Institut Francais D'archeologie Oriental

  • À l'occasion de l'année France-Égypte 2019, cet ouvrage offre un panorama des fouilles et des programmes de recherche archéologiques français menés en Égypte sous l'égide du ministère des Antiquités. Il présente à la fois les institutions investies dans la recherche de terrain et les sites étudiés par les archéologues français, associés à des partenaires égyptiens ou internationaux. Une série de focus mettent en lumière les problématiques actuelles ou les nouvelles technologies pour l'exploitation des données archéologiques dont la chronologie s'étend de la préhistoire à la période médiévale.

  • Construite en tant que structure temporaire et fabriquée à partir de matériaux éphémères, la « Rue du Caire » avait une double fonction. C'était d'une part une installation purement scientifique, une oeuvre anthropologique. D'autre part, elle est devenue le lieu de divertissement le plus fréquenté de l'Exposition universelle de Chicago en 1893 (officiellement World's Columbian Exposition) : un endroit où « les gens sont devenus fous d'excitation ». Loin d'être une copie d'une rue actuellement existante, il s'agissait plutôt d'un assemblage d'éléments architecturaux authentiques, assemblés de manière à évoquer l'atmosphère de la métropole arabo-islamique, de la ville des Mille et une nuits. La présence des habitants locaux du Caire, qui y exerçaient leur métier, certains avec leurs chameaux, leurs ânes, leurs singes et même leurs serpents, a fait un effet encore plus important.
    Dans la rue du Caire, la danse du ventre a provoqué une énorme sensation : un grand nombre de personnes prétendaient que c'était immoral et elles ont réclamé sa suspension immédiate ; d'autres la considéraient comme une performance d'une valeur scientifique et ethnologique importante. Elle n'a jamais été interdite et les gens sont venus pour la voir. Les expositions universelles ont fait l'objet de nombreuses publications. Cette monographie constitue une approche innovante dans la mesure où elle propose un seul sujet, la rue du Caire, pour une analyse détaillée, en mettent un accent particulier sur son interprétation dans le contexte de l'Exposition dans son ensemble. Comment était ce grand tumulte autour de la danse du ventre ? Que l'a-t-il motivé ? Afin de répondre à ces questions, la présente monographie tente de donner une interprétation complexe et multiforme dans le contexte de la société de l'époque. Cette monographie, rédigée en anglais, est complétée d'un plan de base et de 167 illustrations.

  • La Fin de Méroé est bien connue en Nubie, par les tombes royales de Qoustoul et Ballana, et par les fouilles de capitales à Faras et au Gebel Adda. Pour documenter la période dans la région de Méroé même, la Section française a sondé en 1987-1990 les monuments du site d'el-Hobagi. Des sept grands tumulus à sépultures souveraines, tous enclos d'un mur d'enceinte très original, deux ont été fouillés.
    Chaque tombe procure un armement exceptionnel, emblématique de la royauté méróitique. On compte aussi une série étonnante de récipients en bronze gravés de motifs ou de scènes et ayant servi au culte. L'un d'eux porte l'inscription en hiéroglyphes la plus tardive de l'Empire (REM 1222). La datation du matériel et le radiocarbone situent el-Hobagi au ive siècle, au début, donc de l'époque charnière du transfert de la capitale vers Soba.
    Le cimetière d'el-Hobagi est postérieur au cimetière nord. des Bore de Méroé, et contemporain à la fois des dernières pyramides du cimetière ouest et des cimetières Garstang 400 et 500. Y est soulignée la persistance d'un Etat méroïtique dans le Soudan central, quand la Nubie fait sécession. L'interprétation ne permet pas d'affirmer qu'el-Hobagi succède à Méroé ; pour autant, par leurs rites funéraires, les personnages enterrés là - peut-être des ethnarques Noba comparables aux rois Nobades de Nubie - affirment leur appartenance à l'Empire méroïtique.

  • Religion et alimentation sont intrinsèquement liées. La religion, en particulier antique, a besoin de la nourriture pour mettre en forme le rite : l'aliment, en tant qu'offrande, permet la circulation entre les plans, des hommes vers les morts et les dieux, puis en retour, des dieux vers les hommes. Au coeur des pratiques alimentaires, la religion impose sa marque en contribuant à la fabrique d'un cadre normé, qui est aussi vecteur d'identité. Elle désigne ce qui est consommable, donc tenu pour pur, et ce qui ne l'est pas, fixe les règles de préparation des mets, du champ à la cuisine, et édicte des normes de conduite au moment de leur consommation. C'est précisément parce que la notion de norme est au coeur de l'une comme de l'autre, que religion et alimentation sont un moyen privilégié d'interroger les sociétés, de les comparer entre elles, et de souligner les spécificités de chacune.

    L'ouvrage collectif et pluridisciplinaire Religion et alimentation en Égypte et Orient anciens a pour objectif de préciser la place de la nourriture dans les mythes et les pratiques rituelles, et de définir la nature et l'importance de la marque religieuse dans les pratiques alimentaires. Fondé sur une démarche comparatiste, il rassemble 17 articles, aussi bien des études de cas que des travaux de synthèse portant sur l'Égypte, la Mésopotamie, l'Anatolie et le Levant, du IIIe millénaire à l'Antiquité tardive.

  • Comment peut-on s'élever dans la société romaine ? Certaines des élites sont installées de longue date par la propriété foncière, mais d'autres s'imposent par la possession d'une compétence particulière. C'est le cas d'un groupe d'orateurs d'origine municipale qui par leur éloquence s'étaient fait une place dans la classe politique romaine. Jean- Michel David, avec les outils de la sociologie, avait analysé, au début des années 1990, ce groupe en déplaçant la réflexion de l'étude d'un groupe statutaire (comme chevaliers) à celd'une pratique culturelle (l'art oratoire) et en élargissant à tous les orateurs dans le champ judiciaire. Mais il fallait opérer également un second déplacement des compétences vers des comportements, des conduites, tout un code éthique. L'éloquence que l'on ne considérait guère jusque-là que comune qualité littéraire, était étudiée dans son emploi et dans ses traits constitutifs mêmes, comme un outil de qualification politique dans le contexte précis de la société aristocratique romaine. Ce livre envisagea

  • Cet ouvrage associe des historiens et des archéologues européens, américains et égyptiens. Il envisage la guerre et la paix comme un couple indissociable, en interaction permanente. Les travaux ici réunis montrent que cette interaction était particulièrement prégnante dans le Proche-Orient arabe et musulman des xe - xvie siècles, période durant laquelle une classe de guerriers non arabes créa de nouveaux régimes politiques marqués par une forte militarisation du pouvoir. Ces guerriers firent de la guerre et de la paix des outils de gestion des hommes et des territoires, qu'ils utilisèrent selon leur bon gré, toujours afin de promouvoir et pérenniser leur pouvoir.

    Ce livre montre aussi que l'activité de ces guerriers ne se limita pas au champ militaire. Les contributions qui y sont rassemblées permettent de réfuter la thèse suivant laquelle au Proche-Orient, les guerriers constituaient une caste déconnectée des autres groupes sociaux. Certes, ils formaient un groupe à part, qui prit en charge la lutte contre les croisés et les mongols dont les attaques semblèrent, un temps, menacer l'existence même du Da¯r al-isla¯m. Mais les guerriers n'étaient pas isolés des autres groupes sociaux, avec lesquels ils partageaient bien des valeurs et des pratiques culturelles. Leur activité était multiforme. Elle ne se cantonnait pas aux domaines politique et militaire : ils investirent aussi les champs religieux, économique et culturel. Progressivement, avec le soutien des élites civiles et religieuses sur lesquelles ils s'appuyaient pour gouverner et avec lesquelles ils se mêlaient, ils modelèrent en profondeur les sociétés qu'ils dominaient.

  • Le delta du Nil est à la fois le produit d'une histoire longue, celle de sa géologie, et d'une histoire plus courte, celle qui, des premières communautés agricoles jusqu'à nos jours, a vu l'homme aménager et façonner le paysage. Dans un environnement aussi mobile, l'occupation humaine à l'époque pré- et protodynastique (les Ve et IVe millénaires) est ici envisagée dans le contexte des phénomènes naturels qui ont permis l'anthropisation du milieu, mais aussi, inversement, gommé toute trace de cette implantation au fil des siècles. Les zones habitables sont très rares dans le delta égyptien. En s'appuyant sur une étude de cas effectuée dans la région de Samara, plus particulièrement sur le site archéologique de Kôm el-Khilgan, on peut proposer une analyse détaillée d'un site de gezira - le type d'établissement le plus courant dans la région. À partir d'une application géo-archéologique combinant les méthodes de l'archéologie et de la géomorphologie, ce travail vise à resituer la localité dans son environnement naturel et son contexte archéologique, puis à élaborer un modèle de l'occupation humaine du territoire. On peut dès lors envisager, à une autre échelle - celle de la région, puis du delta dans son ensemble -, une analyse spatiale des sites, en considérant les problèmes liés à l'approvisionnement en matières premières, leur intégration dans des réseaux hiérarchiques, ainsi que la place qu'ils ont occupée dans les échanges avec les régions périphériques et le premier commerce égyptien.

  • Le site de Douch n'avait jamais été fouillé lorsque Serge Sauneron, directeur de l'Ifao, y engagea des travaux en 1976, afin de désensabler le secteur du temple du Haut-Empire romain. Avant d'atteindre ses sols dallés, les fouilles ont mis au jour plusieurs niveaux d'occupation du Bas-Empire. Ces campagnes et les suivantes, jusqu'en 1994, ont révélé l'existence d'édifices antérieurs à l'époque romaine comme, sous le temple, un sanctuaire ptolémaïque en brique, ainsi que d'autres édifices encore plus anciens, remontant à l'époque perse ou même au-delà.
    L'historique des travaux archéologiques est suivi par six chapitres sur l'architecture des édifices du secteur :
    Les enceintes et leurs portes, les cours et leurs aménagements, le temple et son porche à colonnes, la chapelle adossée liée à une faille du terrain, probablement lieu de culte primitif. Le texte est abondamment illustré par des relevés en plans, coupes et élévations. L'examen de détails de construction a permis d'établir la succession chronologique des édifices, d'expliquer des anomalies ou de restituer des parties détruites.
    La datation des principaux édifices en brique et de leurs remaniements est due à Michel Wuttmann qui, de 2007 à 2011, a fait prélever et analyser par radiocarbone des végétaux extraits des murs. Ces nouveaux repères chronologiques autorisent à proposer, dans le dernier chapitre, des restitutions en plan et en perspective des états successifs du sanctuaire, de l'époque perse au Bas-Empire romain.

  • L'ouvrage présente l'édition commentée de quatre testaments écrits sur papyrus, datés du VIIe siècle apr. J.-C., et émanant des supérieurs d'un monastère de Haute Égypte, le monastère de Saint-Phoibammôn, situé sur la rive gauche de Thèbes. Utilisant la forme du testament de droit privé, les supérieurs lèguent à leur successeur la direction spirituelle du monastère en même temps que la propriété de ses biens et son administration. Les implications de ce dossier sont à la fois juridiques - dans quelle mesure ces documents sont-ils conformes au modèle offert par le droit byzantin ? -, historiques - les testaments apportent des éclairages nouveaux sur l'histoire du monastère de Saint-Phoibammôn, qui fut un important centre de vie ascétique au VIIe siècle et la résidence de l'évêque Abraham d'Hermonthis, son fondateur -, et linguistiques - il s'agit d'un dossier bilingue, le premier testament étant en grec et les trois suivants en copte, ce qui permet d'étudier les processus de traduction d'une langue à l'autre, et de s'interroger sur le statut du copte comme langue juridique.
    Cet ensemble est unique car il offre la possibilité d'étudier le même type de documents, provenant du même endroit, rédigés dans deux langues différentes, et condensés sur une période chronologique relativement courte (moins d'un siècle).

  • The extended introduction - a microhistory of khedivial Egypt - explores the life and oeuvre of a forgotten Egyptian intellectual and poet, Mustafa Salama al-Naggari (d. 1870). The book contains the English translation and Arabic transcription of the surviving fragments of his manuscript, The Garden of Ismail's Praise. This was a universal, chronographic history of Egypt, written while the Suez Canal was under construction, in order to praise the governor Khedive Ismail (r. 1863-1879). It advocates a unique solution to computing the period of primordial history, before the Deluge, in the age of steam and print. Al-Naggari's alternative Nahda voice is available for the first time in this edition.

  • À Dendara, trois portes monumentales donnent accès respectivement aux domaines d'Hathor, d'Horus d'Edfou et d'Isis. Diverses cérémonies se déroulaient à proximité de ces édifices où la population profane pouvait s'approcher au plus près de l'enceinte sacrée. La porte d'Hathor ouvrant sur le domaine de la déesse constitue l'ultime témoignage architectural d'un site dont les archives remontent au temps de Khéops ; elle fut édifiée sous les règnes de Domitien et de Trajan (81-117 ap. J.-C.). Images et mots décrivent les rites, accompagnés de réjouissances publiques, marquant le passage d'une année à l'autre. Hathor et Isis, mères qui allaitent leur enfant, sont également et surtout de belles femmes veillant sur l'institution royale et recevant des offrandes spécifiques (rituel d'apaisement par la musique des sistres, présentation du bandeau d'électrum, du mammisi et du lange de naissance).

  • À Dendara, le domaine d'Horus est indépendant de celui d'Hathor ; diverses processions reliaient cependant les deux espaces sacrés. Horus était le maître de Dendara, époux d'Hathor maîtresse de Dendara, et Edfou et Dendara ne forment qu'un seul nome. Les deux divinités incarnent la royauté, masculine et féminine, transmise par Rê d'Héliopolis. Totalement inédits jusqu'à présent, les textes et représentations de l'édifice constituent l'ultime production sacerdotale d'une ville déjà florissante à l'Ancien Empire.

  • Gedi est une cité médiévale localisée sur les rivages du Kenya actuel, fondée au XIᵉ et abandonnée au début du XVIIᵉ siècle. À l'instar de Zanzibar et de Kilwa, en Tanzanie, Gedi a joué un rôle essentiel dans les relations maritimes de l'océan Indien occidental. Les ports et les cités-États swahilis doivent leur urbanisation aux marchands islamisés perses et arabes venus chercher en Afrique subsaharienne de l'or, de l'ivoire et des esclaves. La ville de Gedi est représentative de la culture swahilie et de l'Islam médiéval en Afrique orientale jusqu'à l'arrivée des Portugais. Les recherches archéologiques de Gedi ont été financées par la Commission des fouilles du ministère des Affaires étrangères et ont reçu un soutien administratif et logistique des Musées nationaux du Kenya et de l'Institut britannique en Afrique de l'Est.

  • Quelles furent les conséquences de l'intégration des provinces arabes dans l'Empire ottoman sur le soufisme ? Le nouvel espace impérial permet le renouveau des voyages, depuis le Maghreb, l'Inde ou l'Asie du Sud-Est jusqu'aux Lieux saints.
    La Mecque et Médine, Le Caire, Damas, Zabîd, Istanbul, font figure de carrefours intellectuels. Solidement campé dans ses assises d'époque mamelouke, le soufisme égyptien entre en dialogue avec le soufisme turco-persan, s'installe dans les Villes saintes, essaime jusque dans l'océan Indien. Une littérature soufie florissante fait partie intégrante de la culture générale (adab) de " l'honnête homme " ottoman.
    Ce livre explore différents auteurs et genres de littérature soufie et dévotionnelle de l'époque ottomane. A travers ces textes, apparaît le soufisme vécu et transmis de l'investiture (khirqa) à la voie (tarîga): le rattachement au cheikh, les chaînes et certificats de transmission (isnâds, ijâzas), les rituels du dhikr, du concert spirituel (samâ'), de la retraite (khalwa) et des visites pieuses (ziyârât).
    Les confréries soufies deviennent un phénomène de masse. Dans les âpres débats doctrinaux du soufisme ottoman domine l'influence sans précédent des idées d'Ibn'Arabi. La crise du me siècle, animée par les Qadizadeli, montre l'existence de contestations anti-soufies: elle montre aussi, a contrario, la domination quasiment sans partage du soufisme sur l'islam ottoman. Seize contributions, une introduction historiographique, un index et une bibliographie générale font de ce livre une référence et un outil de travail.

  • Avec ses nombreuses îles, le lac Manzala, longtemps connu sous le nom de lac Tennis, est le plus grand des quatre lacs égyptiens qui couronnent le delta du Nil.
    Son histoire est longue et complexe. Source de richesse pour les pêcheurs et les chasseurs depuis toujours, il a vu sa surface diminuer tout au long du xxe siècle, tandis qu'augmentait de façon irréversible la pollution environnante. Peu à peu, les oiseaux migrateurs ont modifié leur parcours et les ressources poissonnières se sont raréfiées. Après avoir évoqué les questions environnementales, Nessim Henein, qui a passé de longues heures en compagnie des riverains, décrit avec maints détails les techniques de pêche et de chasse qu'il a fidèlement notées.
    Il consacre le chapitre final aux recettes pour préparer poissons et gibier. Au fil des pages, l'auteur porte aussi un regard d'ethnographe sur la vie quotidienne de ces gens avec leurs difficultés, leurs espoirs, leurs luttes incessantes pour survivre.

  • Une partie seulement des fouilles menées entre 1901 et 1905 sur l'important site monastique de Baouit en Moyenne-Égypte a pu être publiée par Jean Clédat lui-même. Le présent volume, établi sur la base des notes et documents du fouilleur, présente l'architecture, les peintures murales et les inscriptions coptes d'un ensemble de chapelles ainsi que la nécropole proche du monastère. Des photographies prises par l'auteur illustrent également ce livre, qui comporte aussi l'étude des ostraca et papyrus coptes découverts lors de ces travaux. On trouvera en fin d'ouvrage un index complet permettant d'utiliser dans les meilleures conditions l'ensemble des publications disponibles sur le site de Baouit.

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