mais, en soulignant les résistances, les contestations et les divisions à l'intérieur de l'État africain moderne, ils jouent un rôle important de révélateur et d'intégration territoriale et sociale. Les frontières du refus contribuent ainsi à la prise de conscience nationale des états africains nouvellement indépendants.
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Terre de contrastes, pays carrefour, occident arabe le plus éloigné, partisan maghrébin d'un dialogue avec l'Occident... l'histoire politique récente du Maroc ne manque pas de signes, qui permettent de justifier ou d'infirmer ces images toutes faites.
Longtemps retranché du monde extérieur, le Maroc a su résister à toute domination politique et religieuse, et défendre une indépendance et une unité de récente formation, en s'appuyant sur l'héritage de son passé historique, et sur sa propre expérience étatique. L'attachement à l'Islam et le respect de la tradition, n'ont pas seulement garanti une identité et une souveraineté ; ils continuent d'imprégner le processus de modernisation, entamé bien avant le Protectorat, au point d'inspirer - encore largement - l'esprit du régime, le fonctionnement complexe du système, et les règles subtiles du jeu politique actuel. Autoritaire et libéral à la fois, jouant des tensions multiples d'une société composite pour en préserver la stabilité et l'unité, puisant dans la tradition les moyens d'assumer la modernité en gardant son identité, le Maroc semble se nourrir de ces contradictions - ou de ces ambivalences - pour intégrer le changement social dans la continuité d'un certain ordre politique. À l'aube des années 1990, on s'interroge sur l'originalité d'un régime, qui échappe aux étiquettes idéologiques classiques, comme aux perceptions étrangères trop superficielles ou dogmatiques, et qui déjoue les analyses les plus critiques, comme les pronostics les plus alarmistes sur sa survie. La perspective d'une solution de l'affaire du Sahara et les avancées récentes sur le terrain des droits de l'Homme, ne laissent pas moins planer quelques incertitudes sur les capacités du régime à imposer une formule durable de régulation sociale, ou de contrôle politique.
Sans s'engager dans la formulation de scénarios hasardeux et de vaines conjectures, ces études s'attachent à fournir des repères, pour mieux cerner - en termes d'acteurs, de valeurs et de stratégies - cette « spécificité » marocaine dans le contrôle de la dynamique sociale. Si elles ne prétendent pas faire le tour des dimensions et des enjeux du changement social dans le Maroc actuel, elles visent à en livrer un éclairage diversifié. -
Le registre paroissial de Saint-Savin, village enclavé des Hautes-Pyrénées, débute en 1618 et constitue les archives les plus anciennes connues des Pyrénées. Sans rupture jusqu'en 1975, hormis quatre années. Il permet une étude démographique sur une longue durée. «Copyright Electre»
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Nombre d'observateurs de l'actualité libyenne s'interroge sur l'héritage historique, qui pousse Mouammar Kadhafi à exercer sa tutelle sur le nord du Tchad. En tant qu'historien, Glauco Ciammaichella montre les changements les plus significatifs, liés à la première rencontre des deux principaux intervenants au Tchad : la France lors de son expansion coloniale, et la Libye à l'époque de l'avancée de la Confrérie senoussie vers l'Afrique Centrale. La convention franco-anglaise du 21 mars 1899, avait laissé le Tchad à la France. La seule organisation à s'opposer sur le terrain, était la Confrérie senoussie, qui contrôlait le trafic caravanier entre la Libye orientale et le Tchad. L'occupation française du Borkou, de l'Ennedi et de Tibesti, en 1914, marquera la fin de la présence senoussie au Tchad, et le déclin définitif des dernières routes transsahariennes.