Les Presses Du Reel

  • On lui attribue, dans les années 1920, les premiers films impressionnistes, féministes, puis surréalistes. Qu'est-ce que le cinéma ? constitue la première édition des écrits théoriques de Germaine Dulac (1882-1942), pionnière du septième art, près de 75 années après la conception du manuscrit, où elle développe une réflexion sur le cinéma aux échos fortement contemporains.
    Composé des nombreuses conférences de la cinéaste (1925-1939) assemblées par sa partenaire Marie-Anne Colson-Malleville et préservées dans les archives de Light Cone, cet ouvrage éclaire le rôle majeur de cette pionnière de l'avant-garde française, innovatrice de la pensée cinématographique moderne, qui théorisait déjà, dès les années 1920, ce qu'est le cinéma.

    « L'oeuvre et la pensée de Germaine Dulac ont beaucoup compté dans l'histoire du cinéma. Ce livre permet de mieux la connaître et de l'apprécier. C'est très important pour faire vivre la cinéphilie, qui est d'ailleurs l'une des missions du CNC. » Dominique Boutonnat, Président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) Ouvrage récompensé du Prix du livre de cinéma 2020 du CNC.

  • Une anthologie des nouvelles formes musicales au XXe siècle.
    Cette publication réunit dix-huit entretiens menés par Hans Ulrich Obrist avec des musiciens pionniers des années 1950 à 1980 : compositeurs d'avant-garde (Elliot Carter, Pierre Boulez ou Karlheinz Stockhausen) ; précurseurs de la musique musique électro-acoustique (Iannis Xenakis, Robert Ashley, François Bayle, Pauline Oliveros, Peter Zinovieff) ; artistes minimalistes et post-Fluxus (Éliane Radigue, Terry Riley, Tony Conrad, Steve Reich, Yoko Ono, Phill Niblock) ; ainsi que des figures musicales influentes comme Brian Eno, Kraftwerk, Arto Lindsay et Caetano Veloso. Leurs contributions retracent l'évolution du domaine musical : des premières expériences de musique concrète et abstraite aux développements électroniques, puis à l'hybridation de la culture populaire et de l'avant-garde.
    Edition française, augmentée (notamment d'un entetien inédit avec Éliane Radigue), de l'ouvrage paru en anglais en 2014.

  • Ce manuel propose un état des connaissances actuelles sur le fonctionnement de la nature en milieu urbain : son écologie.

    Les villes sont des structures complexes qui abritent une disparité de conditions de vie. Elles peuvent générer des viviers de biodiversité comme elles peuvent les détruire. Elles sont elles-mêmes des organismes qui se développent, mutent, périclitent. Ce manuel analyse ces phénomènes. Il affirme quelques principes afin de pallier la cécité écologique des citadins, et parer à l'agonie des écosystèmes urbains.
    Ce manuel entend provoquer une prise de conscience. Elle est nécessaire, insuffisante et pourtant indispensable. Chaque être vivant dépend des interactions entretenues avec les milieux et le vivant qui l'entourent, quels qu'ils soient. L'ouvrage souligne par là même les dimensions sociologiques, urbanistiques et politiques induites.


  • d'oú vient cette obsession de l'interactif qui traverse notre époque ? après la société de consommation, après l'ère de la communication, l'art contribue-t-il aujourd'hui à l'émergence d'une société rationnelle ? nicolas bourriaud tente de renouveler notre approche de l'art contemporain en se tenant au plus près du travail des artistes, et en exposant les principes qui structurent leur pensée : une esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social.
    son essai se donne pour but de produire des outils nous permettant de comprendre l'évolution de l'art actuel : on y croisera felix gonzalez-torres et louis althusser, rirkrit tiravanija ou félix guattari, et la plupart des artistes novateurs en activité.

  • Une étude sur les représentations de la séropositivité et du sida dans l'art américain et européen.
    La crise du sida est un tournant majeur de l'histoire contemporaine, en art aussi. Ce livre s'intéresse à son impact sur les artistes et activistes américains et européens, du premier recensement des cas de la maladie, en 1981, à la révolution thérapeutique de la fin des années 1990. De Cindy Sherman à Derek Jarman, de Niki de Saint Phalle à Jeff Koons, de Gilbert & George à Jenny Holzer, de Michel Journiac à David Wojnarowicz, d'Izhar Patkin à Zoe Leonard, ou dans ce que produit ACT UP, on repère le même saisissement dans les représentations qui ne pouvaient alors plus être les mêmes, et pour cause.
    Les images sont habitées par tout ce qui travaillait les sociétés occidentales au temps de l'épidémie, et d'abord le pire d'elles-mêmes, qui se défoulait dans un espace social miné par la crise. Elles s'en souviennent, comme des forces de résistance qui lui furent opposées. Elles sont les témoins de la volonté intraitable de ne rien céder, mais également de sortir par tous les moyens d'une situation bloquée.
    À partir de très nombreuses représentations visuelles, ce récit de la crise épidémique ouvre ainsi sur une histoire politique, économique et sociale de cette époque fatalement hantée par la catastrophe.
    Cet ouvrage est issu d'une thèse ayant reçu la « Mention spéciale », Prix de thèse de l'université Paris-Sciences-et-Lettres (PSL) 2019 (catégorie « Sciences humaines et sociales »), le Prix de thèse 2019 de l'École doctorale 441 d'histoire de l'art-Équipe d'accueil du Centre de recherche Histoire culturelle et sociale des arts (HiCSA), université Paris 1 Panthéon Sorbonne et le Prix de thèse en histoire de l'art 2018 de la Commission de la recherche de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • La pensée de Jacques Rancière a profondément modifié la réflexion contemporaine, en particulier dans sa façon nouvelle d'articuler les rapports entre esthétique et politique. Bien qu'elle ait pris une place grandissante dans son oeuvre, à la faveur des derniers livres notamment, la question des images et de leur pouvoirs n'avait pas encore fait l'objet d'une interrogation spécifique. Une conversation, assortie d'une introduction par Andrea Soto Calderón, afin de mieux cerner en quoi les images sont le site d'une reconfiguration des possibles.

    Andrea Soto Calderón est philosophe, basée à Barcelone, où elle enseigne l'esthétique.

  • Un récit captivant qui explore les coulisses de la scène artistique internationale, au fil d'enquêtes auprès de figures telles que Ai Weiwei, Jeff Koons, Yayoi Kusama, Cindy Sherman, Andrea Fraser, Laurie Simmons, Carroll Dunham, etc., pour réhumaniser et démystifier l'art contemporain.
    Pour 33 artistes en 3 actes, Sarah Thornton a rencontré 130 artistes entre 2009 et 2013. Cet ouvrage nous offre un éventail éblouissant d'artistes : des superstars internationales jusqu'aux professeurs d'art moins connus.
    On assiste, par exemple, à la rencontre de l'auteure avec Ai Weiwei avant et après son emprisonnement ; avec Jeff Koons alors qu'il séduit de nouveaux clients à Londres, Francfort ou Abu Dhabi ; avec Yayoi Kusama dans son studio au coin de l'asile de Tokyo qu'elle habite depuis 1973 ; avec Cindy Sherman, chez qui elle fouille dans les placards, ou encore aux moments partagés avec Laurie Simmons, Carroll Dunham et leurs filles Lena et Grace.
    Témoin privilégié de leurs crises et de leurs triomphes, Sarah Thornton porte un regard analytique et ironique sur les différentes réponses à cette question centrale : « Qu'est-ce qu'un artiste ? ».
    L'ouvrage est divisé en trois domaines : politique, parenté et artisanat, constituant une enquête sur le psychisme, la personnalité, la politique et les réseaux sociaux des artistes.
    À travers ces scènes intimes, Sarah Thornton examine le rôle que les artistes occupent en tant que figures essentielles dans notre culture.

  • Une réflexion collective et transdisciplinaire sur la notion de distraction, pensée à la fois comme le stigmate de nos sociétés et comme son antidote.
    Notion souvent dévalorisée ou fustigée, la distraction renvoie autant à certaines modalités de l'attention (flottante, incidente, mobile...) qu'aux formes sensibles associées à la culture de masse. La distraction est plus ambivalente que sa dénonciation ou sa synonymie avec le terme de divertissement ne le laissent supposer. Tandis que ce dernier pourrait ne renvoyer qu'au fait de se détourner d'une chose, de faire diversion, la distraction relève plutôt d'un conflit d'attractions. En résulte une double orientation des recherches qui composent cet ouvrage, où l'examen local d'états de coexistence entre perception distraite et capacité attentionnelle voisine avec des réflexions sur les influences réciproques entre le domaine des arts et la société du spectacle.
    Cette notion de distraction qui se dédouble en deux branches est également clivée, entre émancipation et aliénation, tant dans ses pratiques que dans ses productions. Les réflexions rassemblées ici interrogent la façon dont la distraction cristallise certaines interrogations du présent, celles d'un monde qui se numérise et dont les tensions politiques vont croissant. On peut ainsi paradoxalement penser la distraction à la fois comme le stigmate de nos sociétés et comme son antidote. Elle connaît dans ce recueil un sort fidèle à son étymologie, elle est « tirée en divers sens » dans une variété d'interprétations et d'expériences où sa parade se manifeste de manière inattendue et fend les idées reçues.

  • Fruit d'une enquête au long cours auprès de dix chorégraphes, cet ouvrage établit un vocabulaire de la composition en danse, témoignant des pratiques et opérations qui forment la création chorégraphique contemporaine.
    À partir des paroles recueillies auprès de dix chorégraphes au cours d'une enquête qui s'est étirée sur trois ans, Yvane Chapuis, Myriam Gourfink et Julie Perrin ont élaboré un vocabulaire de la composition en danse. Il s'organise en vingt notions, mises en perspective historiquement ou conceptuellement, suivies de quatre discussions spécifiques et de dix portraits de circonstance.
    Ce livre témoigne de pratiques et d'opérations qui donnent forme et sens aux oeuvres. Ouvrant à des conceptions hétérogènes de la composition, il n'épuise pas le champ des possibles, mais peut servir de repère pour aborder la création chorégraphique contemporaine.

    « [Il s'agit d']un ouvrage substantiel : une somme dans laquelle on peut entrer et sortir à sa guise, selon que l'on questionne tel ou tel mode opératoire. Cette approche transversale est la grande force de l'ouvrage, qui permet d'échapper aux rails monographiques, pour ouvrir au contraire la pensée sur une vingtaine d'opérations d'écriture de la danse. En interrogeant sans relâche le rapport entre composition et interprétation, composition et invention gestuelle, composition et réception. ».
    Journal de l'ADC

  • L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies.

    En se fondant sur un corpus d'oeuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle - à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière... - quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle - à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault... - quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique.

  • Une enquête sur les enjeux à la fois artistiques et politiques de l'art participatif, depuis les années 1990.

    Jeremy Deller propose aux anciens mineurs d'Orgreave de participer à la reconstitution historique en costume de l'émeute ouvrière anglaise de 1984. Javier Téllez organise avec les patients de l'hôpital psychiatrique de Tijuana la propulsion d'un homme-canon par-dessus la frontière américano-mexicaine. Thomas Hirschhorn invite les habitants d'un quartier du Bronx à construire un monument en l'honneur du philosophe Antonio Gramsci. Une peau de cerf sur les épaules, Marcus Coates rencontre les résidents d'HLM à Londres et réalise une consultation spirituelle du lieu, en qualité de chaman.
    Ces pratiques artistiques contemporaines forment une nouvelle galaxie étrange, qu'on appellera ici art en commun. Il s'agit de créer dans l'espace social plutôt que dans l'atelier ; sur une longue durée et avec d'autres plutôt qu'en son for intérieur ; de façon collective plutôt que démiurgique. L'oeuvre n'est pas le fruit du travail de l'artiste seul, mais celui d'une collaboration en présence entre artiste et volontaires.
    Ce dispositif artistique bouleverse notre conception de l'art et nos catégories esthétiques. Mais il revêt aussi une dimension politique, en s'emparant des questions de participation et de communauté qui comptent parmi les enjeux les plus cruciaux des tentatives actuelles de vivification de la démocratie, comme de la reconfiguration de nos manières de vivre.
    Cet ouvrage propose d'interroger les liens entre participation en art et en politique dans le contexte démocratique et néolibéral qui est le nôtre. Et de penser comment l'art en commun peut contribuer à la réinvention des formes possibles du collectif.

  • Une philosophie de la décolonisation qui entend montrer comment, dans les savoirs et les arts, le passé peut être dépassé.

    Penser la décolonisation des savoirs et des pratiques intellectuelles, littéraires et artistiques demande à réfléchir sur les lieux et les formes de cette grande transformation. Pour la dire, il faut réfléchir in concreto : elle a déjà commencé. Elle n'est ni devant nous, telle un programme à initier, ni derrière nous, telle un processus achevé. Elle est à l'oeuvre mais plus ou moins, de façon différenciée, dans le travail d'écrivains et d'artistes qui irriguent ici la réflexion philosophique. La décolonisation prend ainsi sens dans ses grandes lignes comme son détail.
    Autrefois, la métropole et la colonie apparaissaient comme deux espaces tout aussi distincts en principe qu'entremêlés en réalité. Les indépendances africaines ont profondément modifié ce paysage, créant des entre-mondes de la philosophie, de la littérature, des arts. Le sud peut déloger le nord. L'étrange(r) voisiner avec le familier, le vivant cohabiter avec le fantôme. Les affranchissements, les franchissements sont multiples, divers. Comment les lignes se déplacent-elles et dans quels mouvements ? Les arts visuels, la musique, la littérature montrent des chemins.
    Ce livre est un parcours plus qu'un itinéraire, une critique plus qu'une doctrine : une migration. Il est une philosophie de la décolonisation qui entend montrer comment, dans les savoirs, le passé peut être dépassé.

    Seloua Luste Boulbina est philosophe, ex-directrice de programme (« La décolonisation des savoirs ») au Collège International de Philosophie (2010-2016), actuellement chercheuse (HDR) à l'Université Paris Diderot. Elle a été professeure à l'université de Pékin et de Brasilia. Théoricienne de la décolonialisation, elle travaille sur le colonial et le postcolonial dans leurs dimensions politiques, intellectuelles et artistiques. Elle a collaboré avec des artistes et conçu les Transphilosophies (Alger, New York, Dakar). Elle a publié de nombreux ouvrages dont Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (2008), Les Arabes peuvent-ils parler ? (2011) ou L'Afrique et ses fantômes (2015).

  • Après les deux premiers numéros Pornographie minérale et Vegetal Trauma, le troisième numéro de la collection Spectre invite des artistes contemporains à livrer leur interprétation des ruines contemporaines.
    La vue des ruines est nécessaire. « C'est un temps pur, non datable, absent de notre monde d'images, de simulacres et de reconstitutions, de notre monde violent dont les décombres n'ont plus le temps de devenir des ruines. Un temps perdu qu'il arrive à l'art de retrouver. » (Marc Augé , Le temps en ruines, 2003) Il n'est pas certain que l'histoire à venir soit capable d'engendrer de nouvelles ruines. Si un doute existe sur la capacité contemporaine à laisser des ruines signifiantes, il est évident que notre époque continuera à produire des espaces délaissés, inachevés, détériorés ou rapidement obsolètes.
    Il est de plus en plus difficile d'avoir une perception du monde présent qui ne soit pas entièrement déterminé par lui-même. La « ruine contemporaine » interroge notre indifférence au passé, notre dépendance au présent, et nos incertitudes futures.

  • La traduction française du livre majeur de l'anthropologue anglais Alfred Gell, l'une des toutes premières tentatives anthropologiques de définition de l'art, un ouvrage fondamental, tant pour les historiens de l'art que pour les anthropologues, et dont le concept principal (agency, « agentivité ») a depuis longtemps été repris par maints théoriciens.
    Plutôt que de penser l'

  • Un dialogue entre deux danseuses et chorégraphes contemporaines majeures, accompagné d'échanges avec des collaborateurs de Trisha Brown, de textes de ses danseurs, de notes et de la transcription d'une conférence. L'ensemble est suivi d'un essai sur la filiation déliée entre Trisha Brown et Emmanuelle Huynh.

  • Un ensemble de textes inédits et de nouvelles traductions pour redécouvrir la pensée du cinéaste d'avant-garde et théoricien soviétique Dziga Vertov, assortis d'un appareil critique et de nombreux documents iconographiques.

  • La dimension du transitoire dans les champs de l'architecture, de l'urbanisme et du design, comme nouvel horizon de pensée et d'action concernant tous les aspects de la vie urbaine, dans sa complexité économique et écologique.
    On observe actuellement une forte demande en matière de dispositifs transitoires : architectes, artistes, designers sont sollicités pour proposer des solutions d'hébergement temporaires, considérées comme autant d'expédients en réponse à des situations d'urgence. Mais, au-delà de cette conception du transitoire, un certain nombre d'acteurs venant de l'architecture, de l'urbanisme et du design considèrent le transitoire comme une valeur à défendre, un nouvel horizon d'action concernant tous les aspects de la vie urbaine dans sa complexité économique et écologique : non seulement les initiatives pour résoudre le mal-logement, mais aussi le rôle à donner aux fablabs et aux actions en faveur d'une agriculture urbaine, trop souvent cantonnés à des pratiques de loisir.
    Se proposer de penser des « identités » ou des régimes spécifiques du transitoire, c'est se demander quelles nouvelles formes d'organisation ces pratiques inventent. Quelle est la spécificité de ces initiatives ? En quoi des projets qui assument ce mode d'existence transitoire sont-ils à même de produire des effets pérennes dans les milieux qu'ils investissent ? La dimension collaborative, la manière dont circulent les savoirs et se construisent les coopérations, l'ajustement permanent des moyens, des outils et des réalisations sont parmi les traits les plus visibles de ces méthodes, mais ne s'y limitent pas.
    En donnant la parole à des architectes, des chercheurs en sciences humaines, des designers, des artistes, cet ouvrage montre comment ces formes d'intervention temporaires contribuent à une nouvelle plasticité des modes de travail renforçant la résilience de nos sociétés dans le monde instable et complexe qui est aujourd'hui le nôtre.

  • Une étude et la traduction d'un texte fondamental sur l'« art des fous » en Russie, qui permet de rétablir tout un pan de l'histoire occidentale de l'intérêt des médecins psychiatres pour les relations entre création et folie.
    Dans la Russie soviétique des années 1920, l'Académie d'État des sciences de l'art, fondée sur un programme conçu par Kandinsky, rassemble durant dix ans des philosophes, des psychologues, des physiciens, des historiens de l'art et de la littérature. Avec l'esthétique allemande pour héritage et la contribution d'artistes, elle s'emploie à repenser le travail de la culture en intégrant toutes les formes de création.
    Dans ce contexte unique en Europe, le psychiatre Pavel Karpov anime une commission sur les aptitudes que libère la maladie mentale. L'étude ici traduite, accompagnée d'un essai approfondi de Giordana Charuty et Elena Prosvetina, se fonde sur sa propre collection d'écrits, de dessins et de peintures pour définir, non un art des fous, mais une psychologie générale du conflit créateur, fondée sur une subjectivité divisée. Elle inaugure un renversement de perspective, par rapport à la quête contemporaine d'altérités créatrices, que la réflexion collective met en oeuvre en élargissant son questionnement aux vies tourmentées de grands écrivains, de poètes, de peintres, d'acteurs, de musiciens reconnus par le « monde d'avant ». Décrire l'artiste au travail invite à faire de la folie, moins un diagnostic médical, qu'une métaphore culturelle du faire créateur.

  • Maria Stavrinaki livre une réflexion ambitieuse sur les usages de la notion de préhistoire - sur les interprétations successives qu'en ont données non seulement les artistes, mais aussi les philosophes, les écrivains, les historiens, les historiens de l'art, les préhistoriens et les anthropologues, depuis son invention au XIXe siècle - à la fois dans l'écriture de l'histoire de la modernité et dans l'expérience moderne de la temporalité : un retour à la fondation de l'histoire humaine pour aider à penser notre condition présente.

    La préhistoire est une invention du XIXe siècle. Durant ce siècle fameux pour ses hardiesses techniques et ses cadences accélérées, trois récits majeurs de la pensée occidentale s'engagent l'un après l'autre dans un passé jusqu'alors insoupçonné : l'âge de la Terre, l'âge de l'homme, l'âge de l'art.
    Que serait une histoire de la modernité envisagée depuis ces trois inventions du temps long, consécutives et imbriquées ? Assurément une histoire bien plus complexe que cette quête arrogante du progrès dont nous payerions aujourd'hui le prix fort. La modernité s'est posée au-dessus d'un abîme qui a suscité la stupeur. Réinventant sans cesse la préhistoire, elle s'y invente constamment elle-même : elle projette son angoisse de la fin et son espoir de l'avenir dans les formes de cette origine introuvable.
    Parce que la préhistoire a semé le trouble dans la classification des savoirs, ce livre traverse des formes et des discours multiples : oeuvres d'artistes majeurs de la modernité (Cézanne, De Chirico, Matisse, Miró, Picasso, Smithson, Dubuffet, Oldenburg...), images scientifiques et caricatures, littérature, philosophie et sciences humaines.
    Soixante ans après les premières explosions atomiques qui ont inauguré le terme de « posthistoire », notre rapport à la Terre et à la technique est à nouveau bouleversé. Penser la fondation de l'histoire humaine sur l'abîme du passé peut nous aider à penser notre condition moderne.

  • Design pour un monde réel Nouv.

    Réédition critique en français d'un ouvrage absolument précurseur et fondamental pour l'inclusion des problématiques sociales, environnementales et des enjeux de durabilité dans les démarches de conception : le manifeste d'une reconfiguration radicale du domaine du design, de ses formes mais surtout de sa mission.
    Paru en 1971, publié dans plus de vingt langues, mais indisponible en français depuis 1974, Design for the Real World est, bien plus qu'un classique de l'histoire du design, le livre-manifeste de tout design politique et écologique. Il vise l'inclusion sociale plutôt que le profit monétaire, lutte contre l'asservissement des besoins au marché, prône le respect de l'environnement plutôt que l'exploitation illimitée de la nature et de ses ressources. Cette réédition critique de la traduction française, accompagnée d'essais d'Alison J. Clarke et Emanuele Quinz, offre un aperçu du programme de Victor Papanek : confier au design une mission révolutionnaire, qui, aujourd'hui plus que jamais, révèle son étonnante pertinence.

  • Le grand retour de la question anthropologique a complètement redessiné les enjeux de la représentation. Un état des lieux.
    Ces dernières années ont été le théâtre d'une étonnante résurgence de la question anthropologique. Parmi les propositions les plus débattues, il y a eu celle qui consisterait à penser l'homme non pas comme un animal doué de langage, mais avant tout comme un homo pictor ou encore comme un homo spectator, capable de produire et de reconnaître ses propres images. Si entre-temps, cette idée d'une anthropologie par l'image a permis d'inaugurer des nouveaux domaines de recherche, comme l'anthropologie visuelle, celle-ci relève cependant d'une histoire déjà plus ancienne dont cet ouvrage livre quelques clés. Entre ceux qui considèrent que les images sont le reflet exact de l'homme et ceux qui, au contraire, sont d'avis que les artefacts visuels mènent une vie dont les raisons échappent à la logique anthropocentrique, se dessinent aujourd'hui les lignes de front de ce qui s'apparente à une nouvelle querelle de l'image.

  • Regards croisés sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images (une anthologie).

    Si elles ne manquent certainement pas de visibilité, les images contemporaines souffrent par contre d'un défaut de lisibilité. Suralphabétisés que nous sommes, nous sommes encore imparfaitement préparés pour déchiffrer les nouvelles réalités visuelles qui déterminent pourtant nos vies, plus que jamais. Comment réarmer le regard et faire de la lecture un outil critique du présent ? Regards croisés (histoire de l'art, philosophie, photographie, cinéma, architecture, histoire des sciences...) sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images. Avec, incidemment, un retour sur la notion même de lecture qui, au contact des images, vient toucher à sa propre limite. Comment lire donc, au risque de l'illisibilité ?

    Voir aussi Penser l'image (volume I) ; Penser l'image II - Anthropologies du visuel.

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