À propos

Entre suspension et recueillement, Ciel sans prise s'ouvre sur le repli d'une humanité réduite à ses chambres, persiennes et portes fermées, rues vides. Une humanité qui a « trop vu et trop ri à la face des dieux », et surtout, « trop haï ». Du fond de cette solitude, de cette geôle de silence, surgit l'absence de l'autre, et l'immense mélancolie d'une histoire personnelle et collective qui serait arrivée à son terme. Face à ce pressentiment hanté, face à cette parole tue et à ce monde arrêté, Esther Tellermann plonge l'absence dans une forme d'attente, dans un bain de souvenirs, parlant dit-elle, « depuis le seuil d'où je te veille », et d'ajouter que nous n'avons que deux langues, « l'une apprise, l'autre nocturne » - alors ce sera la nocturne. Une longue prière, un accompagnement dans l'adieu. Livre écrit d'une voix « d'où parvient la terre », livre de veillée, livre de mémoire et de rêves interrompus, plongé dans la solitude de la chambre où l'on réinvente l'autre, sa lumière, en forme « d'île lointaine » dans la nuit. Réinventer l'autre et le monde quand il se fige, Esther Tellermann convoque contre l'effacement ses « contes de papier », le grand jardin familier de ses poèmes : plein de jasmins, de safran, de sauge, d'amandiers et d'églantiers, souhaitant par là-même retrouver un espace ouvert et intime. Jardin doublé d'un verger de souvenirs, lieu de l'ami disparu, des rencontres, et d'un temps où l'on pouvait se toucher, se parler, être en vie. Avec paumes, tempes et paupières former des gestes contre la disparition. Ciel sans prise est un « long ensevelissement à travers les saisons du souvenir », Esther Tellermann traverse les ombres dans un dernier accompagnement, ouvre un tombeau qu'elle peuple de paroles contre l'aphonie humaine, qu'elle plante de bouquets d'arbres et de parfums, pour déposer le compagnon dans ce lieu de la mémoire, refusant de perdre l'infini du coeur du monde dans les « fracas du souvenir ».

Rayons : Littérature > Poésie > Contemporaine

  • Auteur(s)

    Esther Tellermann

  • Éditeur

    Unes

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Date de parution

    07/04/2023

  • EAN

    9782877042598

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    128 Pages

  • Longueur

    21 cm

  • Largeur

    15.1 cm

  • Épaisseur

    1.5 cm

  • Poids

    248 g

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Esther Tellermann

Esther Tellermann est née en 1947 à Paris. Agrégée de lettres, elle exerce actuellement la psychanalyse. Grand prix de l'Académie Française pour son premier livre Première apparition avec épaisseur en 1986, sa poésie s'attache à rendre compte d'un lyrisme intime du monde. Organisée en
suite de chants posés entre le murmure et la symphonie, entre les symboles et la réalité arrachée, son oeuvre mêle destinée personnelle et portée universelle, s'attache à dépasser dans le mythe les
répétitions tragiques de l'Histoire, dans une tension vers une impossible consolation. Elle a publié une vingtaine de livres de poésie, principalement chez Flammarion, ainsi qu'un récit, Une odeur humaine (Farrago/Leo Scheer, 2006), et un essai Nous ne sommes jamais assez poètes (La Lettre volée, 2014). Poète majeur de sa génération, elle est présente dans l'Anthologie de la poésie française du XVIIème au XXème siècle (Gallimard, La Pléiade, 2000), elle a également obtenu le prix François
Coppée de l'Académie française pour Guerre extrême en 2000, et le prix Max Jacob en 2016 pour Sous votre nom.

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